Paradoxalement, leur style de jeu est identique. Ce sont des joueurs spectaculaires, qui sautent au-dessus de leur adversaire ou tranchent les défenses. Ils se font sans cesse applaudir et bientôt, l'un des deux va recevoir le trophée du joueur le plus méritant du championnat belge.
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Paradoxalement, leur style de jeu est identique. Ce sont des joueurs spectaculaires, qui sautent au-dessus de leur adversaire ou tranchent les défenses. Ils se font sans cesse applaudir et bientôt, l'un des deux va recevoir le trophée du joueur le plus méritant du championnat belge.Ralph Biggs: Holden était en effet mon buddy, mon pote. J'ai failli partir également mais Michael Huger est arrivé et sur papier, nous étions plus forts encore que l'année dernière. Ensuite, Huger a été renvoyé, ce qui nous a coûté un temps précieux. Durant ces premiers mois difficiles, marqués, entre autres, par le limogeage de l'entraîneur, McCarthy, j'ai dû m'imposer comme leader en-dehors du terrain. Ce n'est pas dans ma nature. Je préfère quitter le terrain en oubliant le basket. J'ai essayé de maintenir l'unité de l'équipe en accordant un peu d'attention à chacun, en suscitant le dialogue. Mais j'ai dû forcer mon caractère. Louis Rowe: Heureusement que j'ai retrouvé Roger Huggins à Charleroi. J'avoue que son arrivée a joué un rôle déterminant dans mon choix pour Charleroi. A ce moment, il était d'ailleurs question d'embaucher Huger. Nous aurions ainsi reformé le trio anversois. Quand vous avez travaillé et vécu ensemble pendant trois ans, vous avez une relation particulière, qu'il ne faudrait pas sous-estimer. En outre, la saison passé, j'ai été blessé. Dans ces conditions, qaund une équipe du calibre de Charleroi s'intéresse à vous, vous n'hésitez pas. Biggs: Le départ de mon copain Holden a été une sorte de libération. J'ai pu exiger le ballon, tirer. La saison précédente ce n'était pas nécessaire car Holden était là et recevait le ballon. Donc, je montais sur le terrain en pensant: -Je prends dix rebonds et je délivre quelques assists. Ça suffira pour gagner. J'ai effectué un pas en arrière pour aider l'équipe à gagner. Rowe: C'est pareil pour moi avec Huger. Son départ a des conséquences positives, parce que j'ai obtenu davantage de responsabilités. Je me reconnais d'ailleurs en Ralph. Comme moi il y a trois ans, il est un meneur naturel, sur le terrain et à côté. Non pas grâce à des mots, car nous ne sommes pas du genre à élever la voix, mais nous établissons le relais entre la jeune génération et l'ancienne. "En Belgique, on récompense le champion" (Rowe)Biggs: Nous voulons être des modèles. Rowe: Je l'ai déjà remporté en 2000. C'est ce que je trouve chouette en Belgique, justement: ici, on attribue ce trophée à un joueur de l'équipe championne et on récompense en fait toute l'équipe. Pourtant, la Belgique accueille pas mal de talents. Pensez à Alton Mason, George Evans... Biggs: Omar Sneed, Marcus Faison... Rowe: Si Ostende était champion, ce serait grâce à Ralph. Ses statistiques all-round, nul n'a jamais réussi ça auparavant. Peut-être Darren Queenan mais il n'a jamais gagné de championnat. Chez nous, je décernerais chaque année le titre à Huggins. Même si je suppose que je le recevrai si nous étions sacrés champions. Huggins n'est pas flashy. Rowe: Non, depuis mon arrivée à Charleroi, je ne peux plus défendre contre lui. Nous ne sommes donc plus concurrents directs. Biggs: Mais je me souviendrai toujours de nos duels quand Louis jouait au RBA. Les matches Charleroi-Ostende réveillent toujours de vieux souvenirs. Dans ces affiches, les Américains veulent forcer le respect de leurs compatriotes. Lorsque je l'affronte, je fais tout ce qui est en mon pouvoir, dans les limites des règles du jeu et de mes principes moraux, pour l'empêcher de marquer. Mais nous n'allons pas essayer de nous intimider. Nous nous respectons beaucoup trop pour cela. Rowe: Il y a des choses qu'on apprend avec l'expérience: -Never make a one-on-one game out of it. Et en voulant forcer les choses, vous irritez vos partenaires. Lorsque j'évoluais au RBA, après un match contre Ostende, on a dit que Biggs et moi avions transformé la joute en spectacle. Nous ne l'avons réalisé qu'après-coup. "Van den Spiegel nous a manqué en Euroligue" (Biggs)Rowe: En fait, pour le moment, nous sommes en proie aux mêmes problèmes qu'avant la saison, sans Ivan Vujic et Darren Engellant: faute d'avoir