Difficile de rêver plus belle affiche. Les deux principaux candidats au titre cette saison ont déjà assuré trois fois le spectacle. Chaque fois, l'équipe côtière s'est imposée. Ce mercredi, les deux ténors se retrouvent encore en championnat avant de se disputer la Coupe samedi.
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Difficile de rêver plus belle affiche. Les deux principaux candidats au titre cette saison ont déjà assuré trois fois le spectacle. Chaque fois, l'équipe côtière s'est imposée. Ce mercredi, les deux ténors se retrouvent encore en championnat avant de se disputer la Coupe samedi. Eddy Casteels : " Chris Finch a l'art de choisir les matches sur lesquels focaliser ses joueurs. Il préfère être battu quatre fois par Ostende en championnat régulier mais gagner dans les playoffs et en Coupe. La finale, c'est le moneytime. Le noyau de Mons est conçu afin d'atteindre le sommet de son art lors de certains matches. N'oubliez pas que Mons aligne Travis Conlan. De toute ma carrière, j'ai rarement vu un type comme lui. Il a à peine 25 minutes de jeu et marque deux points par match, en moyenne, ce qui n'est plus de notre temps, mais ses capacités de leader le rendent précieux. Il relaie parfaitement Finch dans le vestiaire. Celui-ci n'a même pas besoin d'ouvrir la bouche. Avoir dû participer au Final Four de la Fiba Cup la semaine dernière ne constitue pas un inconvénient, au contraire. Mieux vaut que les deux finales aient lieu en l'espace d'une semaine. Affronter Ostende en championnat à trois jours de la Coupe n'a pas beaucoup d'impact. Les deux équipes se connaissent très bien ". Casteels : " Ostende a plus de talent intrinsèque. Titus Ivory, Elvir Ovcina, et même Sam Van Rossom connaissent leur affaire. Cependant, le basket ne se joue pas individuellement et quelques détails rendent Mons très fort. Mons est la seule phalange belge qui gère son quatrième quart d'heure comme le premier, en respectant les transitions. La plupart des équipes se contentent de jouer à fond le dernier quart d'heure. Mons ne se relâche jamais. On peut aller loin si on parvient à enrayer sa transition et Ostende en est capable. Ivory choisit le bon moment : - Les gars, nous ne courons pas avec eux. Autre détail : Mons est une des rares équipes à faire circuler le ballon aussi rapidement. Parfois trop vite, et l'équipe a tendance à passer trop. On peut résoudre le problème en défendant très physiquement mais cela requiert énormément d'énergie. Ou alors, on procède comme Ostende : on laisse Mons faire circuler le ballon mais durant les six dernières secondes du shotclock, on l'empêche de trouver la moindre ouverture qui lui permette de tirer. Troisième élément dont il faut tenir compte avec Mons : sa force sur les tirs à trois points. Quand Jim Cantamessa est dans un bon jour, il démantèle toutes les défenses. Sans oublier Nate Reinking, Mike Lenzly, Justin Gray... on ne peut laisser personne libre. Evidemment, Mons dépend beaucoup des joueurs capables de tirer à distance. Fait intéressant, il y a peu de match ups typiques dans les duels entre Mons et Ostende car les joueurs sont très différents. Même Van Rossom et Conlan ne se livrent pas de duel direct. Conlan est assez malin pour éviter un duel avec Van Rossom. Ostende est très athlétique aux positions de guard. Finch opte pour une tactique rapide, afin d'éviter les duels physiques. Je trouve que Mons a un avantage à l'intérieur grâce à George Evans et Ben Ebong. Je me demande cependant si Evans convient à la philosophie de Finch ? Dans les matches que j'ai coachés contre Mons, cela m'a frappé : leur collaboration n'est pas idéale. Evans a un style très particulier ". Casteels : " Sharon Drucker et Finch sont deux très grands coaches, qui rendent de précieux services au basket belge. Ils gèrent leur groupe de la même manière. Ils savent parfaitement comment approcher leurs athlètes. Leur tactique est différente. Finch maintient constamment le rythme de son équipe, notamment en faisant bien tourner les joueurs. L'entraîneur adverse doit être très attentif car Finch peut créer la surprise. Drucker est un brillant entraîneur sur le plan défensif, il ose aussi prendre des risques et conçoit des contre-attaques intéressantes. Drucker est issu de l'école israélienne : il alterne défenses en zone et individuelle. Par contre, l'équipe de Finch, c'est un peu les Phoenix Suns : courir, sauter, shooter. A peine l'équipe s'est-elle repliée et retournée qu'un tir est parti. Si je dois exprimer un avis en prévision de la finale, j'avouerai une préférence pour Drucker. Jusqu'à présent, il a un meilleur parcours que Finch. Il a remporté la Coupe ULEB avec Hapoel Jérusalem, c'est autre chose que jouer le titre avec les Sheffield Sharks, avec tout le respect que j'ai pour le basket anglais. En plus, Drucker a montré sa personnalité en Lituanie, en quittant Lietuvos Rytas parce qu'il ne voulait pas adopter la philosophie du club. Il a vécu pas mal de choses ". Casteels : " Mons est une équipe très profonde où chacun s'épanouit dans son rôle. Jim Potter peut quitter le banc pour remplacer Cantamessa et faire très mal à l'adversaire. C'est pareil pour Evans et Ebong, deux joueurs du même type qui peuvent se relayer. Le banc d'Ostende est très fort aussi mais je me pose certaines questions, surtout sur l'ambiance. Il a embauché Donyell Taylor alors qu'il était déjà assez fort au guard. Je ne puis imaginer qu'un homme comme Chris McCray soit satisfait pour le moment. Le banc détermine l'ambiance du vestiaire et j'ai l'impression que Mons est mieux équilibré qu'Ostende. Finch maîtrise mieux cet aspect, notamment parce qu'il a enrôlé ses joueurs, qui acceptent leur rôle. Ostende a plus de problèmes potentiels ". Casteels : " Les clubs wallons ont un public plus fidèle que les flamands. Ils vivent le basket différemment. Ostende a les meilleurs supporters de Belgique... aussi longtemps qu'il joue bien. S'il tourne moins bien, on ne les entend plus. Les fans wallons ne demandent qu'une chose à leurs joueurs : qu'ils se donnent sur le terrain, de tout leur c£ur. Ostende va mettre sur pied une action pour la finale, comme toujours, mais les supporters montois soutiendront leur équipe même si elle est menée ". par matthias stockmans