10 heures : stade

Réunion au stade Edmond Machtens avec des représentants du ministère de l'Intérieur. A l'agenda : le projet de construction d'une nouvelle tribune, derrière le but situé Rue Charles Malis. " C'était une dernière visite qui s'inscrivait dans le cadre de la prévention ", explique Johan Vermeersch. " Il fallait vérifier la grandeur des marches, les possibilités d'évacuation, la mise en place du service incendie, etc. Les remarques formulées ont été enregistrées. Le chantier débutera au printemps pour se terminer à la fin de l'année 2007. La nouvelle tribune sera bâtie sur cinq niveaux : deux en sous-sol, un au rez-de-chaussée et deux à l'étage. On aura 5.000 m2 de surface avec un parking de 200 voitures, une zone récréative, une zone sportive, un espace commercial et 3.000 places assises, pour une capacité totale du stade à 12.000 places. Actuellement, on a 8.500 places en extérieur et 622 places en intérieur, les business seats. Avions-nous besoin d'agrandir le stade, étant donné la faible moyenne d'assistance actuelle ? Le public, c'est un domaine qui peut se travailler. Les abonnements sont en hausse de 30 % chaque année. Actuellement, on en est à 2.500. Reste à convaincre. Contre Anderlecht, le stade affichera quasiment complet. Certains autres matches font moins de recette. Les recettes spectateurs ne représentent que 10 à 12 % du budget global, contre 30 % pour les droits TV, mais cela ne signifie pas qu'il faut rester les bras croisés ".
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Réunion au stade Edmond Machtens avec des représentants du ministère de l'Intérieur. A l'agenda : le projet de construction d'une nouvelle tribune, derrière le but situé Rue Charles Malis. " C'était une dernière visite qui s'inscrivait dans le cadre de la prévention ", explique Johan Vermeersch. " Il fallait vérifier la grandeur des marches, les possibilités d'évacuation, la mise en place du service incendie, etc. Les remarques formulées ont été enregistrées. Le chantier débutera au printemps pour se terminer à la fin de l'année 2007. La nouvelle tribune sera bâtie sur cinq niveaux : deux en sous-sol, un au rez-de-chaussée et deux à l'étage. On aura 5.000 m2 de surface avec un parking de 200 voitures, une zone récréative, une zone sportive, un espace commercial et 3.000 places assises, pour une capacité totale du stade à 12.000 places. Actuellement, on a 8.500 places en extérieur et 622 places en intérieur, les business seats. Avions-nous besoin d'agrandir le stade, étant donné la faible moyenne d'assistance actuelle ? Le public, c'est un domaine qui peut se travailler. Les abonnements sont en hausse de 30 % chaque année. Actuellement, on en est à 2.500. Reste à convaincre. Contre Anderlecht, le stade affichera quasiment complet. Certains autres matches font moins de recette. Les recettes spectateurs ne représentent que 10 à 12 % du budget global, contre 30 % pour les droits TV, mais cela ne signifie pas qu'il faut rester les bras croisés ". Vermeersch se présente à l'Union Belge où la presse l'attend : il salue tout le monde et a l'air très détendu. Il se rend directement au comité sportif, accompagné du manager du club DimitriM'Buyu, mais sans avocat. On procède d'abord à la lecture du rapport de l'arbitre ClaudeBourdouxhe. La version est correcte et il n'a rien à ajouter. L'arbitre assistant DirkGilon et le quatrième officiel RikCooleman sont également sollicités. Cooleman a averti Bourdouxhe que Vermeersch avait pénétré dans la zone neutre, Gilon a entendu le président du Brussels déclarer qu'il préférait encore déclarer forfait, plutôt qu'obtempérer à l'ordre de quitter le terrain. Les arbitres sont priés de quitter la salle et Vermeersch doit s'expliquer. Il a apporté un DVD du match : " Je n'ai échangé aucune parole avec l'arbitre. Il l'a d'ailleurs mentionné dans son rapport. Je lui ai simplement