Sergio Conceiçao (29 ans) est arrivé en Belgique précédé de sa réputation de star du Calcio. Une étiquette difficile à porter surtout dans un club comme le Standard qui a vu passer tant de joueurs présentés comme des phénomènes mais dont les supporters ont eu tôt fait de cerner les limites.
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Sergio Conceiçao (29 ans) est arrivé en Belgique précédé de sa réputation de star du Calcio. Une étiquette difficile à porter surtout dans un club comme le Standard qui a vu passer tant de joueurs présentés comme des phénomènes mais dont les supporters ont eu tôt fait de cerner les limites. Voilà trois mois que le Portugais a revêtu le maillot rouche, juste le laps de temps qu'il s'était donné pour tirer un premier bilan. SergioConceiçao : Je ne m'attendais pas à me blesser au ménisque externe du genou droit fin septembre. Cela m'a rappelé une fois encore que rien n'est jamais acquis, qu'il faut se battre sans cesse. Nous avions disputé un bon match à La Louvière où toute l'équipe avait bien tourné et où je m'étais bien tiré d'affaire. J'étais en passe de recouvrer un excellent état de forme quand cette blessure, survenue lors d'une partie de tennis-football a stoppé net ma progression. Un accident vraiment stupide. C'est rageant lorsqu'on sait qu'il est difficile de trouver un exercice moins dangereux que celui-là et surtout quand les médecins vous disent qu'il est pratiquement impossible de se blesser dans ces conditions. J'ai souffert mais heureusement j'ai pu compter sur l'aide du docteur Nebojsa Popovic et des kinés. Ils ont été vraiment sympas. Ils sont venus chez moi pour m'apporter de la glace et voir si je ne manquais de rien. Ils ont joué un rôle important dans ma rééducation et c'est probablement pour cela que, trois semaines plus tard, j'ai pu recommencer les entraînements. A l'heure actuelle, je cours encore derrière la grande forme. Quand on a eu une bonne préparation, on ne perd pas toute sa condition en un rien de temps mais un arrêt de trois semaines n'est pas facile à récupérer. Je n'ai fait que de la musculation y compris au niveau du genou sans courir. Il était donc normal que lors de mon premier match contre Bruges, je n'ai pas été à la hauteur de ma réputation. Mais depuis lors, j'ai travaillé sérieusement, pris par l'envie de gagner. Je me sens de mieux en mieux et, chaque jour, je note des progrès. Indépendamment du but victorieux que j'ai inscrit, mon rendement a été supérieur contre Anderlecht. Dans ma carrière j'ai dû être exclu à deux ou trois reprises, pas plus. Cela m'a fait mal et je me l'explique par le fait que quand je suis entré au jeu j'étais nerveux. Ce qui ne m'arrive pas souvent. En général, je monte sur le terrain motivé. Je me demande aussi pourquoi l'arbitre a réagi de la sorte quand je pense au match contre Genk deux semaines plus tard. Ce jour-là, j'ai reçu un véritable coup de bâton au niveau du ménisque à tel point que j'ai eu l'impression qu'il avait explosé, Wamberto s'est vu asséner un coup de bâton lui aussi, un coup encore plus sec qui l'a mis sur le flanc pour plusieurs mois et les auteurs de ces agressions n'ont même pas reçu un carton jaune. Alors que moi, qui n'ai fait qu'une simple poussette pour botter rapidement un coup franc, j'ai directement écopé du rouge. Cela n'a pas de sens. Les arbitres sont des hommes et peuvent se tromper mais j'espère que M. Vervecken s'est rendu compte qu'il s'était trompé. C'est peut-être cela la chose la plus importante. De toute façon, j'ai vu de bons et de mauvais arbitres dans tous les championnats. C'est la même histoire partout. C'est vrai que dans tous les pays, on se dépêche de relancer l'action. Ici, nous avons affaire à un football plus éduqué, à l'image de ce qui se passe en Belgique où les choses de la vie quotidienne sont plus réglementées. Il manque en Belgique un peu de ruse. Je vois un football où il y a tant d'agressivité, tant d'envie de courir et de se surpasser mais, parfois, un peu innocent. Un exemple : si en Italie, tu fais semblant de centrer et que tu ne centres pas, les adversaires