La Belgique sportive navigue entre l'angoisse et la félicité. D'abord, il y eut les visites domiciliaires effectuées par le Parquet de Courtrai chez des coureurs cyclistes célèbres et un vétérinaire. En cause, le trafic d'hormones auquel se livrait illégalement ce dernier (le docteur José Landuyt) dans les milieux de la colombophilie, de l'hippisme et du cyclisme à des fins de dopage. Arrêté le jeudi, il était toujours au secret le week-end dernier et fut licencié sur le champ par l'agence fédérale alimentaire. Il a avoué au Parquet qu'il vendait des hormones à des cyclistes !
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La Belgique sportive navigue entre l'angoisse et la félicité. D'abord, il y eut les visites domiciliaires effectuées par le Parquet de Courtrai chez des coureurs cyclistes célèbres et un vétérinaire. En cause, le trafic d'hormones auquel se livrait illégalement ce dernier (le docteur José Landuyt) dans les milieux de la colombophilie, de l'hippisme et du cyclisme à des fins de dopage. Arrêté le jeudi, il était toujours au secret le week-end dernier et fut licencié sur le champ par l'agence fédérale alimentaire. Il a avoué au Parquet qu'il vendait des hormones à des cyclistes ! Le cyclisme belge est touché de plein fouet : Johan Museeuw, Chris Peers, Mario De Clercq et Jo Planckaert échangeaient régulièrement des e-mails avec Landuyt et on a déjà évoqué le mot " commandes " en ce qui concerne leur teneur. Faisant son métier, l'avocat du vétérinaire ne parle que de liens d'amitié entre lui et les coureurs... Museeuw fut le premier cycliste à être interrogé, durant toute la journée de jeudi. Libéré en soirée, il est retourné à son programme de courses mais Patrick Lefevere, son directeur sportif chez Quick Step-Davitamon, a avoué qu'il ne voyait pas le grand Johan participer au prochain championnat du monde d'Hamilton, au Canada. Personne ne sait comment cette histoire se terminera, mais on se souviendra que le sprinter canadien Ben Johnson, convaincu de dopage aux anabolisants au lendemain de sa victoire sur 100 mètres aux Jeux Olympiques de Séoul en 1988, avait utilisé des hormones destinées au bétail... soit des produits vétérinaires ! Vendredi soir, au Mémorial Van Damme, le record de Belgique de Cédric Van Branteghem sur 400 mètres sentait bien meilleur. Le gaillard, 24 ans, qui a mis du temps à grignoter la vétuste perf de Fons Brijdenbach (45.02 contre 45.04 en 1976) et fera encore mieux à l'avenir, avait l'air plus chétif que certaines coureuses de 100 mètres. Dans la nuit de samedi à dimanche, la petite Justine Henin a continué d'écrire sa légende de Grand Chelem. Sans les terribles Williams, elle et Kim Clijsters n'ont personne à leur hauteur. Les Russes sont des gamines, Davenport est trop lente, Capriati trop grosse et Mauresmo plafonne. Mais Kim Clijsters doit se dire que Juju (magnifiquement entraînée physiquement par Pat Etcheberry, un ancien lanceur de javelot bardé de diplômes en physiologie) fait peut-être de meilleurs choix qu'elle dans le coaching. Ce jour, le stade Roi Baudouin devra rugir de rage de vaincre sous peine de devoir oublier l'EURO 2004. Si les Diables ne battent pas la Croatie, ils ne termineront même pas deuxièmes et n'auront pas droit à un match de barrage. La semaine prochaine, ce sera le début de la Ligue des Champions pour Bruges et Anderlecht. Des rendez-vous essentiels susceptibles d'être abîmes de douleur ou pics de bonheur. Les Diables sont à un tournant des générations. S'ils ne se qualifient pas pour l'EURO, l'excuse sera toute trouvée. Mais si les titulaires actuels sont aussi doués qu'on le pense, ils réussiront leur voyage. Quant à Bruges et Anderlecht, la compétition européenne numéro 1 leur servira de test de maturité ultime. Et pendant ce temps-là, le Standard fourbit ses armes toutes neuves. Le calme de Dominique D'Onofrio nous surprend de plus en plus agréablement. Toujours d'un impeccable esprit sportif et ouvert, respectant tout le monde, il s'est rapidement imposé comme l'un des gentlemen du foot belge. Si sa vision simple et fraîche du jeu devait refaire du Standard ce qu'il était, on en voudrait très fort aux dirigeants de Sclessin de ne pas l'avoir lancé plus tôt. Le gaillard a 50 ans et sa philosophie du coaching est plus basée sur l'enthousiasme et le plaisir que l'expérience et les trucs du métier. Rien que pour ça, ce serait beau que ses analyses se vérifient jusqu'au bout. par John BaeteEt pendant ce temps-là, le Standard fourbit ses armes toutes neuves