L oulou le p'tit filou. Un vrai personnage de Pagnol, un vrai mariolle. Un type qui a dit tellement de conneries dans sa vie qu'on a l'impression qu'il est sur orbite depuis trop longtemps et qu'il n'a pas fini de tourner. Bon ça c'est du Michel Audiard mais c'est de la qualité aussi. La plus grande de Louis Nicollin semble bien la générosité. Généreux dans tout. Surtout l'excès. Un mec franc qui ne sait pas qu'on peut dire les choses sans pour autant devoir toujours transformer les mots en image.

Parfois il met la honte, à mort, mais jamais avec l'intention de la donner. Parfois vulgaire, parfois blessant mais rarement méchant. Liberté de parole et paroles d'homme : " Tape-là, tu seras mon prochain entraîneur. On signera plus tard. " C'est arrivé. Francs ou euros, Loulou en a claqué des millions. Il les gagne avec sa société de traitement de déchets urbains. Le roi de la poubelle ne jette rien, tout est bon dans le cochon, tout est bon dans Loulou la malice.

Et v'là que maintenant, il va peut-être recevoir ce qu'il n'espérait même pas. Un titre. Ce sera le sien car il a su s'entourer des " siens " comme il les appelle. Il a choisi son staff avec brio. Il a laissé travailler son coach et les résultats sont là. Cette équipe de Montpellier est épatante, bandante car conquérante dans la générosité, dans la qualité. Ça joue, ça provoque comme le président mais, sur le terrain, avec la classe en plus. Quel régal ! On aimerait tant qu'elle aille au bout, qu'elle humilie les pétrodollars qui gonflent les égos aussi vite que les comptes en banque.

On aimerait ce sacre mais, à la limite, on n'en a même pas besoin car l'essentiel est que cette équipe soit déjà dans notre imaginaire. Dans notre bibliothèque crânienne. Rayon foot, rangée plaisir. Au PSG, on travaille en " je " mineur, à Montpellier on joue en " nous " majeur. Tel ce doigt qu'ils dressent vers le (septième) ciel. Qu'ils adressent avec classe et dignité au foot business, au foot poubelle... un comble. Tout ça avec des joueurs jetés aux ordures par d'autres. Récupérés puis recyclés par l'ingénieur René Girard. Et maintenant, ce sont les enfants à René et Loulou. Avec la belle-mère Michel Mezy. Une vraie famille. Avec une vraie histoire.

1975, Loulou a 32 ans, il devient président et fait déjà dans le lourd. Il fait venir Fleury Di Nallo. Un pro de l'Olympic Lyonnais. Le buteur de ces années 70. Précision : Montpellier joue à l'époque en DH, division d'honneur, D4. Dans son langage fleuri, Loulou aurait pu dire : " Fleury c'est une pute de luxe dans notre boxon de province ". Mais Di Nallo n'aime pas trop les passes. Lui, c'est les buts. 30 en 50 matches, l'ascension est en route. Des coups comme ça, Loulou en a fait beaucoup.

Fin des années 80, il fait venir celui qui vient d'être élu joueur sud-américain de l'année. Carlos Valderrama, l'homme avec une éponge géante sur la tête. L'homme qui, avec la Colombie, va illuminer de sa classe la Coupe du Monde 1990. Eric Cantona suit. Julio Cezar est déjà là. Laurent Blanc aussi. L'autre président, celui des pelouses. Le symbole de ce club. Montpellier est un club formateur exceptionnel. Blanc y est arrivé à 15 ans. Il est toujours le meilleur buteur de l'histoire du club. Surréaliste pour un milieu de terrain devenu très vite défenseur.

La démesure colle à ce club. En 1994, il dispute une finale de Coupe de France avec sept gamins formés au club. Actuellement près de la moitié du noyau y a grandi. Mercredi dernier, ils ont humilié l'OM, le grand voisin. Balayé par le talent et la fraîcheur mise dans son expression. Les gamins ont joué les fossoyeurs de Phocéens mais le Vélodrome a pédalé dans la joie : -Vaut mieux eux champion que le PSG. Nous, on est fou de joie. Vaut mieux eux que n'importe qui. Loulou a des milliards mais sa richesse, c'est sa jeunesse. Loulou a un grain de folie, ses joueurs de génie. Barcelone est juste de l'autre côté de la frontière. Ce n'est pas par hasard.

Nicollin : tout est bon dans le cochon.

