Le champagne devait manquer très certainement de bulles. La faute à un décembre salopé qui place le Standard dans une situation d'outsider à neuf rencontres de la fin de la saison régulière. Durant le dernier mois, le Standard n'a pris que six points sur douze (en attendant la probable décision défavorable de Charleroi) alors qu'il aurait pu (ou dû) décrocher le maximum. Avec 31 points seulement en 21 journées, les Rouches enregistrent leur quatrième plus mauvais bilan depuis vingt ans. C'est à peine mieux que l'an dernier à pareille époque quand le Standard totalisait 28 points après avoir occupé la lanterne rouge lors de la 11e journée (8 points sur 33).
...

Le champagne devait manquer très certainement de bulles. La faute à un décembre salopé qui place le Standard dans une situation d'outsider à neuf rencontres de la fin de la saison régulière. Durant le dernier mois, le Standard n'a pris que six points sur douze (en attendant la probable décision défavorable de Charleroi) alors qu'il aurait pu (ou dû) décrocher le maximum. Avec 31 points seulement en 21 journées, les Rouches enregistrent leur quatrième plus mauvais bilan depuis vingt ans. C'est à peine mieux que l'an dernier à pareille époque quand le Standard totalisait 28 points après avoir occupé la lanterne rouge lors de la 11e journée (8 points sur 33). L'année 2016 n'aura certainement pas été à la hauteur des espérances. La Coupe est venue atténuer une balance négative mais n'a pas réussi à sauver les apparences. Une deuxième non-participation aux play-offs 1 serait une véritable catastrophe pour cette jeune équipe dirigeante qui n'a pas toujours été des plus inspirées. Pour preuve, le mercato de janvier dernier, dont Yannick Ferrera s'est souvent plaint en aparté, et qui aura pesé lourdement dans la suite des événements. Car les arrivées des prometteurs Edmilson ou Milos Kosanovic n'ont pas su compenser les départs d'Anthony Knockaert, Jelle Van Damme ou Sambou Yatabaré, surtout dans le jeu préconisé par Ferrera qui demandait une grosse débauche physique. Cet été, le Standard n'aura relevé le tir que très tardivement. On se demande toujours pourquoi la direction a autant attendu pour se séparer d'un coach dont le sort était scellé depuis bien longtemps ? Pourquoi s'en être débarrassé après un partage injuste mais encourageant à Bruges et une victoire en amical face à Marseille ? Des questions qui restent en suspens et qui prouvent que l'ère Venanzi est faite d'encore bien trop de tâtonnements. L'arrivée d'Aleksandar Jankovic le 6 septembre avait eu dans un premier temps l'effet escompté puisque le Standard avait enregistré trois succès de rang. La suite n'allait pas connaître la même courbe car depuis octobre, le bilan est de 16 sur 36. La faute notamment à une fragilité défensive illustrée par l'absence de clean-sheet depuis la victoire face à Waasland-Beveren (5-0), le 23 octobre dernier. Cette incapacité à garder le zéro s'explique entre autres par un chamboulement répété de l'effectif, symbolisé par la titularisation de Guillaume Hubert en lieu et place de Jean-François Gillet. Les multiples exclusions stupides des dernières semaines n'ont évidement pas aidé les Rouches à garder leurs filets inviolés. Cette friabilité lancinante s'explique aussi par l'absence de patron dans l'équipe quand ceux-ci sont censés redresser la barre d'un bateau qui tangue. Adrien Trebel n'a jamais été capable d'enfiler ce rôle. Si sa première saison à Sclessin fut très réussie, la suite n'allait plus jamais être du même acabit. Et durant les derniers mois, la situation s'est profondément détériorée. Le joueur est parvenu à agacer supporters, dirigeants, coaches et même coéquipiers. Trebel n'en a jamais imposé dans le vestiaire, et s'était emparé du brassard un peu par défaut suite au départ de Jelle Van Damme. Aujourd'hui que ce soit pour le joueur, son entourage ou la direction, les regrets de ne pas avoir accepté cet été les offres venues de Guangzhou (Chine) ou d'Al-Jazira (Emirats Arabes Unis) doivent être manifestes. Car désormais, l'issue semble inéluctable. Le changement de capitanat lors du déplacement à Saint-Trond prouve que le Français a perdu tout crédit. Sa virée avec son ami Mehdi Carcela alors que tout le reste du noyau s'était donné rendez-vous au stade, au lendemain du partage face à Lokeren, pour le dîner de fin d'année l'a complètement grillé auprès de ses coéquipiers. Que ce soit sur ou en dehors des terrains, le Français n'a jamais été à la hauteur de son brassard. Ses nombreuses pertes de balles grossières, ce besoin de forcer son jeu, de tenter le geste