M atch 1 propose, chaque semaine, un sondage d'opinion à ses téléspectateurs. Récemment, la question concernait le retour ou non d' Emile Mpenza en équipe nationale. A mon grand étonnement, Emile fut loin de faire l'unanimité. Bien sûr, pareil sondage n'a qu'une valeur relative mais il reflétait néanmoins la perception émotionnelle du public à l'égard d'Emile. Un agacement passager sans doute provoqué par son refus de jouer avec les Diables ! Même s'il n'est pas le premier à avoir snobé la sélection nationale û PaulVan Himst, EnzoScifo et MarcWilmots l'ont précédé dans une telle décision û certains supporters interprètent ce comportement comme du caprice.
...

M atch 1 propose, chaque semaine, un sondage d'opinion à ses téléspectateurs. Récemment, la question concernait le retour ou non d' Emile Mpenza en équipe nationale. A mon grand étonnement, Emile fut loin de faire l'unanimité. Bien sûr, pareil sondage n'a qu'une valeur relative mais il reflétait néanmoins la perception émotionnelle du public à l'égard d'Emile. Un agacement passager sans doute provoqué par son refus de jouer avec les Diables ! Même s'il n'est pas le premier à avoir snobé la sélection nationale û PaulVan Himst, EnzoScifo et MarcWilmots l'ont précédé dans une telle décision û certains supporters interprètent ce comportement comme du caprice. En réalité c'est moins simpliste. Emile est quelqu'un de fragile donc d'influençable. Il n'a pas eu, selon moi, la force mentale ni la maturité nécessaire pour supporter une présence sur le banc dans la rencontre qui nous opposait en avril dernier à l'Allemagne. Sans doute estimait-il, à juste titre, qu'il était par sa vitesse l'attaquant incontournable pour exploiter les espaces qu'offre généralement le système allemand, Luigi Pieroni étant lui un homme des 16 mètres. Vivre cette rencontre contre " son pays d'adoption " sur le banc avait, de son point de vue, quelque chose de psychologiquement insoutenable et humiliant. Ajoutez-y parallèlement les attaques répétées de la presse flamande par rapport aux incidents de Gand lors de la rencontre avec le Standard... L'amalgame communautaire était inévitable et Emile décida, sous prétexte de se ressourcer, de punir tout le monde, en se mettant en retrait le temps de digérer sa blessure d'amour-propre. Attitude que je ne cautionne pas mais que je peux comprendre. Quand un enfant boude, il faut que ses parents l'aident à sortir de son entêtement et de son isolement. Emile avait besoin d'une telle démarche et Aimé Anthuenis a eu la bonne idée de la faire ! Emile y a été sensible car elle flattait sa fierté. La nécessité aussi de se sentir désiré ! Plus que tout autre, Emile a besoin de repères et de pères û de substitution û pour avancer dans l'existence : Marc Wilmots, Luciano D'Onofrio et maître Laurent Denis, son avocat, l'ont certainement amené à réfléchir et à infléchir une décision prise sous le coup de la déception. Il fallait d'abord qu'Emile prenne conscience qu'il avait jusqu'à présent raté tous les grands rendez-vous. Il n'avait joué qu'une demi-heure en 98 en France ! En 2000, l'EURO belge se clôtura au premier tour. En 2002, forfait au Japon pour cause de blessure. En 2004 pas de qualification à l'EURO portugais. Le Mondial de 2006 en Allemagne est donc l'occasion ou jamais de commencer une carrière internationale ! Il aura déjà 27 ans si, par bonheur, on parvenait encore à se qualifier. Et dans cette perspective, Emile peut nous apporter beaucoup. Dévoreur d'espaces, il peut désormais s'imposer autrement que par sa seule vitesse : il a amélioré sa détente et sa capacité de conserver le ballon dos au but. Il doit encore parfaire la variété de ses trajectoires mais face au but, il a gagné en calme et lucidité. Son avocat et confident, Maître Denis, le surnomme affectueusement " mon ami le pirate ", dans la mesure où, éduqué très sévèrement, il a développé une sorte de rejet pour toutes les formes de contraintes au point de se fabriquer, au quotidien, sa propre morale et ses principes de vie. D'où ses comportements parfois atypiques. Je suis tenté de dire qu'il serait temps de grandir. Et pour cela, la première condition serait d'avoir pour les autres le respect qu'on réclame pour soi-même. Quand j'apprends qu'une équipe de Be-tv se déplace à Hambourg pour le rencontrer quelques minutes, avec son accord préalable, et qu'une fois sur place, Emile brille par son absence, je me dis que le pirate a une fois de plus eu raison du pro ! Cela étant, mon cher Emile, je serais tout heureux de te voir inscrire le but de la victoire contre la Serbie !npar André RemyéMILE MPENZA peut désormais s'imposer autrement que par sa seule vitesse