tendu ma veste... vide ! " Vermeersch fait également remarquer que DieudonnéKalukika avait simplement repoussé le ballon à l'endroit où la faute avait été commise : " Le juge de ligne se trouvait à deux mètres de la phase et n'est pas intervenu. Un tel geste ne valait pas un deuxième carton jaune dans un match très correct ". La Gantoise est également au banc des accusés, car le club était responsable du maintien de l'ordre. " Le nécessaire avait été fait ", se défend le manager MichelLouwagie, assisté du responsable de la sécurité. " L'un des stewards a même outrepassé ses prérogatives car il a eu un contact physique avec M. Vermeersch : il a essayé de le retenir pour l'empêcher de monter sur le terrain. En principe, c'est très difficile d'accéder à la zone neutre car tous les accès sont surveillés. Mais M. Vermeersch a construit cette tribune, il sait mieux que quiconque qu'un petit escalier descend de la tribune d'honneur vers le terrain ". Ce que Vermeersch confirme : " Effectivement, je connais mieux cette tribune que les Gantois eux-mêmes. Ceux-ci n'ont rien à se reprocher ". PierreHaubursin, le procureur de la fédération, donne son appréciation : " Johan Vermeersch n'était pas renseigné comme officiel sur la feuille de match, ce qui ne doit pas empêcher le comité sportif de le sanctionner sur base de l'article 7/26. Son geste me rappelle celui d'un cheikh koweitien descendu sur le terrain lors d'un match de la Coupe du Monde 1982. Il mérite d'être sévèrement sanctionné. M. Vermeersch n'a menacé l'arbitre ni verbalement ni physiquement, mais il a eu une attitude humiliante et dégradante vis-à-vis de lui. Il veut aussi déplacer le débat sur le terrain de la qualité de l'arbitrage. Il y a d'autres comités plus compétents pour s'occuper de cela. Etant donné qu'il s'était déjà rendu coupable de faits similaires en 2004 ( NDLR : ilavaitinvectivél'arbi- treJoeriVandeVeldeaprèslepremiermatchduFCBrusselsenD1, quis'étaitsoldéparunedéfaite 0-1contreGenksuite à unbutinscritdansletempsadditionnel) et qu'il avait écopé à l'époque d'une amende de 2.500 euros, je réclame le doublement de cette amende ainsi qu'une interdiction de zone neu- tre ". Après délibération, le verdict tombe : 4.000 euros d'amende (2.500 effectifs et 1.500 assortis d'un sursis jusqu'au 30 juin 2007), plus une interdiction de stade allant également jusqu'au 30 juin 2007. La Gantoise est blanchie. " Si je juge ma sanction équitable ? Là n'est pas l'essentiel ", estime Vermeersch. " 1.000, 2.000, 3.000, 4.000 euros... Quelle importance ? Il risque encore d'y avoir une sanction du ministère de l'Intérieur, en vertu de la loi football ? Et alors ? PhilippeMoureaux devrait alors donner ordre à des policiers de m'interdire l'entrée de mon stade. J'attends de voir ". Mais quelle mouche l'a-t-il donc piqué à Gand ? " Le fait que les limites de l'acceptable avaient été dépassées ", rétorque-t-il. " A mon époque, lorsque VitalLoraux tenait le sifflet, il privilégiait l'esprit. Aujourd'hui, on privilégie l'application du règlement à la lettre. Il paraît que c'est une consigne, RobertJeurissen me l'a confirmé. Le comble, c'est que Kaliluka en a été victime pour la deuxième fois. Il avait déjà dû quitter le terrain, dans des circonstances pratiquement similaires, à Sclessin. J'avais déjà failli descendre sur le terrain ce soir-là, mais je m'en étais abstenu par respect pour PeterVervecken, qui sifflait son premier match en bord de Meuse depuis l'incident avec SergioConceiçao. J'estime qu'il faut sévèrement sanctionner les gestes dangereux, mais pour des futilités, un avertissement verbal peut suffire. Si je regrette mon comportement ? Non, j'ai voulu donner un signal. Il y avait d'autres moyens de faire entendre ma voix ? Dites-moi lesquels. J'ai déjà essayé de différentes façons, on n'a toujours rien changé. L'erreur est humaine, mais, pour que les arbitres se