Le 24 septembre, Raphaël Varane inscrivait d'une subtile aile de pigeon son premier but sous le maillot merengue contre le Rayo Vallecano. Un goal qui fait de lui le plus jeune buteur étranger du Real Madrid. Une perf' hors du commun pour un gamin qui jouait encore avec l'équipe Réserve du Racing Club de Lens, un an plus tôt. " Après mon but, j'étais comme dans un rêve, c'était le bonheur intégral. Aujourd'hui, j'essaie de prendre du recul, de ne pas trop m'enflammer. Mes coéquipiers sont là pour m'aider. " On en a connu qui chopait le melon pour moins que ça mais ce n'est pas le genre du Ch'ti à l'ascension fulgurante. Il faut dire que Varane commence à s'habituer à ce que tout aille vite. Revenir sur son parcours, c'est retracer la trajectoire d'une comète.
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Le 24 septembre, Raphaël Varane inscrivait d'une subtile aile de pigeon son premier but sous le maillot merengue contre le Rayo Vallecano. Un goal qui fait de lui le plus jeune buteur étranger du Real Madrid. Une perf' hors du commun pour un gamin qui jouait encore avec l'équipe Réserve du Racing Club de Lens, un an plus tôt. " Après mon but, j'étais comme dans un rêve, c'était le bonheur intégral. Aujourd'hui, j'essaie de prendre du recul, de ne pas trop m'enflammer. Mes coéquipiers sont là pour m'aider. " On en a connu qui chopait le melon pour moins que ça mais ce n'est pas le genre du Ch'ti à l'ascension fulgurante. Il faut dire que Varane commence à s'habituer à ce que tout aille vite. Revenir sur son parcours, c'est retracer la trajectoire d'une comète. Né le 25 avril 1993 à Lille, le défenseur d'origine martiniquaise est rapidement repéré par les scouts lensois. A 9 ans, il intègre le centre de formation de Liévin où transitent les jeunes originaires du Nord avant de rejoindre en 2008 le centre d'entraînement de La Gaillette. Début de saison 2010-2011, il est incorporé à l'équipe réserve dont il est nommé capitaine. Mais Raph ne perd pas de temps. Le 7 novembre 2010, il découvre la L1, aligné d'entrée par Jean-Guy Wallemme, et met directement sous l'éteignoir l'attaquant montpelliérain Olivier Giroud. Il apparaît encore trois fois au jeu avant la trêve et gagne définitivement ses galons de titulaire à l'arrivée du nouveau coach, Laszlo Bölöni. Il se paie même le luxe d'inscrire deux buts en fin de saison mais sans pour autant éviter au club la relégation. Beaucoup trop fort pour la L2, le départ de Varane est inéluctable. " C'est un joueur talentueux et prometteur. C'est normal que Varane intéresse des clubs qui cherchent du talent, comme c'est le cas du Real Madrid. Depuis Laurent Blanc, j'ai vu de très bons centraux, mais aucun de sa trempe. En ce sens, Varane ressemble beaucoup à Blanc. " La comparaison élogieuse est signée du double Z de Zinédine Zidane. Alors que le joueur se prépare à passer son bac, les offres affluent sur le bureau de Gervais Martel qui a compris que le moment était venu de monnayer sa pépite. Trois clubs tiennent la corde : Man U, le PSG et le Real Madrid. Inquiète de voir son fils partir à l'étranger si jeune, Maman Varane préconise la solution PSG mais le fiston sait ce qu'il veut. Ce sera l'Espagne et rien d'autre. " Le train du Real ne passe peut-être qu'une seule fois. C'est difficile de le laisser passer ", justifie le Marchtiniquais. Difficile surtout de dire non à Zizou et José Mourinho. Florentino Pérez fait chauffer ses cartes de crédit et lâche 10 millions aux Lensois pour s'offrir l'international espoir jusqu'en 2017. C'est donc le bac en poche que Varane, du haut de ses 23 matches de L1, débarque humblement au centre d'entraînement de la Casa Blanca. " Je suis ici avec l'idée de beaucoup bosser. Le côté star, galactique, ne m'intéresse pas. Je veux travailler pour continuer de grandir ", explique-t-il. Alors que la plupart des observateurs le voient plutôt évoluer avec la Castilla, l'équipe B madrilène, c'est aux côtés des Cristiano Ronaldo, Karim Benzema et autres Mesut Özil qu'il participe aux tournées amicales de préparation. Sa vitesse, son jeu de tête et sa technique séduisent les plus sceptiques et le Français chauffe le banc de touche lors des premiers matches de Liga. Le 21 septembre, profitant des forfaits de Pepe et Coentrao, il est titularisé pour la première fois contre Santander. Trois jours plus tard, alors que Carvalho s'est ajouté à la liste des éclopés, le Mou fait à nouveau appel à lui contre le Rayo Vallecano avec la suite que l'on connaît : un but et une entrée dans la légende de Bernabeu. Dans la foulée, il fait ses débuts en Champions League et dispute l'intégralité de la rencontre face à l'Ajax (3-0). Des débuts encourageants qui lui valent les louanges du Special One : " Il a pour l'instant rempli sa mission. A 18 ans, cela me semble difficile de faire mieux que ce qu'il a montré. Physiquement, il possède des capacités très intéressantes. C'est sur le plan tactique qu'il doit encore progresser, mais c'est logique à son âge. " La presse espagnole est tout aussi dithyrambique et lui a même trouvé un surnom : Monsieur Propre ( Don Limpio), en raison de ses 3 matches sans commettre la moindre faute. Il fait même la une de Marca qui le compare à... Fernando Hierro. La prochaine étape devrait être l'équipe de France pour celui qui est actuellement sélectionné chez les espoirs d' Erick Mombaerts. Malgré la cascade de blessures chez les Bleus, il n'a pas été appelé pour les rencontres face à l'Albanie et la Bosnie. " Faire trois matches au Real Madrid n'est pas donné à tout le monde, c'est encourageant. C'est un garçon qui apprend vite, qui est concentré, qui a des qualités dans le jeu. On le suit mais de là à dire qu'il est aux portes de l'équipe de France, il y a un chemin qui est vite fait ", tempère Laurent Blanc. Un discours plein de sagesse qu'il pourrait ne plus pouvoir tenir longtemps si Varane continue à enchaîner les performances.n JULES MONNIER - PHOTO: IMAGEGLOBE" Depuis Laurent Blanc, j'ai vu de très bons centraux, mais aucun de sa trempe. "Zinédine Zidane