Aucune ville belge ne compte autant de clubs performants au plus haut niveau: le Sporting, les Spirous en basket, la Villette en tennis de table, les Dauphines, Action 21 en futsal, etc.
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Aucune ville belge ne compte autant de clubs performants au plus haut niveau: le Sporting, les Spirous en basket, la Villette en tennis de table, les Dauphines, Action 21 en futsal, etc.Piva: "C'est assez impressionnant et cela contrebalance tout à fait l'image d'une cité gênée par ses soucis d'insécurité et de banditisme. Je venais à peine d'arriver dans mon nouveau club quand la police me réveilla en pleine nuit. On avait tenté de voler ma voiture devant mon hôtel... Depuis, j'ai appris que Charleroi est d'abord une cité sympathique où les gens adorent le sport, le dialogue".Puis il ajoute: "Le football est important à leurs yeux. Il faudrait que les Zèbres s'installent au même niveau de performance que le basket, le tennis de table ou le futsal. Ce n'est pas impossible car il y a de la qualité technique, tactique et physique dans ce groupe. Notre plus gros problème réside d'abord dans le manque de régularité. Charleroi a été bon lors de la visite de l'Antwerp puis sombra à La Louvière où nous n'avons pas aligné trois passes valables. Quand Charleroi sera capable d'être plus régulier, l'écart avec le Top 5 se réduira bien plus vite qu'on ne pourrait le penser". Piva n'a pas signé une bonne performance contre Anderlecht. Le bristol rouge de Sylla a changé le paysage tactique de l'équipe après une demi-heure de jeu. La distance s'accentua entre la ligne médiane et la division offensive (Piva et l'excellent Eduardo, en pointe, Rojas, le meilleur homme sur le terrain, plus en retrait) placée devant les cinq arrières de la phalange mauve. "Je suis un peu dans le creux pour le moment", dit le puncheur serbe. "Pour retrouver le rythme de la compétition, j'ai mis le paquet. Il me manque un peu de jus mais cela reviendra très vite. Je rigole quand on dit qu'on travaille plus en Bundesliga: ce n'est pas vrai. A Charleroi, on met le paquet. En semaine, quand je rentre à la maison, je suis fatigué et je suis au plumard avant 23 heures". "En aidant le groupe, je m'aide moi-même"Cet acquit a payé contre Anderlecht. Charleroi a tenu le coup et même inquiété les Bruxellois à dix contre onze durant une heure. Avec Piva, Enzo Scifo a enrichi ses cartes tactiques offensives. Son arsenal a de l'allure en front de bandière et il peut varier les coups grâce au trio Eduardo-Piva-Rojas. Avec eux, le coach du Mambourg met forcément la pression sur toute la défense adverse. Anderlecht craignait cette triplette car Charleroi peut jouer haut. Piva n'était pas très heureux en cédant sa place après une heure de jeu et il rentra directement au vestiaire. En fait, et il l'a finalement compris, son changement ainsi que celui de Rojas, cinq minutes plus tard, entrait dans le domaine de la gestion tactique du match. La ligne arrière pliait un peu sous le poids du travail adverse. Après la magnifique égalisation de Rojas (une tête qui répliquait au but d'ouverture de Gilles De Bilde), Eduardo loupa une balle de break, seul devant Filip De Wilde. Quand Aimé Anthuenis lança Nenad Jestrovic dans la bagarre, Enzo Scifo réagit sur le champ et, placé derrière la guérite de Charleroi, il demanda à Dante Brogno de remplacer Piva par Daniel Cavo. Il fallait aider la ligne médiane et bien que latéral droit de formation, Calvo joua dans l'axe pour repousser la pression adverse qui se manifesta d'ailleurs par un but valable de Jestrovic... annulé pour un hors-jeu qui n'existait pas. Le remplacement de Rojas fut un peu plus étonnant que celui de Piva mais l'apport d' Etchi était dicté par les mêmes impératifs de maintien du résultat. La vision d'Enzo Scifo n'était applicable qu'en entamant la match offensivement mais en gardant de la réserve défensive gérée progressivement et pas en paniquant après la stupide exclusion de Sylla. Si Scifo avait aligné d'entrée de jeu une majorité d'arrières, il aurait été battu. Il a été offensif avant de serrer la garde. Anthunenis a fait le contraire et ce nul lui barre la route du titre national et peut-être de la deuxième place car le Racing Genk s'y accroche de plus en plus."On m'avait dit que le championnat de Belgique avait perdu beaucoup de son attrait", dit Piva. "Mais après mon