trompent moins, donnons-leur des moyens supplémentaires. A quoi sert le quatrième officiel, si ce n'est à lever sa plaquette ? S'il avait une vidéo à sa disposition, il pourrait intervenir ". Vermeersch invite la presse à aller prendre un verre dans un café de l'Avenue Houba de Strooper. M'Buyu et Louwagie y sont déjà. La conversation part vite dans tous les sens. Surtout lorsque la silhouette du stade Roi Baudouin se profile à l'horizon. Louwagie : " C'est quand même triste que ce stade soit déjà dépassé. Le stade Jan Breydel, à Bruges, est logé à la même enseigne. Il a été agrandi pour l'Euro 2000, mais d'un point de vue commercial, il ne répond à aucun critère moderne. Les gens arrivent à l'heure du match et repartent au coup de sifflet final. Le concept idéal, c'est celui des enceintes néerlandaises et de l'Arena d'Amsterdam en particulier. On veut s'en inspirer pour le nouveau stade de Gand. Il aura 20.000 places, un restaurant, une cantine, une brasserie. Il faut du confort pour tous les gens, pas uniquement pour les VIP. Des animations seront également prévues. Il faut que les gens viennent à 18 heures, pas à 19 h 45. Je trouve aussi que la Belgique devrait avoir un stade de 40.000 places aux normes européennes. De préférence à Bruxelles. Mais j'ai bien dit un stade, pas trois ou quatre, cela n'a pas de sens. C'est le problème de la Belgique : chacun vit dans son coin. Pourquoi vouloir construire un stade de 40.000 places à Bruges, un autre à Anderlecht et un troisième à Bruxelles-Ville ? Un seul stade national pourrait suffire. Il servirait à la fois pour les Diables Rouges, les matches européens d'Anderlecht et de Bruges, et pourquoi pas ceux de Zulte Waregem ? Car le stade Otten, à Gand, affichera complet pour la venue d'Ajax ". Vermeersch : " Effectivement, les gens viennent au stade de plus en plus tard. Jadis, lorsque je jouais à Courtrai, toutes les rues avoisinantes étaient noires de monde à 13 h 30. On est retourné là-bas en Coupe de Belgique cette saison. A un quart d'heure du coup d'envoi, il n'y avait pas un chat. A propos, comment va GuillaumeGillet ? Sais-tu que nous nous étions intéressés à lui également ?" Louwagie : " Je sais. Cela ne se passe pas mal. Et chez vous, comment va QuantinDurieux ?" Vermeersch : " Il doit encore progresser d'un échelon ". Le président du Brussels passe prendre quelques papiers à son entreprise VermeerschConstruct, à Ternat : " Jadis, on s'était surtout spécialisé dans la construction des villas, mais depuis une dizaine d'années, on s'est plutôt orienté vers les appartements. Une vingtaine de personnes travaillent à Ternat. Mais il faut y ajouter des ouvriers, des employés, des sous-traitants. Au total, j'emploie une centaine de personnes. Pour un chiffre d'affaires d'un demi-milliard d'anciens francs belges. Ce n'est pas mal, n'est-ce pas ? Je gère tout moi-même... un peu comme le FC Brussels ". Accessoirement, Vermeersch construit aussi des stades. Dont celui d'Anderlecht : " J'ai entendu qu'ils en veulent deux, maintenant ? Un nouveau stade Constant Vanden Stock et encore un autre, dans un endroit plus excentré ? Il va y avoir du boulot... " Plus sérieusement, Vermeersch confirme qu'un agrandissement du stade Constant Vanden Stock à 40.000 places n'est pas réalisable. " Un agrandissement à 32.000 places, éventuellement. Mais on ne peut pas simplement superposer un anneau supplémentaire sur la structure existante. Elle n'a pas été conçue pour cela, elle ne résisterait pas. Il faudrait construire une nouvelle structure à côté de la structure existante, pour supporter le poids de l'anneau supplémentaire. Or, le côté du Parc Astrid a été classé zone verte. Et au coin de la Place De Linde, on est sur la rue. Les seuls côtés où l'on pourrait ajouter un anneau supplémentaire, c'est du côté de la salle Simonet et du côté du restaurant Saint-Guidon ". Retour au stade