compliqué, ont énervé plusieurs partenaires (Scholz le lui a d'ailleurs plusieurs fois fait remarquer durement à l'entraînement) qui ne comprenaient d'ailleurs pas pourquoi le Français était tant protégé d'un séjour sur le banc. A sa décharge, Jankovic ne dispose pas de nombreuses solutions de rechange puisque Birama Touré n'a jamais répondu aux attentes alors que Ibrahima Cissé et Eyong Enoh (dont le contrat arrive à échéance en juin et qui négocie avec plusieurs clubs anglais) ne sont pas non plus irréprochables depuis le début de saison. Le Standard devrait d'ailleurs partir à la recherche d'un numéro 6 cet hiver, capable d'apporter davantage de densité physique au milieu de terrain à l'image d'un Yatabaré qui, s'il n'était pas un esthète, soulageait énormément ses coéquipiers par son abattage. Par contre, Olivier Renard va une nouvelle fois devoir se montrer inventif car les finances sont limitées. D'autant que Bruno Venanzi a plusieurs fois fait passer le message à son équipe dirigeante que la priorité était de vendre avant d'acheter afin de dégraisser un noyau pro bien trop important. Le transfert de Trebel, s'il se réalise, devrait tourner désormais autour des deux millions d'euros. Une perte financière importante, puisque le club aurait pu en tirer le double cet été. Les clubs acquéreurs ne sont toutefois toujours pas légion. Après un flirt fin août, Gand devrait formuler très prochainement une offre, d'autant que Hein Vanhaezebrouck se serait déjà renseigné auprès du milieu de terrain français. Les exigences du joueur sont aussi plus mesurées qu'il y a quelques mois. Trebel réclamerait un contrat de quatre ans à des conditions comparables à celles actuelles (50.000 euros par mois). Il y a aussi le cas Matthieu Dossevi à régler. Si l'international togolais était sans conteste le meilleur joueur du Standard la saison dernière, il n'est que l'ombre de lui-même cette année. On lui reproche un manque d'implication à l'entraînement, et de s'être réservé ces dernières semaines pour arriver le plus frais possible à la CAN. Coach Jankovic, dont les discours peuvent parfois être très durs, n'a d'ailleurs pas hésité il y a quelques semaines à prendre à partie le Togolais devant tout le groupe pour le mettre en face de ses responsabilités, tout en pointant des statistiques faméliques depuis le début de saison (aucun but marqué en 14 rencontres de championnat pour seulement 4 assists). La direction liégeoise souhaite se débarrasser de plusieurs éléments inutilisés, mais qui alourdissent fortement la masse salariale. Avec en tête de liste, le cas Mohamed Yattara, qui ne joue plus depuis des lustres, mais continue à percevoir un contrat de près de 800.000 euros brut par an alors qu'il est relégué dans le noyau C. Alors que plusieurs départs sont souhaités (Arslanagic, Dompé, Badibanga, Mmaee, Touré, etc.), le Standard a débuté timidement les négociations afin de revaloriser le contrat de Ishak Belfodil, la plus belle pioche de cet été, dont les émoluments ne sont aujourd'hui que de...5.000 euros brut par mois. La non-sélection de l'Algérien pour la CAN, qui n'était à vrai dire pas demandeur, a été accueillie avec soulagement à Sclessin. Désormais, la direction s'apprête à connaître des négociations compliquées avant d'arriver à un point d'entente pour la prolongation de son contrat. Le Standard est également à la recherche d'un attaquant de pointe supplémentaire afin d'apporter davantage de concurrence à Orlando Sa, d'autant que Renaud Emond n'a pas le profil d'un titulaire pour un club comme le Standard. Daniel Van Buyten, dont on s'est souvent posé la question du rôle exact, est aujourd'hui résolument tourné vers l'Académie et les jeunes. Il ne cache d'ailleurs pas que son ambition est de faire venir plusieurs jeunes grands talents et espérer pouvoir en tirer profit sportivement mais aussi financièrement quelques années plus tard. Aujourd'hui, les dossiers visés sont d'ailleurs mieux définis alors que l'hiver dernier, Big Dan tentait encore d'attirer en prêt, sans grand espoir, Charly Musonda Junior. A l'image des derniers mercatos, le calme n'est pas près de revenir du côté de Sclessin mais cette fois, il ne faudra pas se louper : du 22 au 29 janvier, le Standard accueillera Bruges avant de se déplacer à Eupen et à Anderlecht. Une semaine décisive pour l'avenir de tout un club. PAR THOMAS BRICMONT - PHOTOS BELGAIMAGEL'ambition de Daniel Van Buyten est désormais d'attirer de jeunes grands talents à Sclessin. Mohamed Yattara ne joue plus depuis des lustres, mais continue à percevoir un contrat de près de 800.000 euros brut/an.