Bienvenue ! " Sur une terrasse des polders baignée de soleil et balayée par le vent, Timmy Simons est tout heureux lorsque Tom De Sutter, autre joueur de retour au bercail, le prend par l'épaule. " Je suis content d'être ici. Content de te voir, aussi ! Ça faisait longtemps. "
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Bienvenue ! " Sur une terrasse des polders baignée de soleil et balayée par le vent, Timmy Simons est tout heureux lorsque Tom De Sutter, autre joueur de retour au bercail, le prend par l'épaule. " Je suis content d'être ici. Content de te voir, aussi ! Ça faisait longtemps. " Timmy Simons : Pas à cet âge-ci. Mais j'avais toujours espéré revenir un jour ici, pendant ou après ma carrière, dans une autre fonction. Il y a toujours eu de l'intérêt pour moi, pas seulement de Belgique mais aussi de l'étranger. Mais quand Nuremberg disait njet, ça ne valait même pas la peine de discuter. Cette fois-ci, par contre, les Allemands m'ont autorisé à entamer les discussions. Le Club s'est également montré très concret en ce qui concerne mon après-carrière et, là, contrairement aux autres fois, Nuremberg ne pouvait pas s'aligner. J'ai toujours eu pour principe de ne commencer à discuter que si Nuremberg m'en donnait l'autorisation. Au cours de ma carrière, il m'est arrivé de n'apprendre que plus tard qu'un club s'était intéressé à moi ou avait même fait une offre. Les clubs ont toujours apprécié que j'agisse de la sorte. J'ai quitté Bruges alors que j'avais déjà plus de 28 ans. A cet âge-là, on ne pense plus qu'un grand club mettra autant d'argent pour vous transférer. Encore moins quand on est médian défensif et qu'on sait qu'on ne rapportera sans doute plus rien puisque, au terme de mon contrat de quatre ans, j'aurais eu 32 ans. Et c'est exactement ce qui s'est passé lorsque, alors qu'il me restait une année de contrat au PSV, Nuremberg a voulu m'enrôler. Pourquoi ? Je sais ce que je vaux et j'ai des objectifs. Au cours de ma dernière année au PSV, je me suis mis à songer à ce que je pourrais faire après ma carrière. J'ai donc exploré d'autres pistes, notamment dans l'immobilier. Depuis quatre ans et demi, j'ai mon entreprise et il y a un an et demi, j'ai acheté des actions dans une agence immobilière. Nous avons dix agences dans toute la Belgique et nous avons l'intention de nous établir à la Côte. J'ai aussi lancé quelque chose en Allemagne. Au PSV, déjà, je me disais que ce serait peut-être ma dernière saison. Je pensais encore jouer un an puis entrer dans le staff technique ou dans la cellule sportive. C'est pour cela que je ne m'attendais pas du tout à la proposition de Nuremberg. Mais elle m'a permis de prolonger ma carrière de quatre ou cinq ans. En Allemagne, j'ai suivi des cours d'agent immobilier à distance. Et je compte bien faire la même chose en Belgique. Je veux constamment me recycler. Je ne pense pas qu'à 36 ans, je n'ai plus rien à apprendre. Même pas comme joueur car chaque entraîneur apporte de nouvelles idées ou des nuances. Mais pour en revenir à ma poignée de main... (il rit). Elle a toujours été ferme. Je connais mes qualités et je ne suis pas quelqu'un qui fait beaucoup de bruit. Mais ce n'est pas parce que je ne fais pas de blabla que je n'ai pas d'avis. Je prends toujours mes responsabilités. Non. J'ai simplement d'autres intérêts dans la vie qu'une belle voiture. Outre le football, je me passionne pour l'immobilier. J'ai une belle voiture mais c'est pour ma famille. Je suis très fonctionnel. J'aime boire un verre de vin et au restaurant, il m'arrive de commander un extra mais les gens ne le