Edmond Machtens. AlbertCartier s'y trouve encore. " Félicitations, président ! Je dois aussi cotiser pour payer l'amende ?" Vermeersch sourit. L'occasion d'évoquer les péripéties du Brussels : " SydneyKargbo ? Je l'ai suspendu préventivement pour le protéger. Je n'ai pas envie de le perdre. Je veux le récupérer pour le deuxième tour, après qu'il ait quelque peu réfléchi. Le fait que la suspension de la fédération se termine au même moment que celle infligée par le club n'est pas un hasard. Je l'ai suggéré. AlanHaydock ? C'est dur, ce qui lui arrive. Très dur. J'espère qu'il pourra remonter sur un terrain. Mais... Il y a des doutes. C'est un clubman comme il en existe de moins en moins. Le jour où il ne jouera plus, on lui trouvera certainement une place dans le club. Comme entraîneur de jeunes, comme public relations, comme attaché commercial ? Je dois encore réfléchir. Et puis, j'espère toujours qu'il rejouera. SteveColpaert a aussi joué de malchance cette saison. Après sa commotion de la saison dernière, il a reçu un coup dans le dos en début de saison et maintenant, il souf- fre d'une déchirure au niveau du quadriceps. Il est out pour quatre, cinq ou six semaines. Le racisme ? Les supporters doivent prendre conscience qu'ils n'ont rien à gagner en agissant de la sorte. Si ce genre d'incident devait arriver à Molenbeek, j'agirais, c'est sûr. Comme j'agirais si j'apprenais que l'un de mes joueurs avait tenu des propos racistes à l'égard d'un adversaire. Je lui dirais : - Manneke, viensunpeuici ! Please, come to my office, we have to discuss... Je serais encore bien plus en colère que le jour où je suis descendu sur le terrain ". Une nouvelle réunion débute et l'organisation du match contre Charleroi figure à l'agenda. Un match spécial, car les ouvriers de VW pourront y assister gratuitement. " C'est un geste de solidarité. La Belgique a connu des coups durs ces dernières années, avec la faillite de la Sabena et la fermeture de Renault Vilvorde. Maintenant, c'est VW Forest : une société domiciliée depuis des dizaines d'années dans l'agglomération bruxelloise. Or, le Brussels se veut le club de la Région Bruxelles Capitale. On ne pouvait rester insensible au sort de ces gens. Les inviter au stade est une manière de leur dire : -Vous êtes toujours les bienvenus ! Le football est un sport populaire qui doit aussi remplir un rôle social. Cela dit, les problèmes de VW Forest étaient presque inéluctables. Les Japonais et les Coréens ont envahi le marché européen. S'ils peuvent produire des voitures à 8 ou 10.000 euros, alors que les voitures européennes coûtent 15 ou 20.000 euros, c'est difficile de résister, d'un point de vue strictement commercial. Mais bien sûr, au-delà de ces considérations économiques, il y a l'aspect humain ". De VW au derby de dimanche prochain, il n'y a qu'un pas. " Pour moi, il y a de la place pour deux clubs de D1 à Bruxelles ", estime Vermeersch. " Attention : je n'ai pas dit deux clubs du même niveau. Anderlecht, c'est le club de toute la Belgique, un club à vocation européenne. Le terrain d'action du Brussels, c'est l'agglomération bruxelloise et l'arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde. Cela représente 22.000 entreprises et 8.500 jeunes. On doit arriver à ce que 60 % ou 70 % du noyau ait été formé dans le giron. C'est le challenge pour les deux années à venir. Actuellement, on en est à 40 % : dix joueurs sur 25 viennent du centre de formation ". Et son amitié avec MichelVerschueren ? " Elle est toujours intacte. Mais je le vois moins qu'avant, il a d'autres occupations. Avec la direction actuelle d'Anderlecht, en revanche, je n'ai plus de contacts. Ni avec RogerVandenStock, ni encore moins avec HermanVanHolsbeeck. S'il vous plaît, parlons d'autre chose. C'est vrai qu'il a été mon employé à Ternat, mais beaucoup d'eau a coulé sous les ponts, depuis lors ". DANIEL DEVOS