Au cours de la trêve hivernale, le président du matricule 49, Erik De Prins, fait ses comptes. Et mesure que pour obtenir la licence, il se doit de trouver 1,115 million d'? destinés à remettre les compteurs à zéro pour ce qui concerne la sécurité sociale et la caisse de pension des joueurs. Depuis son arrivée à la rue Malis, durant l'été 1998, le Bruxellois y était allé à plus d'une reprise de sa poche pour combler les trous. Mais après avoir injecté de sa propre cassette près de 2,5 millions d'? dans la trésorerie des Rouge-Blanc-Noir, il estime avoir suffisamment donné et se met en quête d'investisseurs. Une entreprise qui se solde a priori par un échec. Mais la délivrance survient quand même, pour lui, par l'intermédiaire de la société Sportico et de l'un de ses membres, Patrick De Cock.
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Au cours de la trêve hivernale, le président du matricule 49, Erik De Prins, fait ses comptes. Et mesure que pour obtenir la licence, il se doit de trouver 1,115 million d'? destinés à remettre les compteurs à zéro pour ce qui concerne la sécurité sociale et la caisse de pension des joueurs. Depuis son arrivée à la rue Malis, durant l'été 1998, le Bruxellois y était allé à plus d'une reprise de sa poche pour combler les trous. Mais après avoir injecté de sa propre cassette près de 2,5 millions d'? dans la trésorerie des Rouge-Blanc-Noir, il estime avoir suffisamment donné et se met en quête d'investisseurs. Une entreprise qui se solde a priori par un échec. Mais la délivrance survient quand même, pour lui, par l'intermédiaire de la société Sportico et de l'un de ses membres, Patrick De Cock. Celui-ci n'est pas un inconnu dans le monde du football. Fin 2000, il s'était précipité au chevet de l'Eendracht Alost, qui n'en menait pas large à ce moment. Avec lui, le club flandrien réussira à assurer son maintien en D1, et à entamer la campagne actuelle grâce à des comptes remis complètement à flot. Sous la houlette de Manu Ferrera, les Noir et Blanc surprennent même, au départ de la saison, en raflant quelque 16 points sur les 18 premiers mis en jeu. C'est d'ailleurs en leader, conjointement avec le FC Bruges, que le club alostois accueille dans ses installations le RSCA pour le compte de la septième journée. La suite est moins glorieuse pour le manager alostois : condamné à un an de prison ainsi qu'à une amende de 495 ? pour escroquerie et abus de confiance, il est démis de ses fonctions. Son séjour derrière les barreaux se limite finalement à cinq jours seulement : victime d'une thrombose qui le prive d'une partie de ses facultés visuelles, il est finalement libéré. Factures non payées et chèques sans provisionPatrick De Cock n'en était pas, à cette occasion, à sa première dans les mondes sportif et juridique. Auparavant, il avait déjà sévi dans le basket : au BC Gand d'abord, puis à l'Okapi Alost. Deux clubs qui sont totalement rayés de la carte à présent. Sa première implication à Gand remonte au beau milieu des années '80. Pour avoir eu les yeux plus grands que le ventre, il avait alors laissé le club exsangue et était parti sans demander son reste. Sa désertion ne l'empêcha quand même pas d'être à nouveau accueilli à bras ouverts dans le même club en 1999, à l'initiative de l'ancien coach gantois Georges Vanhuffel. "Il me téléphona un jour en me disant qu'il avait trouvé une femme formidable et qu'il voulait repartir du bon pied" observe ce dernier. "Je l'ai cru car il n'y a sans doute pas plus persuasif que lui au monde. Il nourrissait des projets ambitieux pour le club, tant au niveau de l'équipe-fanion que des jeunes. L'homme promettait aussi d'attirer de nouveaux sponsors, susceptibles d'augmenter sensiblement nos moyens à ce niveau. Au départ de la campagne 1999-2000, il avait organisé une somptueuse conférence de presse au château de Laarne.Après coup, les rappels fusèrent car la note ne fut jamais totalement acquittée. En cours de saison, ce devait être du pareil au même. Chaque rencontre était placée sous le signe d'une gigantesque fête avec attractions, chants et danse. Mais très vite la direction du club fut confrontée à des factures non payées ainsi qu'à des chèques sans provision. A la fin, nous croulions sous les lettres d'huissiers".Au terme de l'année 1999, Patrick De Cock quitte le Brother Gand. Un peu plus tard, il se retrouve à Okapi Alost. Pieter Loridon, ex-joueur de l'Okapi Alost, actif à Anvers à présent : "C'est sûr qu'il y a beaucoup de choses à dire à propos de Patrick De Cock. Mais, j'ai eu ma dose avec lui. A deux reprises j'ai été entendu par le Parquet de Termonde concernant ses agissements. Je ne veux plus entendre parler de lui. J'ai la chance d'être dans un très chouette club maintenant, animé par de bons responsables sportifs. Je ne veux plus remuer le passé, mais essayez auprès d'un de mes anciens partenaires de cette époque. Comme