Ils ne courent pas les rues, ceux qui ont été joueur puis président du même club en D1. Constant Vanden Stock l'a été à Anderlecht, imité par Johan Vermeersch chez les voisins de Molenbeek. Entre les deux, il y a Jean Pol Spaute, proche, indéniablement, par ses connaissances du jeu et des joueurs, du big boss des Mauves... avec qui il avait en commun un menton à fossette.
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Ils ne courent pas les rues, ceux qui ont été joueur puis président du même club en D1. Constant Vanden Stock l'a été à Anderlecht, imité par Johan Vermeersch chez les voisins de Molenbeek. Entre les deux, il y a Jean Pol Spaute, proche, indéniablement, par ses connaissances du jeu et des joueurs, du big boss des Mauves... avec qui il avait en commun un menton à fossette. Homme d'un seul club, Monsieur Sporting avait débuté à dix ans en catégorie Minimes. A l'attaque, poste qu'il occupa jusqu'à sa reconversion au stoppeur à l'entame des années 60. Comme buteur, JPS ne pouvait soutenir la comparaison avec un autre élément promu en même temps que lui en équipe-fanion au cours de la campagne 1959-60 : Georget Bertoncello, le Joueur du Siècle carolo. Spaute, fort de 266 matches en équipe-fanion, D2 et D1 confondues, devait obtenir sa place au panthéon zébré aussi, avec sa désignation dans le Onze du Siècle aux côtés des Daniel Mathy, Jules Henriet, Pär Zetterberg et autres René Thirifays. L'espace d'une décennie, Spaute (dont le prénom était écrit avec o, particularité orthographique à laquelle il tenait, sans en connaître l'origine) fut de tous les bons coups. C'est sous son capitanat que le RCSC, après dix saisons de purgatoire, renoua avec l'élite en 1966. Il fallut un test-match contre Waterschei Thor, disputé sur les terres de l'Union Saint-Gilloise, au Parc Duden, pour désigner le montant. Les Carolos l'avaient emporté 2-0 grâce à des goals de Jean-Marie Letawe et d' André Colasse. Trois ans après la montée, le Sporting, toujours emmené par JPS, réalisa le plus bel exploit de son histoire en terminant vice-champion de Belgique derrière le Standard de René Hauss. Le capitaine planta un des trois buts des siens face au FC Rouen, battu 3-1 au deuxième tour de la Coupe des Villes de Foires après que le RCSC eut éliminé le NK Zagreb. Mais les Zèbres furent battus 2-0 au retour... Au cours de la même année 1970, à 27 ans, JPS délaissa ses occupations de joueur pour un emploi chez IBM grâce à sa licence en sciences économiques appliquées à la Fucam de Mons. Auprès du géant de l'informatique, JPS gravit une fois de plus les échelons au point d'y devenir cadre. Mais le virus du foot était toujours présent et il revint aux affaires au RCSC, en 1982, en qualité de chairman. " Son " Sporting avait rétrogradé d'un échelon en 1980 et fut près de basculer en D3 deux ans plus tard. La faillite prononcée, l'ex-capitaine emblématique prit les rênes du club, entouré de Gaston Colson, concessionnaire d'un garage Ford à Dampremy. Sous la houlette de ce duo, le RCSC reprit des couleurs et retrouva l'élite en 1985 suite à sa victoire lors du tour final de D2. Jusqu'à son retrait de la scène, en 1999, JPS contribua à nouveau à quelques-unes des plus belles heures du Mambourg. Outre la montée, on citera une accession en finale de la Coupe de Belgique face au Standard, en 1993, suivie d'une participation en Coupe de l'UEFA devant le Rapid Bucarest. Bien campé dans la première moitié du classement, le club carolo disputa encore la Coupe Intertoto en 1995-96 et 1996-97. Au même titre que CVDS, JPS avait l'£il pour repérer le jeune talent dans les divisions inférieures. Dans le Onze du Siècle figurent trois joueurs détectés par ses soins : Philippe Albert, repéré en formations d'âge de Bouillon, Eric Van Meir, tête d'or à Berchem Sport, ou encore Dante Brogno issu de Marchienne. On mentionnera aussi Didier Beugnies, Marco Casto, Olivier Suray ainsi que Roch Gérard. Mais le coup dont il était le plus fier, c'était Rudy Moury. Parce qu'il avait - apparemment - moins de talent que les autres. Après avoir stabilisé le RCSC en D1, JPS était d'avis que seule une lourde injection financière était susceptible de le faire progresser. Il se mit alors en quête d'un mécène, capable de faire gonfler le budget de 4 à 8 millions d'euros. Il pensait l'avoir trouvé dans le milliardaire US, Milan Mandaric, qui s'était déjà signalé au Standard à la fin des eighties. En définitive, l'oncle d'Amérique préféra injecter ses deniers chez les Anglais du FC Portsmouth... JPS prit alors ses distances, contraint et forcé. En 1999, la Ville l'écarta de la direction du club et de son travail de directeur du stade de Charleroi pour l'EURO 2000. En vue de conserver ses mandats au comité exécutif de l'Union belge et à la Ligue Professionnelle, il fit acte d'allégeance à l'Excelsior Mouscron. C'est au Canonnier et au Tondreau, où il s'était lié d'amitié avec le numéro 1 montois, Dominique Leone, qu'il maintint le contact, ces dernières années, avec la D1. En froid avec la famille Bayat, qui lui reprocha ainsi qu'à la Ville d'avoir masqué les dettes réelles du club, plus jamais il n'est allé au Mambourg. D'ailleurs, le Stade du Pays de Charleroi n'était plus vraiment le sien. " Pourquoi avoir changé son nom dans l'optique de l'EURO 2000 ", s'était-il exclamé un jour. " Tout le monde connaissait le Mambourg... Il faisait référence à l'âme de cette ville, à son industrie lourde, ses charbonnages. Je ne l'ai pas compris. Et je ne le comprendrai jamais "... par bruno govers et pierre danvoye - photo: reporters