La naissance des jumelles de Gilles De Bilde, m'a replongé dans quelques souvenirs fabuleux et quelques-uns de ceux-ci sont parfois intéressants à rappeler, surtout lorsque les papas trouvent difficilement la forme et se font copieusement tancer pour cette raison.

Quelques nuits passées à déambuler dans les couloirs des maternités suffisent pour les pères que nous sommes à parfois excuser quelques prestations en demi-teinte ou la déconcentration justifiée qui en découle. Cette paternité merveilleuse génère un changement radical de vie, avec des horaires décalés, des nuits qui n'en sont plus vraiment, des angoisses nouvelles, du stress et de la responsabilité mais cette fatigue nerveuse fait du bien. Beaucoup de bien. D'accord, il faut prendre soin de ces petits bouts, de la maman aussi bien sûr, épuisée dans son corps ; d'accord, il faut veiller à protéger son chez soi en bon père généreux, tout cela coûte de l'énergie, du temps, de l'argent, des soucis. Mais un sourire d'enfant remplace beaucoup de choses, pardonne beaucoup d'erreurs, nous fait sentir qu'on vit enfin.

Mon ami Gilles va devoir troquer sa Ferrari contre un monovolume familial, mais même en rouge il y a quelques modèles sympas sur le marché. Fini le temps d'un resto improvisé, terminé celui de la grasse matinée. La priorité quotidienne sera l'organisation. Du matin au soir et du soir au matin.

Au début de cette nouvelle existence, bombardée d'imprévus, de surprises de taille, comment s'y prendre ? D'abord il y a maman. Pas la femme ou la compagne, non, la nôtre. Elle va nous rappeler combien nous sommes encore des enfants, un peu pris au dépourvu. Mais comme nous sommes trop fiers d'être nous-mêmes des parents, nous allons lui dire qu'on sait se débrouiller tout seul... Pas sûr... M'enfin on apprend vite. Les moments (rares) de temps libre seront désormais propices à faire l'inventaire des besoins de la progéniture : poussette, landau, biberons, couches-culottes, tétines, lingettes, chauffe-biberon, stérilisateur, crèmes, vêtements, baby phones, jeux d'éveil, nounours, lait en poudre, repas en pots (délicieux d'ailleurs), médicaments,... j'ai dû sûrement oublier quelque chose.

Nos petits bouts vont littéralement nous mettre à l'épreuve. Vais-je résister au nuits blanches, aux cris, aux pleurs ? Vais-je pouvoir assumer mon rôle de père et de mari en même temps ? Vais-je pouvoir offrir à mes enfants une éducation qui leur permettra d'être prêts à affronter la vie ? Pas facile... si la maman fait des montées de lait, le père fait plutôt des descentes de vodka ! ça y est, on a basculé de la liberté à la dépendance totale, on vient de réaliser qu'on est passé à la postérité, en allant bosser pour eux, en se battant pour eux finalement afin qu'ils conservent le plus longtemps possible leur beauté, leur innocence, leur fragilité.

Un peu de tendresse dans un monde de brutes. Des chansons, des histoires, des jeux, des mots, des sourires, allez-y vous pouvez avouer que vous aussi vous avez appris quelques chansons par c£ur. La souris verte qui courait dans l'herbe peut être mauve, rouge ou jaune finalement. Il suffit d'adapter, de se laisser aller. Vos copains ne sont pas là de toute façon pour ricaner de votre dernière adaptation de la poule qui picore du pain dur, de la gentille alouette qu'on a bien plumée d'ailleurs, du pont d'Avignon, de frère Jacques ou du clair de la lune mon ami Emilio (ou Hugo ?). Et puis je n'ai aucune honte à avouer que j'adore jouer aux voitures, aux camions qui se télescopent (ça me rappelle le carrefour Léonard), à faire le tigre ou le lapin, à danser sur Bécassine (uniquement en leur présence), à construire des châteaux et à faire le requin dans mon bain. Je me suis même surpris à jouer aux toupies alors que j'étais tout seul. Eh bien oui. C'est ça, avoir des enfants, on devient fou. Fou d'amour. Et attention aux grands méchants loups, on joue contre eux la semaine prochaine.

