En principe, un seul entraînement était prévu pour les joueurs montois mercredi dernier. Mais en revenant d'Italie où il était allé passer le week-end avec son épouse Elisabetta et ses fils Massimiliano (23 ans) et Alessandro (18), Sergio Brio a décidé que deux séances seraient nécessaires...
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En principe, un seul entraînement était prévu pour les joueurs montois mercredi dernier. Mais en revenant d'Italie où il était allé passer le week-end avec son épouse Elisabetta et ses fils Massimiliano (23 ans) et Alessandro (18), Sergio Brio a décidé que deux séances seraient nécessaires... Les spectateurs qui assistent aux entraînements au bois d'Havré sont plus nombreux que les semaines précédentes. La présence de Sergio Brio n'y est pas étrangère. " C'est vrai que c'est un nom et que les supporters de la Juventus sont nombreux dans la région comme partout en Belgique ", explique Corrado Mattioli le délégué de l'équipe, nommé interprète du nouveau coach. Les spectateurs qui restent malgré le mauvais temps, adressent des mots d'encouragement à celui qu'ils appellent Mister, depuis qu'ils savent que c'est comme cela que l'on surnomme les entraîneurs en Italie. Les commentaires vont bon train Il n'est pas rare d'entendre des phrases du style : " Avec lui, les joueurs vont apprendre ce que c'est que la discipline ", " Avec lui, l'heure c'est l'heure " ou encore " Avec Grosjean, les joueurs avaient la belle vie et comme les résultats suivaient on ne disait rien ". Pour Sergio Brio, tout cela n'est que balivernes. Il n'a jamais demandé qu'on lui traduise tout ce qui se dit autour du terrain d'entraînement. Autant il était agité sur le banc face à La Louvière, autant il paraît impassible en passant d'un groupe de joueurs à l'autre, se contentant de lancer quelques " Dai ", un mot passe-partout qui signifie tour à tour, " Vas-y " ou " C'est pas croyable ". Sergio Brio : " Lorsque je me lance dans un travail, je le fais à fond. Si j'ai accepté la proposition de Mons, c'est parce que j'y crois sinon je ne serais jamais venu ici dans un club et une ville que je ne connaissais pas. En la situant sur une carte, je me suis dit que c'était près de Bruxelles mais, en Belgique, tout est près de Bruxelles ". Sergio Brio : Je peux vous assurer que pendant toute cette période, j'ai reçu plusieurs propositions sérieuses de clubs de D2 et D3 italiens. Mais je les ai toutes rejetées parce que, chaque fois, je voyais bien qu'il n'était pas possible de construire quelque chose. En Italie, quand un homme d'affaires prend la direction d'un club, il veut directement récolter les fruits de son investissement. Lorsque l'on signe le contrat, on parle de projets mais on se rend vite compte que ce n'est pas la réalité. Les budgets sont tels qu'il n'y a pas de temps à perdre dans la construction d'une équipe solide. C'est la raison pour laquelle, je m'étais dit que si une proposition m'arrivait de l'étranger je l'analyserais avec beaucoup plus d'attention. Et voilà qu'un jour, mon manager rencontre le président montois Dominique Leone. Il lui dit qu'il a un grand projet pour son club et qu'il veut le monter sur le modèle italien. Sa disponibilité et son enthousiasme ont fait le reste, je ne pouvais qu'accepter surtout que c'est la première fois que j'entends un président parler plus d'investir que d'encaisser. Exact. Mais deux jours après mon arrivée, le président m'a proposé un contrat de cinq ans. J'ai hésité, je me suis demandé ce qui lui passait par la tête. Je lui ai dit que j'étais d'accord pour trois ans, en tout cas dans un premier temps. Les choses n'ont pas traîné et nous avons paraphé un contrat de trois ans. J'ai de l'estime pour Dominique Leone et je crois que mon attitude en est une preuve. J'aurais bien pu signer sa première proposition en me disant que de toute façon, quoi qu'il arrive, j'aurais empoché l'argent. J'ai tenu à faire preuve de cohérence. Pour moi, l'argent ne devait pas conditionner mon opinion. J'avais peur que vous pensiez que je n'ai pas besoin d'argent. C'est juste que je peux voir les choses avec plus de recul et de sérénité. Mais à partir du moment où j'ai signé pour Mons, j'ai mis un terme à ma collaboration avec la chaîne de télévision, Giococalcio, pour laquelle j'étais consultant. Et puis, je dois laisser les rênes de mon agence immobilière de Pistoia à mon fils. Mogi Bayat m'a effectivement demandé si j'étais disponible mais cela n'a pas été plus loin. Surtout quand on sait que