voient pas. Bah, je n'ai pas d'explication. Quand un entraîneur estime qu'il a besoin d'un autre type de joueur à votre place, vous ne pouvez rien y faire. Même si, par le passé, vos qualités semblaient suffire. Il faut l'accepter, même si c'est difficile. Cela ne veut pas dire qu'il faut laisser tomber les bras et ne plus montrer le meilleur de soi-même. Je suis toujours vivant. Je n'en sais rien. Il voulait autre chose à ce poste et il y a intronisé Engelaar et Afellay. Des joueurs plus techniques et qui sortent davantage de leur position. (Il rit) Je la travaille, sans quoi ce sera de pire en pire. Non. Je sais parfaitement ce dont j'ai besoin et ce à quoi je dois faire attention. Quand je vois mes statistiques en Allemagne... Dans un rôle de tour de contrôle. Je devais stabiliser l'équipe et veiller à conserver l'organisation, ce qui avait posé problème au cours des saisons précédentes. Ce sera mon rôle au Club aussi. Contrôler, parler, diriger... Médian défensif. Je pense que l'entraîneur me considère davantage comme un médian que comme un défenseur. Je ne vois pas les choses de cette façon. C'est un complément à mon rôle de joueur. Avoir l'occasion d'engager quelqu'un dont on sait qu'il remplira son rôle sur le terrain mais qu'il apportera encore un plus en dehors, c'est tout de même bien, non ? Je n'en sais rien. J'ai suivi ça de loin. Le passé ne m'intéresse pas. Et ce que nous avons réalisé il y a huit ans ne garantit rien non plus. C'est bien de rappeler des gens qui aiment le Club et qui ont obtenu des résultats par le passé, comme Philippe (Clement, ndlr). Cela signifie qu'on veut conserver l'âme du club. Cela ne marchera pas du jour au lendemain mais l'intention est présente et rien que cela, ça vaut de l'or. Le fait de se montrer positif peut apporter le pourcentage qui fait la différence dans un match. Comme je l'ai dit : j'ai suivi tout ça de loin. Et les bruits de couloir ne m'intéressent pas. Mon objectif, c'est de gagner le prochain match. Ça, c'est le plus important. Je sais que ça fait cliché mais commençons par cela. Il faut d'abord avoir un peu de chance, ne pas se blesser gravement. Et se montrer exigeant envers soi-même. Se fixer des objectifs et faire des sacrifices pour les atteindre. (il interrompt) Obsédé, c'est exagéré. Disons que j'y attache de l'importance, que je vis en fonction de lui. Je dors beaucoup, je bois beaucoup d'eau, je mange beaucoup de pâtes. Des choses normales pour un sportif. Il faut faire des sacrifices, s'accorder une heure trente de sieste même quand les enfants veulent jouer. Les gens ne voient pas cela. La vie d'un joueur, ça ne se limite pas à une heure trente de match par semaine. Les choses n'arrivent pas toutes seules. Demandez à ces gars si ça m'a dérangé. Chacun se donne pour son métier à sa façon. Parfois, on n'est pas d'accord mais il n'y a rien de mal fait. Je pense quand même que, quand j'ai un problème, j'ai le droit d'en parler. Et eux peuvent le faire aussi. Chacun a son avis et il faut le respecter. Je n'ai aucun problème avec ces gars-là et je m'entends très bien avec Vincent. Il a évolué aussi. Et quand je repense à l'époque où j'avais dix-huit, dix-neuf ans, je me dis que nous n'étions pas si différents (il rit). N'oubliez pas que j'ai tout vécu, mais de façon mesurée. La sagesse, ça vient avec le temps. Dans mon cas aussi. Je prends du plaisir à m'entraîner avec ces gars-là. Ils sont tellement bons, ils ont tellement de qualités : c'est phé-no-mé-nal ! Certains sont jaloux mais moi, pas du tout. Mon rôle est tout simplement différent. Je suis un stabilisateur. Je