Comme on pouvait logiquement s'y attendre, Anderlecht a conservé face à Beveren son brevet d'invincibilité depuis le début de la saison. Même si, contrairement à ses trois premières sorties, à l'occasion desquelles il avait planté à chaque fois autant de buts, il a dû se contenter à présent du strict minimum. Un goal signé Ivica Mornar, dont le retour en grâce ne passe décidément pas inaperçu, lui qui s'était déjà signalé en offrant tous les ballons décisifs à ses partenaires lors de la venue de St-Trond au Parc Astrid, une semaine plus tôt.
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Comme on pouvait logiquement s'y attendre, Anderlecht a conservé face à Beveren son brevet d'invincibilité depuis le début de la saison. Même si, contrairement à ses trois premières sorties, à l'occasion desquelles il avait planté à chaque fois autant de buts, il a dû se contenter à présent du strict minimum. Un goal signé Ivica Mornar, dont le retour en grâce ne passe décidément pas inaperçu, lui qui s'était déjà signalé en offrant tous les ballons décisifs à ses partenaires lors de la venue de St-Trond au Parc Astrid, une semaine plus tôt. Ivica Mornar : Ce but, je le dédie à tous mes coéquipiers de l'équipe Réserve. Ils m'ont dit que je leur avais manqué face aux doublures des Trudonnaires. En guise de boutade, j'ai rétorqué que je ne comptais pas les revoir de sitôt (il rit). Je suis vraiment trop heureux de ce qui m'arrive pour le moment et je n'ai qu'une seule envie : prolonger ce plaisir le plus longtemps possible. C'est le moins que l'on puisse dire, puisque je ne faisais nullement partie des plans de bataille de l'entraîneur. Depuis la reprise des entraînements, j'ai toutefois eu à c£ur de prouver journellement à Hugo Broos que je valais davantage que la place de quatrième attaquant qu'il m'avait réservée dans sa hiérarchie personnelle derrière Nenad Jestrovic, Aruna Dindane et Ki-Hyeon Seol. Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, j'ai finalement pu profiter des indisponibilités conjointes de Jestro et de Martin Kolar, pour cause de blessures, afin de me refaire une petite place au soleil. C'est la vie. Il y a tout juste un an, la situation était foncièrement différente dans la mesure où trois joueurs meublaient alors la division offensive, en lieu et place de deux à présent. En outre, Aruna Dindane purgeait une très lourde suspension, due à son expulsion quelques semaines plus tôt face à Beveren. Assuré d'une place de titulaire sur le flanc droit, où je jouais sans réelle concurrence, je n'avais sûrement pas démérité à l'occasion des premiers rendez-vous du calendrier. Avec un total de cinq buts en six rencontres, je faisais même figure de meilleur buteur du Sporting. J'étais loin de me douter, à ce moment, que ma production s'arrêterait pour ainsi dire là. Semaine après semaine, je ressentais une gêne de plus en plus importante à hauteur de cette articulation. Mais elle ne m'avait cependant pas empêché de m'illustrer sur le terrain en cette entame de compétition. Mais lors de l'échauffement à Charleroi, pour le compte de la septième journée, il fallut bien que je me rende à l'évidence : je ne pouvais plus continuer sans aggraver le mal. Après coup, le coach m'en a voulu d'avoir entretenu le suspense jusqu'au bout ce soir-là. D'après lui, j'aurais dû jouer franc jeu beaucoup plus tôt, afin qu'il sût à quoi s'en tenir avec Sherjill Mac Donald, qui me remplaça au pied levé au Mambour. Avec le recul, je me dis que c'est sur la pelouse des Zèbres que la relation entre Hugo Broos et moi s'est pour la première fois altérée. Je n'ai pas vraiment apprécié qu'il me pousse vers la porte de sortie, en fin de saison, en prétextant que je m'accommodais très mal d'une place sur le banc. Comme tout footballeur qui se respecte, j'accepte pareille mesure pourvu qu'elle soit fondée : lorsqu'un joueur relève de blessure, par exemple, ou tout simplement, quand il faut s'incliner devant meilleur que soi. J'ai été confronté à ces deux cas, à divers moments de ma carrière, et je m'y suis toujours plié de bonne grâce. En revanche, j'accepte beaucoup plus difficilement de ne pas être traité sur un même pied d'égalité que d'autres pour des raisons qui échappent à mon entendement. Et c'était mon sentiment la saison passée, justement. Par moments, j'avais l'impression que certains bénéficiaient d'un plus grand crédit que moi. Même s'ils ne jouaient pas dans le même couloir. L'équipe ne joue pas différemment aujourd'hui et j'ai rang de titulaire. A défaut d'y évoluer en pointe, je suis même en mesure de lui apporter ma contribution sur le flanc droit de la ligne médiane, comme je m'y suis souvent résolu autrefois. Pour ce faire, je suis néanmoins tributaire de la bonne volonté de l'entraîneur. Voici quelques mois, ses vues étaient complètement différentes en ce qui me concerne. Aujourd'hui, par contre, je jouis d'un retour en grâce. Alors qu'au fond de moi-même, je n'ai pas changé : je suis toujours le