Juin 2011 : Adriano Galliani, l'administrateur délégué de Milan, annonce que le club va frapper un grand coup pendant le mercato pour renforcer la ligne médiane. Un truc style ZlatanIbrahimovic un an plus tôt. Pendant trois mois, les supporters milanisti restent sous pression, s'interrogeant sans cesse sur l'identité de la star de niveau mondial que le dirigeant avait surnommée Mister X. Kaká, Hamsik, Fabregas, Ganso et bien d'autres ont alimenté les discussions mais le 31 août à 18 h 59, soit une minute avant la clôture du mercato, Milan annonce que, sur l'insistance de son coach, il a transféré Antonio Nocerino (9 juillet 1985), un milieu de Palerme. Prix d'achat : 500.000 euros.

On est loin des standards pour joueurs hors-catégorie. Et Nocerino, qui a signé un bail de cinq ans, arrive à Milan sur la pointe des pieds, sans le crépitement des flashes et le suivi des caméras. Le joueur n'est pas inconnu puisqu'il a été appelé dans le noyau de l'équipe nationale mais ce n'est pas un fuoriclasse, un joueur hors-norme. C'est un milieu à la Gattuso (même s'il préfère Roy Keane et Daniele De Rossi), qui annihile les assauts adverses et récupère un maximum de ballons mais marque peu (12 fois en huit ans).

Quand débute le championnat, MassimilianoAllegri est en panne de milieux et est obligé d'aligner le nouveau venu. Comme pour le remercier, Nocerino enchaîne les prestations au-dessus de la moyenne et les infiltrations dans les espaces créés par Ibrahimovic lui permettent de faire ce qu'il n'avait jamais réussi jusque-là : marquer. Fin octobre, contre Parme, il réussit même un triplé. Dans la foulée, toutes les télévisions commencent à le vouloir à l'interview et un rituel-gag est même né. Chaque fois qu'il est interrogé, ses équipiers passent devant les caméras et lui refilent une petite baffe : il paraît que ça porte chance. En tout cas, depuis lors ça marche. Nocerino s'est montré très constant dans son rendement et s'est révélé être un demi très efficace tant en phase offensive que défensive. Et vu qu'il s'entend bien avec Ibra, il est devenu un pilier de l'équipe.

Nocerinho ? Il n'aime pas !

Il a aussi continué à marquer au point d'être surnommé Nocerinho. Ce qu'il n'apprécie pas vraiment : " Je suis Italien et fier de l'être. Et j'en ai pris des gamelles pour arriver jusqu'ici. Tout cela à cause de ce sempiternel vice de juger un joueur sans lui donner le temps ou la possibilité de se tromper. Ça a encore été le cas quand je suis arrivé à Milan où on a décrété que mon engagement ressemblait à un coup de tête ".

Nocerino est né à Naples où son père Ciro, un employé des chemins de fer, entraîne une équipe de quartier, le San Paolo. Le gamin est doué et à 13 ans rejoint la Juventus qui, en août 2003, à 17 ans, le prête à Avellino (Serie B). Le fameux Zdenek Zeman n'hésite pas à le lancer dans la bagarre mais Nocerino, malgré 34 matches à son compteur et sa sélection avec les U19, va continuer à se balader de club en club. Il ne reçoit pas sa chance à Genoa (D2) où on table sur les vieux et, en janvier 2005, repart faire un tour dans le sud de l'Italie : Catanzaro, Crotone et, dès janvier 2006, Messine (Serie A) où, bien qu'il soit toujours retenu en équipe nationale U20, il ne cesse de prendre des claques au point de songer à arrêter les frais et à terminer ses études de comptabilité. En 2006-2007, il explose enfin à Piacenza (D2), qui a acquis la moitié de la valeur du transfert du joueur. Durant l'été 2007, propriétaire de l'autre moitié, la Juventus débourse 3,7 millions pour s'offrir le médian à titre définitif.

Le retour au bercail est une réussite pour le joueur qui devient incontournable en équipe nationale U21 et capitaine de l'équipe olympique à Pékin après avoir fêté sa première sélection avec la Squadra Azzurra le 17 octobre 2007.

Un scénario à la Gattuso

Une progression, qui aurait pu être stoppée net un mois plus tôt lorsqu'il s'est fait renverser par une voiture à la sortie d'un restaurant à Turin. Indemne, il dispute 90 minutes d'enfer le week-end suivant et décide de porter le numéro 23 en l'honneur de Padre Pio, un saint dont on commémore la mémoire le 23 septembre. Mais malgré une saison réussie (32 matches), la Juventus le jette en juin 2008 dans le cadre du transfert d' Amauri, alors attaquant de Palerme. Valeur estimée du joueur : 500.000 euros !

Ce scénario ressemble à celui écrit par Gattuso, qui constitue un exemple voire un modèle pour Nocerino. Si les histoires des garçons du sud de la Botte se ressemblent (ils doivent quitter leur région pour réussir), c'est quand même dans le sud, à Palerme, que le Milanista a trouvé le moyen de prendre son envol. 106 matches, 6 petits goals dont 4 la dernière saison mais surtout le fait d'être régulièrement élu homme de la rencontre par les supporters lui valent l'intérêt de Milan. Comme le 23 y est déjà pris par Ambrosini, il opte pour le 22 laissé libre par Kaká. Un signe : Nocerino est bien malgré lui le Mister X tant attendu l'été dernier. Un avis que doit partager Prandelli, qui l'a rappelé en équipe nationale en février 2011 avant de lui offrir son vrai come-back un mois plus tard en le lançant dans la bagarre à la 63e contre la Slovénie (en qualifications pour l'Euro).

PAR NICOLAS RIBAUDO

Chaque fois qu'il est interviewé, ses équipiers passent devant les caméras et le giflent !

