" Je ne suis pas d'accord avec ceux qui s'élèvent contre la vague d'arrivées des entraîneurs étrangers en D1. C'est un combat d'arrière-garde, un refus de la concurrence, de la confrontation des idées et du progrès. Un repli sur soi serait nocif pour le football belge, la négation de tout ce que des coaches comme André Riou,Ernst Happel,PierreSinibaldi, Tomislav Ivic, Michel Pavic, René Hauss et, Aad de Mos, entre autres, nous ont apporté. Les entraîneurs belges ont désormais un syndicat, présidé par JackyMathijssen : c'est u...

" Je ne suis pas d'accord avec ceux qui s'élèvent contre la vague d'arrivées des entraîneurs étrangers en D1. C'est un combat d'arrière-garde, un refus de la concurrence, de la confrontation des idées et du progrès. Un repli sur soi serait nocif pour le football belge, la négation de tout ce que des coaches comme André Riou,Ernst Happel,PierreSinibaldi, Tomislav Ivic, Michel Pavic, René Hauss et, Aad de Mos, entre autres, nous ont apporté. Les entraîneurs belges ont désormais un syndicat, présidé par JackyMathijssen : c'est une bonne chose, même s'ils ont perdu près de 30 ans. En 1985, Robert Waseige, Georges Leekens, Urbain Haesaert et René Taelman avaient lancé une première association professionnelle. Elle a vivoté avant de disparaître par manque de temps et, peut-être aussi, de compréhension de la fédération et des clubs. A cette époque, j'aurais bien eu besoin du soutien d'un syndicat belge structuré. Entraîneur de Lille depuis 1984, je menais, avec mon club, un combat farouche contre l'Unecatef, présidée par Guy Roux. Je suis le premier à reconnaître que cette union professionnelle abat un gros boulot : elle forme bien ses coaches, elle les représente à la Fédération Française de Football, elle en parle dans ses réseaux à l'étranger, leur trouve du travail, les protège, etc... Mais dès 1984, l'Unecatef s'est élevée contre mon arrivée au Losc en estimant qu'il n'y avait pas équivalence des diplômes. Lancée par Bill Gormlie, l'Ecole des entraîneurs du Heysel n'était pas encore aussi bien organisée que de nos jours. Toujours est-il que l'Unecatef intenta un procès en justice. C'était bizarre dans la mesure où, pendant ce temps-là, j'ai pu assister à des séminaires des coaches français. J'ai pu compter sur l'amitié et le soutien de Michel Hidalgo et d'ArsèneWenger. On m'invita un jour à prendre la parole et j'ai été applaudi à la fin de mon intervention. Lille et son directeur technique, Charlie Samoy, m'ont aidé : cette action en justice a coûté de l'argent. En 1986, le Tribunal correctionnel de Lille estima que l'Unecatef ne pouvait pas m'exclure sans possibilité de recours. La justice française fit examiner le problème par la Cour de justice des communautés européennes de Luxembourg, qui m'a donné entièrement raison le 15 octobre 1987. L'Unecatef avait tort de s'opposer à la libre circulation des travailleurs d'un des pays membres de la CE. Cet arrêt fait désormais jurisprudence et a été repris dans un ouvrage de Michel Pautot édité au PUS, les Presses Universitaires du Sport. Mon combat contre l'intransigeance d'un autre âge de Guy Roux aura servi à quelque chose. " PROPOS RECUEILLIS PAR PIERRE BILIC