La vie peut parfois prendre certains détours inattendus. Offrir des moments de bonheur que l'on croit sans lendemain mais qui, finalement, reviennent ponctuellement. Mais elle peut s'avérer cruelle également. Apporter une rémission que l'on pense définitive et qui en fin de compte n'est qu'une interruption dans l'évolution du malheur. Tous ces côtés, Gil Vandenbrouck, 46 ans, les connaît bien. Tant les joies de la carrière sportive que les épreuves de la maladie. Son heure de gloire, il l'a connue en 1996-1997, lorsque Georges Leekens fut débauché par l'Union Belge pour mener les Diables Rouges à la Coupe du Monde. Les Hurlus confiaient alors les clés de la maison au fidèle adjoint et préparateur physique. Dans la tourmente, celui qui porte un nom charismatique et oh combien populaire dans la région allait soutenir à bout de bras cette équipe de promus que la Belgique apprenait à découvrir. Avec, au bout du championnat, une troisième place.
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La vie peut parfois prendre certains détours inattendus. Offrir des moments de bonheur que l'on croit sans lendemain mais qui, finalement, reviennent ponctuellement. Mais elle peut s'avérer cruelle également. Apporter une rémission que l'on pense définitive et qui en fin de compte n'est qu'une interruption dans l'évolution du malheur. Tous ces côtés, Gil Vandenbrouck, 46 ans, les connaît bien. Tant les joies de la carrière sportive que les épreuves de la maladie. Son heure de gloire, il l'a connue en 1996-1997, lorsque Georges Leekens fut débauché par l'Union Belge pour mener les Diables Rouges à la Coupe du Monde. Les Hurlus confiaient alors les clés de la maison au fidèle adjoint et préparateur physique. Dans la tourmente, celui qui porte un nom charismatique et oh combien populaire dans la région allait soutenir à bout de bras cette équipe de promus que la Belgique apprenait à découvrir. Avec, au bout du championnat, une troisième place. " Je garde un bon souvenir de cette demi-campagne à la tête de l'équipe Première. Malgré le départ de Leekens, nous avions réussi à terminer de façon convenable et respectable. Le gros point noir, ce fut le départ des frères Mpenza. Le club n'a rien fait pour les retenir. Si le même problème arrivait maintenant, cela ne se reproduirait pas de la même façon. Ce n'était pas mon rôle de verrouiller les contrats des Mpenza puisque je n'étais à la tête de l'équipe que depuis peu, mais avec du recul, j'aurais dû insister ". Près de dix ans après, le voilà de nouveau projeté de l'ombre à la lumière, suite au départ de Geert Broeckaert. " Sincèrement, je n'ai jamais regretté d'être rentré dans le rang après mon dépannage. Je n'ai jamais recherché la gloire. Ce ne sont pas les autres qui doivent juger votre travail. Le matin, le point, il faut savoir le faire soi-même. Je n'ai pas besoin des caméras pour être satisfait du boulot accompli. Beaucoup de gens sont attirés par cela. Pas moi. La lumière n'est pas désagréable mais elle n'est pas fondamentale non plus ". Inévitablement, on ne peut s'empêcher de faire le parallèle entre les deux époques. " La situation est différente. A l'époque, j'ai pris en mains un groupe qui était très bien classé, plus performant et plus expérimenté. Maintenant, la crise guette, l'équipe est jeune et il y a moins de maturité. Mon vécu n'est plus le même non plus. Il s'agit de ma dixième saison de D1 au sein de l'encadrement. Je ne me lance plus dans l'inconnu et je connais beaucoup mieux le monde du football professionnel ". Après la saison 1996-1997, Gil Vandenbrouck revenait à son rôle premier d'adjoint et de préparateur physique. Dans l'ombre successivement d' Hugo Broos, de Lorenzo Staelens, de Georges Leekens, de Philippe Saint-Jean et de Geert