dois veiller à ce que les objectifs soient atteints et à tirer la charrue. Je n'en dirai pas davantage car cela m'obligerait à entrer dans des détails et je n'en ai pas l'intention. Ce qui se dit au sein d'un groupe ou d'un vestiaire ne doit pas filtrer. Mais le fait que je sois encore là signifie que le groupe m'accepte dans mon rôle. S'il y avait eu des conflits, comme on l'a parfois laissé entendre, cela n'aurait pas duré longtemps. Il faut bien se dire que tout cela est arrivé en fin de carrière. Si c'était arrivé au début, cela m'aurait posé problème. Maintenant, je peux comprendre. J'ai toujours prétendu qu'Advocaat était l'homme qu'il fallait à ce moment-là et j'en reste convaincu. Il nous a beaucoup appris et le fait que j'aie joué ou pas n'y change rien. C'était un étranger et il se foutait de toutes nos préoccupations : les problèmes linguistiques, l'âge des joueurs... Seul le talent l'intéressait. Il avait des objectifs et tout le monde devait s'y plier. Nous en tirons toujours les bénéfices aujourd'hui. Chapeau à la fédération qui l'a compris et qui a investi dans les moyens nécessaires. Pourquoi pas ? Ce fut dur mais chaque entraîneur a le droit d'avoir un avis. Devais-je pleurnicher ? C'était la même chose qu'avec FredRutten : quand quelqu'un a une idée différente du profil qu'il veut pour un poste, il n'y a pas à discuter. Par contre, j'ai toujours dit que c'était à moi de déterminer quand je m'en irais et que je serais prêt à l'accepter. J'en suis arrivé à un moment où on sent quand les choses commencent à devenir difficiles. Et je ne l'ai pas encore senti. Qu'un joueur doit être très flexible. Au cours de ma dernière année au Club, nous avions acheté un terrain dans les environs en nous disant que nous allions rester ici et que nous allions construire. Trois mois plus tard, je signais au PSV. Et là, pareil ! Après la troisième saison, nous achetons un terrain à Mol, nous construisons et Nuremberg se présente. Là, je lance mon entreprise et la situation change à nouveau. C'était une possibilité, en effet. Pourquoi pas ? En fait, cela aurait dépendu des enfants. S'ils avaient dit qu'ils se sentaient bien là-bas, nous n'aurions éprouvé aucune difficulté à rester. Mais je dois ajouter que quand je leur ai dit que nous allions rentrer, ils ont sauté de joie. J'aurais dû filmer leur réaction. C'est d'ailleurs ce qui nous a décidés. Il est toujours sur papier et nous devons voir ce que nous allons faire car en football, tout est fluctuant. (Il rit). Notre intention, c'est de nous fixer ici. Il y a bien un accord avec le PSV mais il n'est pas aussi concret que celui avec le Club. Il faut tout de même assurer ses arrières. C'est pourquoi j'ai lancé quelque chose il y a quatre ans. Dès lors, si je me lance dans un projet, ça doit être quelque chose de bien, animé d'une bonne philosophie. C'est ce que j'ai trouvé ici. Et si ça ne va pas, je peux toujours suivre ma route. J'ai un avantage : je ne dépends pas du football. Le fait qu'on me dise que je suis resté moi-même et que je sois naturel. J'ai toujours communiqué de façon très ouverte. Quand j'ai un problème, j'essaye de le régler en interne. Et si ça sort, la fuite ne vient pas de moi. On peut alors dire que je suis "fade" ou que je n'ai pas d'avis mais je pourrais aussi écrire un bouquin. (il rit). PAR JAN HAUSPIE - IMAGES: KOEN BAUTERS" Advocaat était le bon choix au bon moment et le fait que j'aie joué ou pas n'y change rien. J'en reste convaincu. " " Quand je repense à l'époque où j'avais dix-huit ans, je me dis que Kompany et moi n'étions pas si différents (il rit). "