Sur les 35 buts inscrits par le Lierse au seuil de la dernière journée de championnat, pas moins de 20 portaient la griffe de Marius Mitu, le meneur de jeu des Jaune et Noir : 6 de manière directe, sous forme de goals, et 14 par le biais d'assists. Jamais encore depuis son arrivée sur notre sol, en cours d'année 1995, le Belgo-Roumain ne s'était montré aussi prolifique. La saison passée, par exemple, son compteur personnel indiquait un total de 5 réalisations et de 4 passes décisives. Soit moins de la moitié de ses données chiffrées actuelles et ce, alors que les deux tiers de la compétition n'ont pas encore été atteints.
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Sur les 35 buts inscrits par le Lierse au seuil de la dernière journée de championnat, pas moins de 20 portaient la griffe de Marius Mitu, le meneur de jeu des Jaune et Noir : 6 de manière directe, sous forme de goals, et 14 par le biais d'assists. Jamais encore depuis son arrivée sur notre sol, en cours d'année 1995, le Belgo-Roumain ne s'était montré aussi prolifique. La saison passée, par exemple, son compteur personnel indiquait un total de 5 réalisations et de 4 passes décisives. Soit moins de la moitié de ses données chiffrées actuelles et ce, alors que les deux tiers de la compétition n'ont pas encore été atteints. " Ces statistiques favorables, j'en suis essentiellement redevable à mon nouveau rôle sur le terrain ", dit-il. " Depuis mon arrivée en Belgique, et surtout pendant le défunt exercice, j'ai le plus souvent officié comme demi défensif. Avec l'entraîneur PaulPut, je suis monté d'un cran dans l'entrejeu, au point d'officier comme véritable soutien d'attaque et je retrouve la position que j'occupais autrefois en équipes d'âge du Steaua Bucarest mais qui, ici, à l'évidence, n'est pas très répandue. Au sommet, seuls Lokeren, avec Runar Kristinsson et Anderlecht, avec Pär Zetterberg, opèrent avec un authentique n°10 ". Au même titre que le lutin suédois, spécialiste ès phases arrêtées, le régisseur du Lierse brille lui aussi dans ce domaine. Avec une prédilection pour les penalties qui forment, en cette campagne 2004-2005, la moitié de son capital buts : 3 sur 6 compilés devant les gardiens de Beveren, du FC Brussels et d'Ostende. Ce dernier, a fortiori, aura marqué les imaginations puisque le milieu offensif des Pallieters, pour arriver à ses fins, utilisa une Panenka, du nom du joueur tchèque qui, en finale du Championnat d'Europe des Nations 1976, battit le grand portier allemand Sepp Maier, à l'aide de ce genre de balle subtilement expédiée. Il avait envoyé le gardien d'un côté et placé le ballon au milieu du but d'une pichenette. " Nous menions alors 0-2 chez les Côtiers et je pouvais me permettre cette petite fantaisie que j'avais souvent répétée à l'entraînement mais qu'il ne m'était pas encore venu à l'idée d'utiliser en match ", observe Marius Mitu. " Cette prouesse m'a réussi et il n'est pas interdit de penser que je la répète un jour en d'autres circonstances, même plus importantes. L'essentiel, évidemment, est de ne pas se planter sur cette phase, auquel cas on se couvre de ridicule. Comme le keeper nantais, Mickaël Landreau, qui s'était complètement fourvoyé en voulant finasser face à Sochaux, lors de l'épreuve des tirs au but, en finale de la Coupe de la Ligue, en avril 2004, et qui avait de la sorte précipité la défaite des siens ". Le penalty transformé à la Panenka par Marius Mitu au KVO n'est pas le seul but à avoir été abondamment commenté dans son chef cette année. Lors de la 5e journée, il s'était déjà distingué en scorant deux goals d'anthologie contre Mons : l'un sur une reprise de volée qui termina sa course dans les filets via l'armature et l'autre sur un lob des 18 mètres qui laissa le dernier rempart des Dragons, Kris Van de Putte, complètement pantois. Quant au dernier, il eut pour cadre Anderlecht. Mais, cette fois-là, il compta pour du beurre puisque les Lierrois furent battus 5-1. " Ce n'est pas que je veuille me pousser du col, mais je crois pouvoir dire que tous les buts que j'ai marqués depuis le début de la compétition peuvent être encadrés ", précise l'ancien Molenbeekois. " Certains me reprochent quelquefois mon goût de l'art et même de l'art pour l'art, mais c'est plus fort que moi. J'ai été formé au Steaua Bucarest par Ludovic Satmareanu et tous ceux qui sont passés par là se sont vus inculquer le culte du beau geste. Gheorghe Hagi y a été confronté avant moi et Alin Stoica, plus tard, a eu droit au même écolage lui aussi. A ce niveau, il en a peut-être fait trop au détriment du reste et c'est sans doute ce qui a causé sa perte en Belgique. Car les arabesques c'est bien, à condition qu'elles soient utiles, évidemment ". Celles de Marius Mitu le sont, manifestement, tant en ce qui concerne sa production personnelle que collective. Personne mieux que lui, dans notre championnat, ne réussit à isoler un partenaire devant le but au prix d'une passe cisaillante ou subtile. Le Belgo-Roumain, au fil des ans, est notamment passé maître dans l'art d'envoyer un coéquipier " dans la ruelle ". Pour ce faire, il expédie le ballon, le plus souvent en un temps, en direction d'un partenaire, dans la surface de réparation, malgré la présence de l'un ou l'autre adversaires qui tissent une toile d'araignée dans laquelle ils espèrent voir le cuir s'engluer. Mais avec peu de succès dans le cas de notre homme. Si cette phase est difficile à rendre dans le cadre de cette rubrique (un arrêt sur images de la télé est beaucoup plus approprié), d'autres gestes décisifs de l'intéressé se prêtent nettement mieux à l'analyse. Il nous les décortique. Propos recueillis par Bruno Govers