L oulou le p'tit filou. Un vrai personnage de Pagnol, un vrai mariolle. Un type qui a dit tellement de conneries dans sa vie qu'on a l'impression qu'il est sur orbite depuis trop longtemps et qu'il n'a pas fini de tourner. Bon ça c'est du Michel Audiard mais c'est de la qualité aussi. La plus grande de Louis Nicollin semble bien la générosité. Généreux dans tout. Surtout l'excès. Un mec franc qui ne sait pas qu'on peut dire les choses sans pour autant devoir toujours transformer les mots en image. Parfois il met la honte, à mort, mais jamais avec l'intention de la donner. Parfois vulgaire, parfois blessant mais rarement méchant. Liberté de parole et paroles d'homme : " Tape-là, tu seras mon prochain entraîneur. On signera plus tard. " C'est arrivé. Francs ou euros, Loulou en a claqué des millions. Il les gagne avec sa société de traitement de déchets urbains. Le roi de la poubelle ne jette rien, tout est bon dans le cochon, tout est bon dans Loulou la malice. Et v'là que maintenant, il va peut-être recevoir ce qu'il n'espérait même pas. Un titre. Ce sera le sien car il a su s'entourer des " siens " comme il les appelle. Il a choisi son staff avec brio. Il a laissé travailler son coach et les résultats sont là. Cette équipe de Montpellier est épatante, bandante car conquérante dans la générosité, dans la qualité. Ça joue, ça provoque comme le président mais, sur le terrain, avec la classe en plus. Quel régal ! On aimerait tant qu'elle aille au bout, qu'elle humilie les pétrodollars qui gonflent les égos aussi vite que les comptes en banque. On aimerait ce sacre mais, à la limite, on n'en a même pas besoin car l'essentiel est que cette équipe soit déjà dans notre imaginaire. Dans notre bibliothèque crânienne. Rayon foot, rangée plaisir. Au PSG, on travaille en " je " mineur, à Montpellier on joue en " nous " majeur. Tel ce doigt qu'ils dressent vers le (septième) ciel. Qu'ils adressent avec classe et dignité au foot business, au foot poubelle... un comble. Tout ça avec des joueurs jetés aux ordures par d'autres. Récupérés puis recyclés par l'ingénieur René Girard. Et maintenant, ce sont les enfants à René et Loulou. Avec la belle-mère Michel Mezy. Une vraie famille. Avec une vraie histoire. 1975, Loulou a 32 ans, il devient président et fait déjà dans le lourd. Il fait venir Fleury Di Nallo. Un pro de l'Olympic Lyonnais. Le buteur de ces années 70. Précision : Montpellier joue à l'époque en DH, division d'honneur, D4. Dans son langage fleuri, Loulou aurait pu dire : " Fleury c'est une pute de luxe dans notre boxon de province ". Mais Di Nallo n'aime pas trop les passes. Lui, c'est les buts. 30 en 50 matches, l'ascension est en route. Des coups comme ça, Loulou en a fait beaucoup. Fin des années 80, il fait venir celui qui vient d'être élu joueur sud-américain de l'année. Carlos Valderrama, l'homme avec une éponge géante sur la tête. L'homme qui, avec la Colombie, va illuminer de sa classe la Coupe du Monde 1990. Eric Cantona suit. Julio Cezar est déjà là. Laurent Blanc aussi. L'autre président, celui des pelouses. Le symbole de ce club. Montpellier est un club formateur exceptionnel. Blanc y est arrivé à 15 ans. Il est toujours le meilleur buteur de l'histoire du club. Surréaliste pour un milieu de terrain devenu très vite défenseur. La démesure colle à ce club. En 1994, il dispute une finale de Coupe de France avec sept gamins formés au club. Actuellement près de la moitié du noyau y a grandi. Mercredi dernier, ils ont humilié l'OM, le grand voisin. Balayé par le talent et la fraîcheur mise dans son expression. Les gamins ont joué les fossoyeurs de Phocéens mais le Vélodrome a pédalé dans la joie : -Vaut mieux eux champion que le PSG. Nous, on est fou de joie. Vaut mieux eux que n'importe qui. Loulou a des milliards mais sa richesse, c'est sa jeunesse. Loulou a un grain de folie, ses joueurs de génie. Barcelone est juste de l'autre côté de la frontière. Ce n'est pas par hasard. Nicollin : tout est bon dans le cochon.