Propos recueillis par Bruno Govers

La naissance des jumelles de Gilles De Bilde, m'a replongé dans quelques souvenirs fabuleux et quelques-uns de ceux-ci sont parfois intéressants à rappeler, surtout lorsque les papas trouvent difficilement la forme et se font copieusement tancer pour cette raison. Quelques nuits passées à déambuler dans les couloirs des maternités suffisent pour les pères que nous sommes à parfois excuser quelques prestations en demi-teinte ou la déconcentration justifiée qui en découle. Cette paternité merveilleuse génère un changement radical de vie, avec des horaires décalés, des nuits qui n'en sont plus vraiment, des angoisses nouvelles, du stress et de la responsabilité mais cette fatigue nerveuse fait du bien. Beaucoup de bien. D'accord, il faut prendre soin de ces petits bouts, de la maman aussi bien sûr, épuisée dans son corps ; d'accord, il faut veiller à protéger son chez soi en bon père généreux, tout cela coûte de l'énergie, du temps, de l'argent, des soucis. Mais un sourire d'enfant remplace beaucoup de choses, pardonne beaucoup d'erreurs, nous fait sentir qu'on vit enfin. Mon ami Gilles va devoir troquer sa Ferrari contre un monovolume familial, mais même en rouge il y a quelques modèles sympas sur le marché. Fini le temps d'un resto improvisé, terminé celui de la grasse matinée. La priorité quotidienne sera l'organisation. Du matin au soir et du soir au matin. Au début de cette nouvelle existence, bombardée d'imprévus, de surprises de taille, comment s'y prendre ? D'abord il y a maman. Pas la femme ou la compagne, non, la nôtre. Elle va nous rappeler combien nous sommes encore des enfants, un peu pris au dépourvu. Mais comme nous sommes trop fiers d'être nous-mêmes des parents, nous allons lui dire qu'on sait se débrouiller tout seul... Pas sûr... M'enfin on apprend vite. Les moments (rares) de temps libre seront désormais propices à faire l'inventaire des besoins de la progéniture : poussette, landau, biberons, couches-culottes, tétines, lingettes, chauffe-biberon, stérilisateur, crèmes, vêtements, baby phones, jeux d'éveil, nounours, lait en poudre, repas en pots (délicieux d'ailleurs), médicaments,... j'ai dû sûrement oublier quelque chose. Nos petits bouts vont littéralement nous mettre à l'épreuve. Vais-je résister au nuits blanches, aux cris, aux pleurs ? Vais-je pouvoir assumer mon rôle de père et de mari en même temps ? Vais-je pouvoir offrir à mes enfants une éducation qui leur permettra d'être prêts à affronter la vie ? Pas facile... si la maman fait des montées de lait, le père fait plutôt des descentes de vodka ! ça y est, on a basculé de la liberté à la dépendance totale, on vient de réaliser qu'on est passé à la postérité, en allant bosser pour eux, en se battant pour eux finalement afin qu'ils conservent le plus longtemps possible leur beauté, leur innocence, leur fragilité. Un peu de tendresse dans un monde de brutes. Des chansons, des histoires, des jeux, des mots, des sourires, allez-y vous pouvez avouer que vous aussi vous avez appris quelques chansons par c£ur. La souris verte qui courait dans l'herbe peut être mauve, rouge ou jaune finalement. Il suffit d'adapter, de se laisser aller. Vos copains ne sont pas là de toute façon pour ricaner de votre dernière adaptation de la poule qui picore du pain dur, de la gentille alouette qu'on a bien plumée d'ailleurs, du pont d'Avignon, de frère Jacques ou du clair de la lune mon ami Emilio (ou Hugo ?). Et puis je n'ai aucune honte à avouer que j'adore jouer aux voitures, aux camions qui se télescopent (ça me rappelle le carrefour Léonard), à faire le tigre ou le lapin, à danser sur Bécassine (uniquement en leur présence), à construire des châteaux et à faire le requin dans mon bain. Je me suis même surpris à jouer aux toupies alors que j'étais tout seul. Eh bien oui. C'est ça, avoir des enfants, on devient fou. Fou d'amour. Et attention aux grands méchants loups, on joue contre eux la semaine prochaine. Propos recueillis par Bruno Govers