E ddyCasteels, dont l'épouse et les trois enfants habitent toujours à Dixmude, a succédé à NiksaBavcevic à la tête de Pepinster. Pour beaucoup, le coach malinois (qui fut en son temps l'assistant de LucienVanKersschaever au Winketkaai) demeure un personnage énigmatique et insondable mais il est très intéressant à écouter.
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E ddyCasteels, dont l'épouse et les trois enfants habitent toujours à Dixmude, a succédé à NiksaBavcevic à la tête de Pepinster. Pour beaucoup, le coach malinois (qui fut en son temps l'assistant de LucienVanKersschaever au Winketkaai) demeure un personnage énigmatique et insondable mais il est très intéressant à écouter. " J'en retiens le titre conquis en 2002. Lorsque j'ai débarqué à la côte, j'ai trouvé une équipe qui manquait de condition physique et très mal disposée sur le plan tactique. Certains se sont fait une idée très carrée de ma personne. Or, j'ai travaillé dans des conditions aussi différentes que celles d'Anvers, où il fallait reconstruire patiemment avec très peu de moyens, et celles d'Ostende, où l'on exige des résultats immédiats. Je crois pouvoir dire, humblement, que j'ai réussi dans les deux cas. Ce n'est pas toujours facile pour un coach de travailler à l'Arena Mister V. Johan Vande Lanotte doit être pris avec ses qualités et ses défauts. Mais le basket belge doit se féliciter de pouvoir compter sur des dirigeants comme lui. Je n'ai jamais fait de concessions. Le jour où on aurait voulu que j'en fasse, j'ai dit : - Au revoir et merci ! Et je suis parti. Certaines personnes pensent que j'ai été limogé. C'est leur droit. Mais je n'ai laissé à personne l'honneur de prendre la décision à ma place ". " Lorsque j'ai quitté Ostende à la fin février, j'avais décidé de m'accorder une année sabbatique. C'est parfois mal perçu en Belgique : on croit qu'on est au chômage et qu'on n'intéresse plus personne. Or, j'ai reçu de nombreuses propositions. Quinze jours après mon départ de la côte, le club néerlandais de Nimègue est venu aux nouvelles. Une semaine plus tard, deux clubs belges se sont renseignés. Par la suite, j'ai encore eu la possibilité de partir en Pologne ou en Slovénie. Mais j'avais décidé de m'instruire. Durant la dernière quinzaine de juin, je me suis notamment rendu à Dallas, où j'ai suivi la SummerLeague et la préparation pour les Jeux Olympiques de l'équipe nationale chinoise, entraînée par DelHarris. Je me suis aussi rendu à Trévise, où j'ai suivi le BigManCamp et où j'ai intégré le staff de BasketballWithoutBorders. Les meilleurs jeunes issus des quatre coins d'Europe y sont présents, sous les yeux des scouts de la NBA et d'une quantité de managers. C'est toujours utile de nouer des contacts et de compléter son carnet d'adresses. J'ai également rendu visite à certains coaches, pas uniquement dans le basket mais aussi dans d'autres sports. C'était très intéressant et je ne regrette nullement d'avoir pris cette option. Je suis sorti de cette période sabbatique avec encore plus d'énergie et de motivation, et j'en récolterai les fruits lorsque je serai plus vieux. J'étais en train de mettre toutes mes notes à jour lorsque Pepinster m'a contacté ". " Pourquoi ai-je accepté l'offre des Pépins, alors que j'avais encore beaucoup de boulot et que j'avais décliné d'autres propositions ? Parce que le défi m'intéressait. Je ne recherche pas les contrats les plus juteux. Sinon, je n'accepterais pas de travailler dans un contexte où je sais que plusieurs joueurs touchent trois ou quatre fois plus que moi. Je recherche d'abord des conditions de travail qui m'agréent, et je pense les avoir trouvées à Pepinster. J'avais envie de travailler en Wallonie : en Flandre, j'avais fait le tour de la question. La perspective de devoir reconstruire m'intéressait également. Je vais essayer d'aller le plus vite possible, mais... cela va prendre du temps ! " " Il y a de l'argent pour le remplacer ? Et alors ? On ne sait faire qu'une chose avec de l'argent : le jeter par les fenêtres ! Ce n'est pas l'argent qui permettra de recréer le Pepinster d'il y a deux ans, mais le travail, le caractère, l'intelligence et la... patience. Tout le monde me parle d'Axel Hervelle, et c'est logique : on est fier de sa réussite et de son transfert pour le Real Madrid. Mais il n'y a pas que lui. Tout est à reconstruire. KrisSergeant, DamirMilacic, DariusHall, GuyMuya, SachaMassot et MarcusFaison ne sont plus là non plus. Il faudra du temps pour que la transition se fasse, mais dans l'immédiat, il faudra aussi veiller à ce que l'écart avec les ténors du championnat ne devienne pas trop important. L'équipe actuelle, même lorsque Hervelle était encore là, n'a pas été en mesure de rivaliser avec Charleroi, Ostende, Liège et Mons. Alors, oui : du changement, il y en aura. Et le plus vite possible ". " L'esprit d'équipe, c'est la nature du basket, qui est par essence un sport collectif. Ma philosophie peut se résumer en trois mots : respect, perfection et victoire. S'il n'y a pas de respect, sur et en dehors du terrain, on n'atteindra jamais la perfection. Or, j'essaie toujours de l'atteindre, même si c'est très difficile. Lorsque ces deux conditions sont réunies, on peut commencer à envisager la victoire. Même dans ce cas-là, elle ne sera pas garantie, mais on n'en sera pas très éloigné ". " Je place tout le monde sur un pied d'égalité. Lors du match de Coupe de Belgique à Ninane, certains se sont étonnés qu'il n'y avait aucun joueur américain dans mon cinq de départ. Je ne travaille pas avec des Américains, des Yougoslaves ou des Chinois. Je travaille avec des basketteurs ". " Ostende lui a conseillé de chercher un autre club, parce qu'il n'entrait plus dans les plans du coach. Je sais qu'à l'Arena Mister V, beaucoup de dirigeants regrettent d'avoir pris cette décision, même s'ils ne l'avoueront pas. Si un coach belge avait formulé les mêmes exigences, on l'aurait tué. Mais, lorsqu'elles proviennent d'un coach étranger, avec tout son côté théâtral, on les accepte. Christophe était le meilleur joueur de Belgique. Pendant deux ou trois ans, il a prouvé dans les diverses compétitions européennes auxquelles il a participé qu'il avait le niveau pour évoluer dans les meilleurs championnats. La saison dernière, avant Noël, il tournait à une moyenne de 18 points et 8 rebonds par match. Un coach peut dire que le style de jeu d'un joueur ne correspond pas à sa philosophie, mais pas que Christophe est un mauvais joueur et qu'il ne travaille pas assez ". " Si, après la Flandre et la Wallonie, j'aimerais un jour entraîner à l'étranger ? Il est trop tôt pour en parler. Pour l'instant, mon ambition se situe ici, à Pepinster. J'ai envie, après Anvers en 2000 et Ostende en 2002, de remporter un troisième titre avec une troisième équipe. Je me rends compte que ce sera très difficile, mais pourquoi pas ? La saison est encore longue. Des renforts sont attendus. Et c'est au printemps que l'on décerne les trophées ". Daniel Devos