Broeckaert. Après de bons débuts, pourquoi donc ne pas avoir continué ? Simplement parce que, pour lui, l'essentiel n'était pas là. Souffrant depuis de longues années de problèmes rénaux, il avait dû subir une greffe d'un rein - celui de son épouse - en 1986. Durant 15 ans, son corps l'a laissé en paix. Mais depuis quatre ans et demi, le mal a repris de l'allant. " En attente d'un nouveau rein, je dois subir une dialyse trois fois quatre heures par semaine dans un carcan horaire bien précis. Cela m'impose des contraintes de régime et une certaine hygiène de vie. Je ne veux pas en faire un problème mais c'est quand même une charge qu'il ne faut pas mésestimer. C'est difficilement combinable avec un job d'entraîneur pendant une longue période ". C'est pour cette raison que Vandenbrouck a tout de suite insisté sur le fait que son dépannage n'était qu'un intérim. " Je n'ai aucune vue à long terme. Si on me demande de finir la saison, ce sera non. On reprend le championnat le 18 janvier et il faudra quelqu'un d'autre sur le banc d'ici-là ". Mais pourquoi avoir répondu à l'appel et au stress d'un retour provisoire sur le banc ? " J'ai accepté cet intérim car je trouve que cela fait partie du rôle d'un adjoint de répondre présent quand on fait appel à lui pour conduire le noyau, le temps nécessaire pour embaucher un successeur. Je suis tenu au courant des négociations et je donne mon avis. Maintenant, je ne sais pas si on en tiendra compte. Quel devrait être le profil du prochain coach ? Pour moi, il doit s'agir de quelqu'un qui connaît le championnat belge. Les noms cités - NDLA : principalement des entraîneurs français comme LudovicBatelli et Patrick Remy - ne constituent pas des solutions idéales même si ce sont des solutions... convenables. Cela dit, ce n'est pas parce que le nouveau directeur général est français qu'il n'envisage que des pistes hexagonales. Je crois qu'il écoute aussi nos avis. Pour en revenir au profil, cela doit être quelqu'un qui cadre avec la mentalité mouscronnoise, qui consiste à savoir travailler mais aussi rigoler. Il ne doit pas s'agir nécessairement d'un francophone. Broos s'était adapté à la mentalité régionale. En bref, quelqu'un qui sait retirer quelque chose de ce groupe autrement que par le travail pur et dur ". Et quand on lui demande de citer des noms potentiels, il répond : " Dans le long terme, Hugo sans hésiter ". Pourtant, en attendant, c'est à lui de faire tourner la baraque et de mettre sur pied une équipe capable de redonner à Mouscron cet élan populaire qu'on lui connaissait : " On a perdu notre identité. L'esprit est parti et on n'arrive plus à s'identifier. Il y a eu énormément de mouvements de joueurs. Avant, Mouscron possédait des éléments qui avaient très faim et qui en faisaient plus que ce qu'on leur demandait. Maintenant, je me pose la question. Certains ne font qu'utiliser Mouscron comme tremplin. Ce n'est pas dérangeant en soi mais alors ils doivent donner quelque chose au club. Pour le moment, on raisonne à l'envers. Au lieu d'attirer des joueurs qui trouveraient une récompense en rejoignant la D1, on transfère des éléments qui n'ont pas réussi en France et qui se recasent en Belgique ". En dix ans, les Hurlus ont vu leur cote sportive chuter inexorablement. " Je ne pense pas qu'on puisse reprocher quelque chose au staff. On ne s'est jamais cru plus gros que ce qu'on était et on a tâché de ne jamais oublier les bases. Nous avons commis quelques erreurs. Le retour de Mbo Mpenza était considéré comme un placement en Bourse. Au départ, cette idée n'était pas stupide mais il devait partir assez vite. On fallait se convaincre qu'il ne devait rester que six mois. Ce qui ne s'est pas passé et entre-temps, le marché s'est écroulé. Quant à Leekens, il est revenu parce