Steve Ibens par exemple. Il sera sûrement plus loquace". "Pendant ma première saison à l'Okapi Alost, en 1998-99, le club était sans cesse en proie à des problèmes financiers" confie l'actuel basketteur louvaniste. "Ces ennuis ont duré jusqu'à ce que Patrick De Cock fasse son apparition au sein du comité directeur au cours de la campagne suivante. Dès son arrivée, les joueurs furent toujours payés à heure et à temps, ce qui ne s'était guère vérifié précédemment. Un ou deux mois de retard en matière de salaires, ce n'était pas rare dans l'ancienne structure. Pour bon nombre de mes coéquipiers et moi-même, la venue de Patrick De Cock fut considérée comme un bienfait, dans la mesure où nous savions enfin à quoi nous en tenir sur le plan financier. Les conséquences se firent immédiatement sentir au niveau des résultats, puisque l'Okapi Alost vécut alors, durant quelques semaines, son véritable âge d'or en tête de la hiérarchie. Nous étions tous aux anges mais la suite s'avéra nettement moins glorieuse".Responsable de la disparition d'Okapi AlostPour ne pas avoir honoré ses taxes fédérales, le club rétrograda de la première à la quatrième place au classement général en raison des points concédés sur le tapis vert. Dans la foulée, Patrick De Cock, lui, perdit progressivement de sa superbe auprès des joueurs. "Nous lui en voulions de nous avoir privés de ce qui nous était dû, tant dans les domaines sportifs que financiers, à cause d'engagements non tenus vis-à-vis de la fédération. Mais autant il était omniprésent à ses débuts au club, autant il était devenu subitement discret. J'ai cru comprendre que c'était toujours la même rengaine avec lui : il est toujours des plus voyants quand tout va bien mais il se terre et finit par disparaître quand tout va mal. Et c'est bel et bien ce qui s'est produit à l'Okapi Alost. Si ce club n'existe plus aujourd'hui, c'est la faute de Patrick De Cock. Ce qui est incroyable, c'est que cet homme ait pu rebondir dans la même ville, mais à l'Eendracht, dans le football cette fois. Honnêtement, cela me dépasse".Manu Ferrera, qui a travaillé sous la coupe de Patrick De Cock au stade Pierre Cornélis, se veut nettement moins corrosif que nos deux allocutaires précédents dans le commentaire du personnage : "Avec très peu de moyens, il est parvenu à faire de grandes choses. En premier lieu, il a assuré, la saison passée, la survie du club alors que celui-ci filait du très mauvais coton à un moment donné. Cette année, faute de moyens financiers, Patrick De Cock a quand même su attirer sept joueurs sans grever le budget du club du moindre franc car ils étaient tous en fin de contrat : Marcos Lucas, Karim Bridji, Kaydar Seydi, René Klomp, Abdellah Cherji, Gideon Imagbudi et Yannick Vervalle. Des noms peu ronflants, chacun en conviendra. Et pourtant le club était classé deuxième au moment où la direction décida de se passer de ses services en raison de ses démêlés avec la justice". "Patrick De Cock a sûrement fait des fautes dans sa vie" observe Manu Ferrera. "Mais à d'autres échelons du football belge et même dans les plus grands clubs, certains ne sont pas à l'abri de tout reproche non plus. S'ils ont pu se réhabiliter, pourquoi n'accorderait-on pas, non plus, cette chance à Patrick De Cock? L'homme que j'ai connu à Alost était en tout cas soucieux comme nul autre du club et de ses joueurs. Il n'hésitait jamais à payer de sa personne. Avant notre match de gala face à l'Omonia Nicosie, en août passé, c'est lui-même qui avait tondu la pelouse à deux heures du matin et nettoyé la tribune debout au Karcher, le jour-même, suite aux désistements de dernière minute de trois ouvriers communaux. C'est un volcan : il bouillonne à la fois d'entrain et d'idées. Au risque de heurter certaines personnes, j'estime que le RWDM a fait un excellent choix avec lui". "Ce n'est pas nous qui sommes véritablement allés à la rencontre de Patrick De Cock, mais lui-même qui s'est manifesté indirectement chez nous" nuance Francis Schoonjans, l'un des administrateurs du RWDM aux côtés du président Erik De Prins et Charles Simar. "De fait, la firme Sportico a pris contact avec nous afin de trouver une solution à nos problèmes financiers. Après avoir donné le feu vert, nous avons appris que le manager de crise détaché à Molenbeek serait Patrick De Cock. Nous sommes au courant de son passé. Nous savons aussi qu'à l'Eendracht Alost, sept administrateurs ont dû y aller de leur poche pour rassembler l'argent nécessaire au sauvetage du club. Ici, nous avons d'emblée mis les points sur les i en disant que la direction avait suffisamment investi et que les nouveaux moyens financiers devaient être trouvés ailleurs. Patrick De Cock l'a bien compris. La balle est dans son camp, et plus dans le nôtre à présent". par Bruno Govers et Geert Foutré,"Il disparaît quand tout va mal" (Steve Ibens) "Le RWDM a fait un bon choix" (Manu Ferrera)