Louis, c'est peut-être le début d'une belle amitié. Ce sont les mots légendaires de la fin du film Casablanca (1942), qui se déroulait pendant la deuxième guerre mondiale, lorsque la France occupait le Maroc. Une histoire de passeports et de visas durant le régime de Vichy et la lutte contre les nazis, mais principalement une histoire d'amour, entre Rick (Humphrey Bogart) et Ilsa (Ingrid Bergman). Egalement une quête d'un monde meilleur, de l'autre côté de l'Atlantique. Une histoire pour laquelle le réalisateur Michael Curtiz avait évidemment beaucoup d'estime. Curtiz vivait en Hongrie et s'appelait Mihali Kertesz mais émigra dans les années 20 et américanisa son nom.
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Louis, c'est peut-être le début d'une belle amitié. Ce sont les mots légendaires de la fin du film Casablanca (1942), qui se déroulait pendant la deuxième guerre mondiale, lorsque la France occupait le Maroc. Une histoire de passeports et de visas durant le régime de Vichy et la lutte contre les nazis, mais principalement une histoire d'amour, entre Rick (Humphrey Bogart) et Ilsa (Ingrid Bergman). Egalement une quête d'un monde meilleur, de l'autre côté de l'Atlantique. Une histoire pour laquelle le réalisateur Michael Curtiz avait évidemment beaucoup d'estime. Curtiz vivait en Hongrie et s'appelait Mihali Kertesz mais émigra dans les années 20 et américanisa son nom. C'est à Casablanca que Walter Meeuws (ex-Antwerp, Gend, Malines, Lommel, Lierse et ex-sélectionneur national) a commencé une nouvelle carrière. Au début de l'année, Meeuws a conduit le Raja Casablanca de la septième à la troisième place du championnat du Maroc et l'a amené en Ligue des Champions. Fin juillet, après quelques jours dans les sommets de l'Atlas, où l'accent était surtout mis sur le physique, le Raja était en stage pour 15 jours en Europe. L'équipe s'est préparée aux Pays-Bas car le nouveau championnat ne débute qu'à la mi-septembre. D'abord à Lichtaart et ensuite à Oisterwijk. Malheureusement pour lui, le 3 août, le Raja a perdu 2-0 contre Masembe (Congo) en poules finales de la Ligue africaine. Walter Meeuws: Nous avons joué notre première rencontre contre une équipe de Banjul, en Gambie. C'est de là que provient Sillah du Club Brugeois. A domicile, nous l'avons emporté par 2-0 et, à l'extérieur, par 1-3. En huitièmes de finale, on a battu l'Etoile du Congo Brazzaville 3-0 mais chez eux, on a perdu 3-2. Maintenant, nous faisons partie des huit dernières équipes, divisées en deux groupes de quatre. Les deux premiers de chaque série vont en demi-finales et les vainqueurs jouent la finale en décembre. Comment était-ce en Gambie?Il y avait beaucoup de pression. Les jeunes jonglaient à pieds nus et les femmes étaient habillées de couleurs vives. Il n'y a pas eu de beau mouvement. Le stade était raisonnablement bon et le terrain aussi. Ceux-ci constituent souvent un problème, également au Maroc. Sauf chez nous, car nous sommes un grand club! Le terrain de l'Etoile a été posé il y a trois mois par des Chinois. Par contre, la surface sur laquelle l'équipe congolaise jouait précédemment et où nous avons dû nous entraîner, est loin d'être acceptable. Nos autres adversaires sont les champions d'Egypte et du Sénégal.Les équipes nord-africaines dominent généralement leurs adversaires...Oui, les plus fortes viennent d'Egypte, Tunisie et Maroc. Au Cameroun et au Sénégal, les bons joueurs partent beaucoup trop vite. L'Afrique du Sud connaît une rechute. Masembe a éliminé une équipe sud-africaine. Dommage! J'aurais bien voyagé là-bas. C'est très intéressant.Petits pontsC'est une équipe douée techniquement mais qui marque difficilement. J'ai des garçons qui ont une bonne frappe mais ils ne trouvent quasiment jamais le cadre. Ils tricotent toujours. Notre attaquant camerounais n'est pas mauvais. Il a même été testé par l'Union Berlin mais n'a pas reçu de contrat. Cela fait un peu penser à Zyatti de l'Antwerp. C'est un joueur spectaculaire mais son rendement est faible.Toujours la tête dans les épaules. Un petit pont pour le public. Perdre la balle ne joue aucun rôle, du moment que ça réussit. Le public a beaucoup d'admiration pour ce genre de joueurs. Inimaginable!Quatre rencontres avant la fin de la saison, le Raja Casablanca pouvait encore être champion mais perdit alors le derby contre le WAC 0-2.C'était de la folie. Près de 80.000 personnes s'étaient entassées dans le stade, qui ressemble d'ailleurs un peu au vieux Heysel. Par après, le WAC a perdu contre Agadir, qui est donc devenu champion. Au Maroc, tout le monde doit payer pour une défaite et au WAC, ce fut le coach. A cause de la victoire lors du derby et pour ce qui s'est déroulé lors de l'avant-dernière journée. J'ai pu rester après notre défaite mais trois de mes joueurs ont été suspendus. Trop d'histoires sur Casablanca, des femmes, des sorties... Dans le club, c'est fini pour eux. Un des trois joueurs, le back