qu'il nous fallait quelqu'un capable d'éteindre les incendies et cela nous a permis de faire une année correcte ". Depuis lors, le club du Hainaut occidental vit dans des eaux troubles. Une nouvelle direction est arrivée et deux entraîneurs se sont succédé en un an. " La direction a fortement changé mais ce fut une bonne chose. Cela nous permet d'avoir maintenant les yeux en face des trous. Quant à l'épisode Saint-Jean/Broeckaert, il fut difficile à vivre. Pour eux comme pour moi car j'étais toujours au milieu de la querelle. Aucun des deux n'a voulu mettre de l'eau dans son vin. En tant qu'adjoint, tu fais cela tous les jours. Parfois, tu mets même plus d'eau que de vin ! Ils n'ont pas fait un pas l'un vers l'autre. Or, quand il y a un différend, il faut savoir faire table rase. Mais cela n'a pas été fait. Moi, je n'étais pas toujours d'accord avec eux mais ma principale qualité est de savoir me taire et ne pas passer le message aux joueurs. Ce qui n'est pas la qualité de tout le monde. Néanmoins, je me trouvais dans une position délicate. A partir du moment où on élève la voix, c'est comme si on souhaite la démission de l'entraîneur principal. La seule chose à faire, c'est aller le trouver et lui parler. Ce que j'ai fait ". Depuis trois semaines, Vandenbrouck tente d'apporter sa touche et de trouver une solution aux problèmes. " On doit avoir plus de rigueur en défense. Le bloc joue beaucoup trop haut. Or, il n'y a aucun problème à redescendre. Non, on préfère jouer le hors jeu et prendre des risques inutiles. Je trouve que l'on a presque une défense présomptueuse ". Son premier apport fut de revenir au 4-4-2 et de ressouder le groupe. " Lorsque l'on effectue une analyse pure et simple, on voit que c'est avec ce système que l'on a pris le plus de points. J'insiste pour que l'espace entre les lignes soit plus serré. Cela nous permet d'avoir une meilleure reconversion défensive ". Autre point important : " Les relations entre joueurs se sont améliorées depuis le début de la saison. A l'époque, le groupe n'était pas formé. On n'avait pas une équipe. Personne ne consentait à faire l'effort en cas de perte de balle d'un coéquipier. Cela commence à aller mieux. Tout doucement, une hiérarchie s'est mise en place dans le vestiaire ". Le retour de Paco Sanchez à droite de la ligne médiane est encore une autre modification. " Je suis satisfait de ses prestations. Il doit améliorer son jeu de tête, rentrer plus dans les duels et aller plus vite dans le sens du jeu mais c'est un garçon malin qui est toujours présent en position, très près de son défenseur, bloquant de ce fait le couloir. Il a toujours une idée en possession de balle ". Enfin, il faudra reconquérir un public déçu par la tournure des événements. " En tant qu'habitant de Mouscron, je trouve aussi que l'Excel doit redorer son blason mais il y a beaucoup de gens qui sont trop durs. Dans la ville, on est soit pro, soit anti-Excel mais moi, je ne vois pas en quoi le club dérange ". Vandenbrouck ne posera que les fondations de tous ces chantiers. Il assistera dans l'ombre à l'érection d'un nouveau groupe gagnant. Son avenir n'est pas encore tracé. Certes, il redeviendra adjoint dès le deuxième tour mais sa route pourrait prendre, un jour, un autre chemin. " Il s'agit de ma 11e saison comme adjoint. Je suis en fin de contrat en juin et tout dépendra de la proposition qui me sera faite. Je n'éprouve pas de lassitude mais je sais que je ne vais pas faire préparateur physique jusqu'à 55 ans. Je n'aimerais pas avoir des problèmes à courir et tenir la distance avec le groupe. Pour l'instant, tout est combinable. Je ne me vois pas dans un autre club mais c'est toujours possible "... STÉPHANE VANDE VELDE " UNE HIÉRARCHIE S'EST MISE EN PLACE DANS LE VESTIAIRE "