Le double succès arraché face à la Tchéquie a fait passer les Diables Rouges de la 33e à la 20e place au classement FIFA. Mais ce ne sera pas suffisant pour mettre du beurre dans les épinards des Belges à l'occasion du tirage au sort de la phase finale de la Coupe du Monde qui se déroulera le 1er décembre à Pusan, en Corée du Sud, sur le coup de 11 heures du matin pour notre fuseau horaire.
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Le double succès arraché face à la Tchéquie a fait passer les Diables Rouges de la 33e à la 20e place au classement FIFA. Mais ce ne sera pas suffisant pour mettre du beurre dans les épinards des Belges à l'occasion du tirage au sort de la phase finale de la Coupe du Monde qui se déroulera le 1er décembre à Pusan, en Corée du Sud, sur le coup de 11 heures du matin pour notre fuseau horaire.Robert Waseige et Jan Peeters, le président, seront là, mais notre petit pays ne fera pas partie des têtes de série. Il y a onze ans, en Italie, Michel D'Hooghe s'était battu bec et ongles afin que la Belgique ne soit pas privée de cet honneur mérité lors de sa brillante campagne mexicaine en 1986. En réalité, les règles du jeu ont assez souvent changé avant le tirage au sort: le comité d'organisation de la Coupe du Monde a parfois tranché en fonction du classement FIFA ou du parcours dans les dernières phases finales... En ce qui concerne le Japon et la Corée, D'Hooghe a pris part ce mercredi, à Pusan, à l'importante réunion du comité d'organisation où une bonne vingtaine de grosses pointures internationales se penchent sur les modalités du tirage au sort de décembre.Le classement FIFA primeAvant de partir vers l'Extrême-Orient, D'Hooghe nous avait dit: "Quand il y a injustice, comme ce fut le cas en Italie, je suis le premier à faire entendre la voix de mon pays. La donne a cependant changé et le fait de tenir compte des résultats des phases finales précédentes était de plus en plus discuté. Doit-on encore comptabiliser les exploits d'il y a huit ou douze ans? Je ne crois pas car la vraie valeur présente des équipes est résumée par le classement FIFA. Dès lors, je suis très vite parti de la certitude que la Belgique ne serait pas tête de série. Cela ne me perturbe pas car je sais que la Belgique n'a jamais détesté se glisser dans le rôle de l'outsider. Ce fut le cas en 1982: tout le monde avait craint le pire en apprenant que la Belgique ouvrirait le bal à Barcelone face à l'Argentine, championne du monde en titre. Les Diables remportèrent ce match. Enfin, la Belgique pourrait hériter du Japon ou de la Corée, qui ne sont pas les stars du groupe des têtes de série." Ces deux pays sont protégés: ils ne font pas partie du gratin mondial mais organisent la Coupe du Monde. Le comité d'organisation s'est également penché cette nuit sur les différents mécanismes de répartition des groupes. Même si la fièvre et la curiosité montent de plus en plus vite, Waseige entend attendre le tirage au sort du 1er décembre: "Je préfère avoir toutes les cartes en mains avant de définir mon avis sur ce qui nous attendra sur le plan sportif en Asie. Le temps des premières réactions sonnera samedi quand nous aurons pris connaissance du nom de nos adversaires et des endroits où nous disputerons les matches du premier tour. Je n'ai pas de préférence par rapport aux gros morceaux. Ils se valent: France, Brésil, Allemagne, Argentine, Italie, etc. Mais cela ne veut pas dire que le Japon et la Corée du Sud ne sont pas au centre de nos préoccupations, bien au contraire".L'avis de StaelensActuellement, le souci principal concerne les conditions de travail des Belges. Un quartier général a été réservé à Kumamoto, pas très loin d'Oita, le club de D2 japonaise où Lorenzo Staelens a récemment terminé sa carrière de joueur. En juin, le climat est très éprouvant en Asie. Le taux d'humidité fluctue entre 70 et 80%. "Ce n'est pas l'idéal pour jouer au football", dit Staelens. "Chaque effort est pesant. Il faut sans cesse s'hydrater. Ce sera un problème pour toutes les équipes. Mais un bon mois plus tard, c'est carrément du 100% d'humidité et la chaleur passe de 20 à 40 degrés durant la journée. Juin est moins éprouvant mais il faut une période d'adaptation. Dix jours sur place avant le premier match, c'est un minimum. Et j'ajouterais deux ou trois jours afin d'évacuer toutes les fatigues du décalage horaire, etc. Mais je suppose que le calendrier est trop encombré pour dégager autant de temps." Plus généralement, Staelens est certain que le Japon et la Corée feront le plein: "Le football est sur le point de conquérir pour de bon cette partie de l'Asie. La J-League a joué un rôle important. Mais, en réalité, le spectateur japonais est réceptif et il aime les grands spectacles. Il y vient en famille, et même si certains estiment que son attitude est parfois un peu enfantine, je préfère nettement cela aux scènes belliqueuses de nos contrées". D'Hooghe aimerait que la Belgique hérite du Japon ou de la Corée lors du premier tour. Les Coréens nous posèrent des problèmes lors de la Coupe du Monde française. Le Japon serait-il moins coriace? "Moi, je n'oserais pas le prétendre", dit Staelens. "Les Japonais présenteront à coup sûr une équipe vive, technique et dotée d'un bon physique. Nakata en sera la star. Il ne joue pas très bien en Italie pour le moment, mais ce sera différent en juin. Il sera le maître atout de l'équipe dirigée par le Français Troussier. Il vaudra mieux éviter le Japon, qui sera soutenu par tout un peuple." Pierre Bilic