ne tombent pas dans le piège. Ici, les joueurs sont courageux, donnent tout ce qu'ils ont mais, techniquement, cela laisse de temps à autre à désirer. C'est vrai que j'ai ce don, mais c'est aussi dû au fait que j'ai d'autres origines. Ce n'est pas propre aux Portugais. C'est le cas des Brésiliens, des Méditerranéens et même de joueurs comme Milan Rapaic. Il en a les moyens, cela c'est sûr. Je perçois en lui l'envie de réussir. Et si tel est le cas, qu'il a envie de gagner, il doit se surpasser. Techniquement, tout le monde a vu contre Anderlecht que sa réputation n'est pas surfaite. Ce qu'il a déjà réalisé ailleurs en Europe, il peut le répéter au Standard. Son expérience est un atout qu'il peut mettre au service du groupe. Si, physiquement, il se sent bien, un joueur avec sa technique est en mesure de faire la différence. J'ai toujours été près de mes équipiers. J'ai trouvé dans ce noyau des footballeurs et des hommes bien élevés. En fait, ce que je leur apporte c'est l'expérience et, peut-être, la grinta û la hargne û et la mentalité que nous devons avoir. Cela ne sert à rien que l'on gagne contre Anderlecht, si nous perdons le prochain match contre une équipe de milieu de classement, même en déplacement. Cette question de mentalité est très importante car en football la technique et le courage seuls ne servent à rien. Il faut aussi avoir de la personnalité et savoir assumer ses responsabilités. C'est ainsi que l'on acquiert la continuité. Le Standard doit aller en déplacement sans avoir peur d'interpréter son rôle de favori. Nous devons arriver chez l'adversaire en nous disant que nous sommes plus forts et en lui faisant comprendre que nous sommes venus pour gagner. C'est là que se gagne le championnat, chez les équipes les moins fortes. C'est cet état d'esprit que j'essaie de transmettre à mes compagnons. Attention, je ne suis pas le seul. D'autres joueurs expérimentés comme Wamberto, Vedran Runje, Eric Deflandre ou Ivica Dragutinovic le font aussi. On me remarque plus sans doute parce que je suis celui qui parle le plus, même dans le vestiaire. Non, là c'est parce qu'il sortait trop vite. Il devait attendre que l'entraîneur donne ses consignes (il rit). En fait, quand je me suis adressé à notre gardien c'est parce que j'ai senti que notre entrejeu commençait à éprouver certaines difficultés. La ligne médiane avait bien entamé la rencontre et avait exercé un pressing qui empêchait Anderlecht de sortir de son camp. Jusque-là, les arrières avaient été très proches des médians et les soutenaient carrément dans l'envie d'aller de l'avant. En seconde mi-temps, la défense avait reculé et l'entrejeu montait trop. Il y avait donc un trop grand espace entre les deux lignes. J'estime que ce sont là des choses normales : tout joueur doit à la fois être à l'écoute et signaler aux autres ce qu'il a constaté. Un peu de français, un peu d'italien et quelques gestes ! Enfin, mes équipiers me comprennent. Et puis, il ne faut pas grand-chose pour faire passer son message. Quand je dis à Karel Geraerts : - Su, geste à l'appui, il comprend qu'il doit aller de l'avant. Je tiens tout d'abord à préciser que Drago est un excellent joueur, qui peut évoluer dans d'autres championnats européens de meilleur niveau. Ce n'est pas par hasard qu'il est international dans son pays. A mon avis, Michel Preud'homme ne s'en prenait pas à notre défenseur à titre personnel. Il faisait référence à ce qui, selon moi, manque le plus au Standard : la continuité. Je sais que pour certains de nos supporters, une victoire contre Anderlecht suffit à leur bonheur mais cela n'a pas de sens. J'ai connu cela en Italie où il suffisait de gagner le derby milanais ou romain pour que la saison soit bonne. Franchement, je serai très déçu si nous ne gagnions pas à St-Trond. Nous devons aller gagner là-bas pour confirmer notre succès sur Anderlecht. La force du Standard est de posséder trois caractéristiques importantes : un bon noyau, une organisation au niveau de la gestion au quotidien qui n'a rien à envier à d'autres clubs et des supporters qui, d'après ce que j'ai pu voir