droit, intéressait Anderlecht il y a deux ans. Il se prenait un peu pour une vedette. Une vraie vie de débauche?En tout cas, ces joueurs jouaient peu. Pourquoi exactement, je ne sais pas. Peu d'entraîneurs restent ici. Alain Giresse n'a pas quitté Rabat, même s'il a perdu le titre contre Agadir. Et moi, j'ai aussi été conservé. Parce que j'avais pu amener mon équipe dans le dernier huit de la Ligue des Champions. Le Raja Casablanca n'avait pas réussi à se qualifier deux fois d'affilée. Mais je ne me fais aucune illusion, je sais que l'aventure peut déjà être terminée à la mi-août. Dès lors, je ne commencerai même pas le championnat. La saison passée, j'étais leur quatrième entraîneur... je dis cela en riant mais il faut bien que je m'y attende.Qui fait quoi?Un nouveau président vient juste d'être choisi. Le précédent était directeur financier de Royal Air Maroc. Le nouveau est quelqu'un avec qui on peut parler de football facilement. Il travaille encore pour boucler quelques transferts avant le début de la compétition. Tel que je le vois, dans tous les cas, nous ne sommes pas devenus plus forts. Exceptés les suspendus, un de mes garçons a été vendu à la nouvelle équipe de Bruno Metsu, en Arabie.Les footballeurs marocains lorgnent également l'Europe. De l'équipe qui a remporté la Ligue des Champions en 1997, 16 joueurs sont déjà partis. J'ai quelques bons milieux de terrain qui seraient capables d'évoluer en Belgique. Ils ont même été suivis par des clubs anglais. Ces hommes veulent tous partir, croyez-moi. Les garçons qui émigrent en Europe rentrent régulièrement au pays pour les vacances et s'entraînent avec nous. Ils seront toujours bien accueillis. Le club a besoin de l'argent de leurs transferts. Chaque année, ils doivent vendre deux joueurs pour boucler le budget, qui est quand même de trois millions d'euros. Contre le WAC, il y avait presque 70.000 spectateurs payants mais la recette atteint à peine les 170.000 euros. 45.000 places ont été vendues 80 dirhams, à peu près deux euros. éa ne fonctionne pas commercialement car ils ont perdu un gros sponsor. Johan Boskamp a fait l'éloge du talent au Maroc. Est-ce qu'il y a autant, comme il le prétend, de bons footballeurs?Techniquement oui. Si vous les laissez jongler avec une balle, c'est très impressionnant. Mais l'efficacité, c'est autre chose. En plus, leur culture ne les aide pas. Je ne dis pas que la situation est sans espoir mais elle est difficile. Selon les normes marocaines, le groupe est discipliné et poli. A Lichtaart, personne n'était avare d'éloges à l'égard des joueurs. Nos joueurs proviennent surtout des quartiers populaires. Dix parlent français et les autres arabe. Tenez-vous compte de l'islam dans la détermination des heures d'entraînement?Oui. Au début, cela vous paraît un peu étrange mais vous finissez par vous y habituer. Je me rappelle ma première rencontre contre le Stade Marocain de Rabat. Nous nous sommes arrêtés dans un restaurant à 30 kilomètres de Rabat. J'ai trouvé cela bizarre, étant donné qu'on était proche de la destination. Pour eux, l'heure de la sieste était arrivée. Ils ont tous disparu dans une petite chambre. J'ai donc eu un petit peu de temps pour boire un café.Votre staff technique est composé de Marocains.Lucien Huth, l'entraîneur des gardiens, était présent quelque temps au Maroc mais il est retourné. Je dirige des personnes très compétentes. J'emploie mon assistant pour expliquer des choses en arabe ou pour régler les petits problèmes des joueurs. éa ne finit jamais. Beaucoup de joueurs se plaignent et cherchent des excuses pour ne pas s'entraîner: famille, maladie, crise, etc. Vous devez aussi conclure chaque entraînement par un petit match sinon ils n'ont pas l'impression de s'être entraînés.Est-ce une nouvelle carrière pour vous?J'ai coaché beaucoup de clubs en Belgique mais les plus intéressants ne se sont jamais présentés. Alors, je me suis dit qu'il serait enrichissant de tenter l'aventure à l'étranger. Pour voir comment cela se passe là-bas et aller à la rencontre d'autres personnes et d'autres cultures.Etiez- vous candidat à la succession de Robert Waseige à la tête de l'équipe nationale?Absolument pas. Je me sens bien ici et je n'ai pas spécialement envie de partir. En plus, aucun autre club ne s'est annoncé. En Turquie, j'ai eu de la malchance et maintenant, je découvre l'Afrique. Le Raja est mon premier grand club et c'est aussi quelque chose d'autre. Ici, la vie est très agréable. Il y a d'excellents restaurants et je suis à dix minutes de la mer. Si vous obtenez de bons résultats, on vous traite comme un roi. Les gens sont très amicaux et serviables. Les désavantages de la vie en Belgique n'existent pas ici. C'est par contre une société d'hommes. Ces derniers boivent un café sur une terrasse pendant que les femmes travaillent...Avez-vous vu le film Casablanca?(Il rit) Non pas encore. par Peter T'Kint"Les désavantages de la vie en Belgique n'existent pas ici"