aventure en Allemagne, je le trouve très intéressant et passionnant. Il me permet de bien me relancer". Piva le fait via un trio ou un duo offensif: "Je m'adapte, qu'on joue en 4-4-3 ou même en 4-4-2. Je veux aider le groupe et en le faisant, je m'aide moi-même. La vérité d'un match passe par la variation. On ne peut plus attendre en pointe sans rien faire: il faut participer à tout. Il m'arrive de me replier très bas et je sais qu'Enzo Scifo apprécie ma disponibilité. Elle doit s'inscrire dans la globalité tactique de l'équipe. Quand je décroche, Eduardo doit le faire moins que moi. J'hypothèque un peu ma fraîcheur et je dois encore trouver le point de rendement idéal entre mes diverses tâches dans l'équipe. Il me serait plus facile d'attendre le bon moment en pointe mais le football moderne, c'est plus que ça et Charleroi ne peut pas se passer du travail d'un joueur. Sans compter le gardien de but, ça voudrait dire que l'équipe se priverait de 10% de son potentiel sur la pelouse: à ce niveau-là, c'est mortel, impossible".Charleroi a donc plus d'armes offensives avec Darko Pivaljevic mais restera-t-il au service des Zèbres la saison prochaine? Le problème est connu: Darko a encore un an de contrat à Cologne qui l'a loué jusqu'à la fin de la saison à Charleroi. Cologne a changé d'entraîneur. Funkel dirige la manoeuvre depuis quelques semaines mais le club est plongé jusqu'au cou dans la lutte pour le maintien. Cologne échappera difficilement à la guillotine. Est-ce que cela changera quelque chose au destin de Darko Pivaljevic? En cas de descente en D2, Cologne essayera de se défaire de quelques gros contrat. Le club rhénan a d'autant plus besoin de fonds qu'il construit un nouveau stade. Mais on imagine aussi que d'autres joueurs sont plus chers que Piva. Ce dernier pourrait rendre de gros services en D2. D'autres le suivent et envisageraient de le recruter si Cologne ne le retenait pas ou que Charleroi ne serait pas apte à s'aligner sur ses exigences financières. "J'ai envie de rester à Charleroi""Tout est possible", dit-il. "J'ai envie de rester à Charleroi. Je m'y sens très bien, c'est évident. Il y a pas mal de potentialités et les discussions futures révéleront à coup sûr les ambitions du club. On ne peut pas nier l'importance du financier mais il n'y a pas que ça dans la vie et dans une carrière. J'ai 27 ans et j'ai envie d'un palmarès. Là, je reste encore sur ma faim même si j'ai vécu de bons moments à l'Antwerp. Je n'ai pas envie d'en rester là, ce serait trop maigre. L'ambition de Charleroi dictera mon choix. Mais je ne veux pas penser aux négociations. C'est d'abord l'affaire de mon agent, Ranko Stojic. Je me concentre sur le foot et il m'a toujours bien guidé quand il le fallait. Son adjoint, Zoran Jevtic, a rencontré plusieurs fois la direction de Charleroi et tout suit son cours. Si je joue bien, il n'y aura pas de problème pour mon avenir. Je ne suis pas un rêveur. Je crois d'abord à la qualité de mon travail. J'ai confiance en moi et je veux donner cet état d'esprit à ceux qui m'entourent même si le foot, c'est la jungle. Je n'ai pas du tout peur des autres ou de mon ambition. Je l'affirme car je suis en parfaite harmonie avec mon potentiel. Je ne me prends pas pour celui que je ne suis pas. Même quand on parlait beaucoup de moi à Anvers, je n'avais pas la grosse tête. Je ne suis pas une vedette et je n'aimerais pas qu'on me prenne pour une star car cela m'éloignerait des gens. Je suis Darko, rien que Darko et je sais qu'il y a encore une vie après le football. Je l'aborderai sans problème". A Deurne, Darko Pivaljevic faisait presque partie de la jet set de la Métropole. Prestige du buteur qui, comme les poids lourds en boxe, font plus parler d'eux que tous les autres car leur instinct de tueur fait frémir ou suscite l'admiration de tous les amateurs d'émotions fortes? "C'était d'abord une légende", dit Piva. "Je ne suis jamais sorti lors des jours précédant un match. En semaine, oui, dans des endroits connus et fréquentés par de nombreux joueurs. Je n'avais rien à cacher, c'est la vie mais quand je buvais de l'eau pétillante, cela devenait du champagne pour certaines personnes. J'étais jeune. Le temps a passé. Une chose est sûre: le football est plus que jamais au centre de ma vie".Pierre Bilic, ,Dia 1"L'ambition de Charleroi dictera mon choix""Je suis Darko, rien que Darko, pas une vedette"