Juin 2011 : Adriano Galliani, l'administrateur délégué de Milan, annonce que le club va frapper un grand coup pendant le mercato pour renforcer la ligne médiane. Un truc style ZlatanIbrahimovic un an plus tôt. Pendant trois mois, les supporters milanisti restent sous pression, s'interrogeant sans cesse sur l'identité de la star de niveau mondial que le dirigeant avait surnommée Mister X. Kaká, Hamsik, Fabregas, Ganso et bien d'autres ont alimenté les discussions mais le 31 août à 18 h 59, soit une minute avant la clôture du mercato, Milan annonce que, sur l'insistance de son coach, il a transféré Antonio Nocerino (9 juillet 1985), un milieu de Palerme. Prix d'achat : 500.000 euros. On est loin des standards pour joueurs hors-catégorie. Et Nocerino, qui a signé un bail de cinq ans, arrive à Milan sur la pointe des pieds, sans le crépitement des flashes et le suivi des caméras. Le joueur n'est pas inconnu puisqu'il a été appelé dans le noyau de l'équipe nationale mais ce n'est pas un fuoriclasse, un joueur hors-norme. C'est un milieu à la Gattuso (même s'il préfère Roy Keane et Daniele De Rossi), qui annihile les assauts adverses et récupère un maximum de ballons mais marque peu (12 fois en huit ans). Quand débute le championnat, MassimilianoAllegri est en panne de milieux et est obligé d'aligner le nouveau venu. Comme pour le remercier, Nocerino enchaîne les prestations au-dessus de la moyenne et les infiltrations dans les espaces créés par Ibrahimovic lui permettent de faire ce qu'il n'avait jamais réussi jusque-là : marquer. Fin octobre, contre Parme, il réussit même un triplé. Dans la foulée, toutes les télévisions commencent à le vouloir à l'interview et un rituel-gag est même né. Chaque fois qu'il est interrogé, ses équipiers passent devant les caméras et lui refilent une petite baffe : il paraît que ça porte chance. En tout cas, depuis lors ça marche. Nocerino s'est montré très constant dans son rendement et s'est révélé être un demi très efficace tant en phase offensive que défensive. Et vu qu'il s'entend bien avec Ibra, il est devenu un pilier de l'équipe. Il a aussi continué à marquer au point d'être surnommé Nocerinho. Ce qu'il n'apprécie pas vraiment : " Je suis Italien et fier de l'être. Et j'en ai pris des gamelles pour arriver jusqu'ici. Tout cela à cause de ce sempiternel vice de juger un joueur sans lui donner le temps ou la possibilité de se tromper. Ça a encore été le cas quand je suis arrivé à Milan où on a décrété que mon engagement ressemblait à un coup de tête ". Nocerino est né à Naples où son père Ciro, un employé des chemins de fer, entraîne une équipe de quartier, le San Paolo. Le gamin est doué et à 13 ans rejoint la Juventus qui, en août 2003, à 17 ans, le prête à Avellino (Serie B). Le fameux Zdenek Zeman n'hésite pas à le lancer dans la bagarre mais Nocerino, malgré 34 matches à son compteur et sa sélection avec les U19, va continuer à se balader de club en club. Il ne reçoit pas sa chance à Genoa (D2) où on table sur les vieux et, en janvier 2005, repart faire un tour dans le sud de l'Italie : Catanzaro, Crotone et, dès janvier 2006, Messine (Serie A) où, bien qu'il soit toujours retenu en équipe nationale U20, il ne cesse de prendre des claques au point de songer à arrêter les frais et à terminer ses études de comptabilité. En 2006-2007, il explose enfin à Piacenza (D2), qui a acquis la moitié de la valeur du transfert du joueur. Durant l'été 2007, propriétaire de l'autre moitié, la Juventus débourse 3,7 millions pour s'offrir le médian à titre définitif. Le retour au bercail est une réussite pour le joueur qui devient incontournable en équipe nationale U21 et capitaine de l'équipe olympique à Pékin après avoir fêté sa première sélection avec la Squadra Azzurra le 17 octobre 2007. Une progression, qui aurait pu être stoppée net un mois plus tôt lorsqu'il s'est fait renverser par une voiture à la sortie d'un restaurant à Turin. Indemne, il dispute 90 minutes d'enfer le week-end suivant et décide de porter le numéro 23 en l'honneur de Padre Pio, un saint dont on commémore la mémoire le 23 septembre. Mais malgré une saison réussie (32 matches), la Juventus le jette en juin 2008 dans le cadre du transfert d' Amauri, alors attaquant de Palerme. Valeur estimée du joueur : 500.000 euros ! Ce scénario ressemble à celui écrit par Gattuso, qui constitue un exemple voire un modèle pour Nocerino. Si les histoires des garçons du sud de la Botte se ressemblent (ils doivent quitter leur région pour réussir), c'est quand même dans le sud, à Palerme, que le Milanista a trouvé le moyen de prendre son envol. 106 matches, 6 petits goals dont 4 la dernière saison mais surtout le fait d'être régulièrement élu homme de la rencontre par les supporters lui valent l'intérêt de Milan. Comme le 23 y est déjà pris par Ambrosini, il opte pour le 22 laissé libre par Kaká. Un signe : Nocerino est bien malgré lui le Mister X tant attendu l'été dernier. Un avis que doit partager Prandelli, qui l'a rappelé en équipe nationale en février 2011 avant de lui offrir son vrai come-back un mois plus tard en le lançant dans la bagarre à la 63e contre la Slovénie (en qualifications pour l'Euro). PAR NICOLAS RIBAUDO Chaque fois qu'il est interviewé, ses équipiers passent devant les caméras et le giflent !