même joueur. Avec les mêmes qualités et défauts, mais un zeste d'expérience en plus. Sans oublier un moral d'airain. Psychiquement, j'aurais peut-être accusé le coup si j'avais vécu la même situation en début de carrière. Mais à présent, je suis blindé. Il peut m'arriver n'importe quoi, je trouverai toujours les ressources pour revenir à la surface. De ce point de vue-là, Moka est indestructible. Jadis, notre association n'avait pas été des plus heureuses pour la bonne et simple raison que l'Ivoirien et moi présentions des profils similaires : nous avions alors besoin d'espaces pour nous exprimer et sollicitions dès lors les ballons sur les flancs, en laissant un vide qu'aucun autre coéquipier ne comblait dans la surface de réparation adverse. A présent, c'est différent. Quand l'un d'entre nous se déporte sur la portion latérale du terrain, l'autre se rabat automatiquement vers le centre afin d'assurer une présence dans les 16 mètres. Le changement ne se limite toutefois pas à notre seule évolution en tant que joueurs. Par rapport à mes débuts ici, Anderlecht a indéniablement gagné en force de pénétration depuis la ligne médiane. Au départ, seul Walter Baseggio faisait irruption en zone de vérité. De nos jours, son exemple est imité : Ki-Hyeon Seol, Pär Zetterberg et Christian Wilhelmsson jaillissent souvent au bon moment, eux aussi. La densité offensive est beaucoup plus importante. Et je suis heureux d'y contribuer. Contrairement à Gilles De Bilde on ne m'a pas sommé de me mettre en quête d'un nouvel employeur. On ne m'a jamais tenu un même langage. La preuve : j'ai toujours pu m'entraîner avec le noyau élargi des 32 joueurs depuis le 1er juillet, même si mon temps de jeu fut beaucoup plus réduit que celui des autres durant la période de préparation. Je me suis peut-être d'autant plus appliqué, dans ce contexte, que j'avais une place à défendre en sélection. En effet, depuis qu'Otto Baric a repris en main les rênes de l'équipe nationale croate, en 2002, j'ai toujours joui d'une cote extrêmement favorable avec lui, même quand je ne faisais pas partie des priorités à Anderlecht. J'ai invariablement veillé à me sublimer, dans ces circonstances, comme ce fut le cas lors du récent match amical entre l'Angleterre et la Croatie, à la faveur duquel j'avais sauvé l'honneur pour nous : 3-1. Pour le fédéral, j'irais franchement au feu. J'ai tourné la page. Mon attitude après ma réalisation contre Beveren en dit long à ce sujet, puisque c'est vers lui que je me suis précipité à ce moment. Nous avions déjà eu une discussion franche avant le match contre les Canaris et tout s'était déjà décanté entre nous. Dans le monde du football, de toute façon, la vérité d'un jour est rarement celle du lendemain. Aussi ne sert-il à rien d'être rancunier. Hugo Broos avait peut-être des raisons de m'en vouloir et vice-versa. Nous sommes quittes. Dans un certain sens, je me fais même la réflexion que tous ces événements m'ont sans doute aguerri. Il y a un proverbe, dans ma langue, qui dit qu'il faut avoir touché le fond du trou pour apprécier la pleine lumière. Je crois que c'est vrai. Besnik Hasi n'a jamais été aussi souverain qu'à l'heure actuelle, alors qu'il y a tout juste un an, le public anderlechtois l'avait conspué comme pas permis lors du match de sinistre mémoire contre Stabaek. Moi aussi, à présent, j'ai l'impression d'être revenu plus fort qu'avant. Même si mon propre problème ne se situait pas au niveau des supporters, qui n'ont jamais marchandé leur soutien envers moi. Je les remercie, tout comme Fabio, un patron de restaurant à Bruxelles ainsi que l'entraîneur adjoint, Daniel Renders, qui n'ont jamais été à court d'encouragements à mon égard. Mon retour, c'est un peu le leur aussi. Je veux glaner enfin un prix cette saison. J'ai joué de malchance, en la matière, car depuis mon arrivée en 2001, le Sporting n'a plus jamais été champion. Je n'apprécierais vraiment pas qu'on y voit une relation de cause à effet et c'est pourquoi j'aimerais participer à la fête du 27e sacre. Je pense que le club a une belle carte à jouer dans cette optique. Ce qui m'a en tout cas frappé, à la reprise, c'est l'aspect affûté de tout le noyau. Je n'avais jamais vu Walter Baseggio et Besnik Hasi, pour ne citer qu'eux, aussi légers par exemple (il rit). Ce n'est pas un hasard s'ils survolent les débats actuellement. Il m'incombe de me rendre indispensable comme eux. Pour moi, tout est clair : s'il est acquis que je ne rattraperai jamais le temps perdu la saison passée, je veux pleinement profiter du présent. Sur tous les tableaux car, aussi incroyable qu'il n'y paraisse, je n'ai eu droit qu'à une centaine de minutes sur le terrain en Coupe d'Europe la saison passée, dont près d'un match entier contre Stabaek à domicile. C'est un mauvais souvenir que je veux gommer de ma mémoire par le biais de quelques matches fracassants en Ligue des Champions. Bruno Govers" Certains ont bénéficié d'un plus grand crédit que moi la saison passée "