les cours durent deux ans et que ce n'est pas gagné d'avance. En réalité, j'étais adjoint de Giovanni Trapattoni û mon ancien entraîneur û à la Juventus quand, en 1994, j'ai entrepris de suivre les cours. Pour devenir entraîneur à la Juve, il y a des exigences à remplir et, parmi celles-ci, décrocher le diplôme reconnu par l'UEFA. Bien que j'aie quitté le club turinois au terme de la saison, j'ai décidé de poursuivre les cours. Et en 95, je pouvais déjà postuler en tant qu'entraîneur principal mais j'ai préféré rejoindre et seconder Trapattoni à Cagliari. Je n'en sais rien, je n'ai jamais effectué la moindre démarche en ce sens même si le secrétaire général était Roberto Bettega avec lequel j'ai joué. J'avais juré de rester fidèle à Trapattoni et je ne suis donc pas resté. Malheureusement, nos routes se sont séparées car il est parti une première fois au Bayern Munich où je ne pouvais l'accompagner puisque le club allemand avait déjà son staff. Après son passage à Cagliari, il est retourné en Bavière, avant de revenir en Italie à la Fiorentina. Etant donné la forte rivalité qui existe entre les deux clubs, il n'était pas question que moi, un ex-joueur étiqueté Juventus, je signe à Florence surtout si on débarquait en groupe. Trapattoni seul, c'était compréhensible : il a joué à l'AC Milan. Il est ensuite devenu sélectionneur national et la fédération possède aussi son staff. Ceci est un lieu commun car Trapattoni n'est pas un entraîneur ne tablant que sur un jeu défensif. Si l'on prend les statistiques des équipes qu'il a entraînées, on peut se rendre compte qu'il a quasiment toujours possédé simultanément la meilleure attaque et la meilleure défense. Ces données sont claires et inattaquables. Même s'il faudra parfois changer de dispositif tactique face à certains adversaires, Mons évoluera principalement avec trois défenseurs, cinq médians et deux attaquants, comme ce fut le cas à La Louvière. Pour le reste, je vais attendre les résultats des tests physiques que les joueurs sont en train de passer pour prendre d'autres décisions. Oui. C'est la seule chose que je peux affirmer avec certitude. Pour le reste, il faut attendre. La trêve pour la rencontre de l'équipe nationale est on ne peut mieux tombée. Absolument pas. Ces tests d'évaluation de la condition physique sont importants car ils vont me permettre de me faire une idée plus précise des caractéristiques des joueurs qui sont à ma disposition. Je peux vous assurer que si nous devons engager l'un ou l'autre joueur, italien ou non, la décision ne sera pas prise qu'après avoir réellement pu analyser les performances de l'équipe lors des prochaines rencontres de championnat. A ce moment-là, j'en discuterai avec Jean-Claude Verbist mais nous ne ferons pas de frais inutiles. Ah, je ne sais pas. J'ai tout simplement indiqué qu'il fallait suivre ce que l'on appelle le régime méditerranéen avec des hydrates de carbone, des légumes cuits et crus et des fruits. Ce n'est pas parce que je suis italien que je privilégie les pâtes. Cette option diététique n'a absolument rien d'exceptionnel puisqu'elle est généralement réputée pour être la plus bénéfique pour les sportifs. Si ce n'était pas comme cela avec mon prédécesseur, je n'en sais rien et cela ne m'intéresse pas. Je ne sais pas ce qui se passait avec Marc Grosjean que je ne connais pas. Cela ne m'intéresse pas. Qui dit ce genre de choses ? Je tiens immédiatement à préciser que je ne suis pas un dictateur. Lors de mes premiers contacts, j'ai eu la sensation d'avoir dans mon noyau des joueurs disciplinés et très attentifs. Le football c'est également ordre, discipline et respect de soi et des autres. Je ne vois pas pourquoi les footballeurs devraient déroger à la règle qui veut que tout travailleur doit se mettre à la disposition de son employeur. Je ne demande pas des choses d'un autre monde. Je ne vois pas pourquoi on doit philosopher à ce sujet. C'est faire le contraire qui ne serait pas logique. Je ne vois pas ce qu'il y a de spécial à exiger que les joueurs dînent ensemble la veille du match et avant la rencontre. Il n'y a pas de résultat palpable sans souffrir. Un groupe doit porter tout le monde vers le haut. Personne ne doit se sentir laissé pour compte. Je me répète, je ne suis pas un homme de fer. Je demande à mes joueurs qu'ils mènent une vie régulière car quand on n'est pas discipliné en dehors du terrain, on ne peut donner le meilleur de soi en match. " Mons évoluera avec trois défenseurs, cinq médians et deux attaquants "