un centre, nous devons aligner Huggins à ce poste. Nous sommes fragiles à cette position. D'autant qu'Ostende a enrôlé Van den Spiegel. Il va casser la baraque, avec Ed Cota. Biggs: Son intégration va toutefois requérir un certain temps car nous sommes bien rodés mais Tomas ne connaît pas encore tous les joueurs. J'ai toutefois entière confiance en notre entraîneur, Eddy Casteels, pour l'initier. Tomas doit de toute façon nous apporter quelque chose. Un gaillard de 2.14 mètres qui fait des blockshots, marque des points et réussit des rebonds est utile à toute équipe. Rien que sa présence est intimidante en dessous de l'anneau. Même si Beghin et Praskevicius évoluent à un haut niveau, nous devons constater qu'en Euroligue, notre axe laisse trop de brèches. Nous avions besoin de quelqu'un susceptible de freiner ces géants. Biggs: Oh! J'essaie justement d'oublier ce match. Je pense que je n'ai pas joué (il rit). On se sent horriblement mal dans les jours qui suivent une débâcle pareille. Ça change votre mentalité. Vous comprenez que vous allez devoir travailler d'arrache-pied pour atteindre un niveau supérieur. C'était le premier match d'Ed Cota et Eddy Casteels venait de reprendre l'équipe. Les circonstances n'étaient pas idéales. Toutefois, ça ne compte pas contre Charleroi: ces matches sont trop spéciaux. Durant ma première année en Belgique, nous avons perdu un match de 40 points environ. J'ai immédiatement compris qu'il ne s'agissait pas d'un match banal. C'est la forme du jour qui détermine le camp de la victoire. C'est pour ça que notre douloureuse défaite ne veut rien dire. Rowe: D'après moi, la balance penchera en faveur de l'équipe qui parviendra le mieux à exploiter ses atouts et à dissimuler ses points faibles. Chaque équipe a des points faibles. L'art, c'est de ne pas laisser l'adversaire les découvrir. C'est ainsi que Bree nous a battus. Il a été plus malin. "Ce sera un jeu... cérébral" (Biggs)Rowe: Voilà une question facile. Nous devons exploiter notre expérience. Stas, Jerome, Huggins, Ellis représentent des tas de titres et des années d'expérience. En fait, un entraîneur doit être très fort pour tenir une bande pareille. J'admire beaucoup le travail de Bozzi. Tout le monde répétait: -Avec un noyau pareil, vous êtes obligés d'être champions. Encore faut-il le faire! Nous sommes dans un passage à vide depuis quelques semaines. Nous parvenons à gagner, mais tout est plus difficile. C'est dans ce genre de moments qu'on remarque la maturité du groupe. Chacun reste concentré et sait ce qu'il a à faire. Biggs:-These guys know how to win. Quand ils sont dans un jour sans, ils savent parfaitement quels trucs employer pour compenser leur moindre forme. Rowe: Je suis convaincu que nous allons rester dans la course au titre. D'autre part, si nous perdons à Ostende, ce qui doit être notre point de départ, puisque nous jouons en déplacement, nous risquons de perdre notre première place et l'avantage du terrain. Biggs: Ostende ne doit en aucun cas laisser Charleroi déterminer le rythme du match ni dribbler. Nous devons essayer de jouer un up-tempogame. Le problème, c'est que Charleroi le sait pertinemment. Rowe: Casteels va également donner une série d'indications à ses joueurs pour me neutraliser. Le duel entre Praskevicius et Huggins, sous l'anneau, sera crucial. Biggs: Ces équipes se connaissent tellement bien que leur confrontation va plutôt tourner en mindgame. "Ostende est sous pression" (Rowe)Rowe: Ces dernières années, le niveau du championnat a considérablement augmenté. Avant, nous avions plus de matches faciles. Durant ma première saison en Belgique, en 1997 à Pepinster, nous nous sommes qualifiés pour les playoffs. Comparez avec les formations qui les atteignent maintenant: c'est la nuit et le jour. Même Anvers et Pepinster sont respectivement septième et huitième alors que ce sont des équipes très fortes. Surtout Pepinster. Ostende et Charleroi resteront les premiers car ils ont de l'argent, mais les numéros trois, quatre et cinq gagnent du terrain. Rowe: Je ne donnerai pas de pourcentage. Il faut tenir compte de trop de facteurs. Disons que Charleroi respecte son plan de marche... Nous sommes les challengers et ils défendent leur titre. Ostende est donc sous pression. Biggs: On s'habitue facilement à la victoire. Mathias Stockmans,"On ne peut pas laisser Charleroi dicter le rythme" (Ralph Biggs)"Charleroi doit laisser parler son expérience" (Louis Rowe)