depuis mon arrivée en Belgique, ont la plus grande envie de voir leur équipe triompher. Cela fait vingt ans que les supporters attendent et ils méritent que l'on fasse quelque chose pour eux. Leur désir de nous voir lutter pour le titre ou une place en Ligue des Champions est légitime car nous avons les joueurs pour atteindre cet objectif. Je ne ferai pas de distinction car, comme dans toutes les équipes, nous avons des footballeurs doués techniquement et d'autres plus forts sur le plan physique. Certains joueurs peuvent être encore plus forts s'ils changent leur mentalité. Il y a des jeunes, comme Karel Geraerts, qui écoutent ce que les plus âgés leur disent et acceptent les remarques. C'est sûr que des garçons comme lui peuvent réussir une bonne carrière. Notre groupe est solide : contre Anderlecht, Vedran a aussi joué un rôle important en effectuant deux sorties décisives. Les formations belges luttent beaucoup et sont bien organisées. Techniquement, le championnat n'est pas du niveau italien ou espagnol mais ce sont des équipes qui courent pendant 90 minutes. C'est dû au fait que les formations belges jouent de manière différente quand elles évoluent à domicile ou à l'étranger. Le championnat belge possède une certaine valeur : il ne faut pas se faire d'illusion, c'est difficile de jouer ici. Le championnat est compétitif. Surprendre des équipes comme La Louvière et La Gantoise n'est pas à la portée de tout le monde. Quand les clubs belges évoluent en coupes d'Europe, ils ne tablent pas sur leurs qualités et manquent de personnalité. Parfois, c'est aussi la malchance comme pour le Standard à Bucarest. Je n'avancerais pas comme excuse le fait que plusieurs titulaires étaient absents. C'est trop facile car toutes les équipes comptent des blessés. L'objectif est de trouver les solutions de rechange. Sur le banc du Standard, il y a des joueurs aptes à faire oublier les titulaires et à démontrer à l'entraîneur qu'il a tort de ne pas leur faire confiance. Face au Steaua, nous avons bien débuté et nous aurions pu ouvrir la marque. Malheureusement, Dragutinovic a marqué contre son camp et cela a causé notre perte : dans ce genre de match, c'est celui qui marque le premier qui l'emporte. Et en général, le scénario veut que si les visiteurs tiennent le nul jusqu'à la 70e, ils parviennent à placer un contre victorieux. Peu importe, je suis confiant pour la suite. Nous avons les moyens de terminer parmi les trois premiers de notre groupe. Je ne crois pas que ce soit une question de préparation physique. Dans tous les pays que j'ai connus, les méthodes d'entraînement sont pratiquement les mêmes et, comme partout, les entraîneurs ont des visions différentes. Le football est le même partout. Il n'y a plus de grands secrets comme dans les années 60 et 70 où, quand on voyait jouer Milan ou Benfica, on se demandait comment ils faisaient pour être plus forts que les autres. Selon moi, toutes les équipes se retrouvent au même niveau mais que ce sont les joueurs hors catégorie qui font la différence. Pour ce qui est du travail, des programmes de préparation, il n'y a plus de secrets. Les préparateurs belges sont aussi bons que les autres. Si, sur le plan européen cela ne marche pas, ce n'est pas une question de condition physique. Au contraire, les équipes belges sont plus fortes sur ce plan. La motivation et la hargne les poussent à courir énormément mais, une fois encore, cela ne suffit pas en football. Je n'ai jamais eu beaucoup de problèmes dans mes relations avec la presse. J'accepte la critique et personnellement, je ne fâche pas si on me met un trois ou un quatre. Je suis honnête envers moi-même : quand ma prestation n'a pas été bonne j'en suis conscient et je l'admets. En Italie, je n'ai eu un différend qu'avec un ou deux journalistes parce que je ne peux accepter que l'on s'en prenne à la personne et que l'on lance des bruits non fondés sur sa vie privée. Nicolas Ribaudo " Le désir des supporters de nous voir LUTTER POUR LA LIGUE DES CHAMPIONS est légitime " " En déplacement, on doit faire comprendre que nous sommes VENUS POUR GAGNER "