Est-ce l'élimination peu glorieuse en Coupe UEFA ou les mauvaises prestations récurrentes du Sporting qui auraient décidé Mister Michel à envisager de passer progressivement la main? Sans doute tout cela a-t-il dû le faire réfléchir. Le club a besoin, et il le sait, d'une sérieuse remise en question à laquelle il peut et il veut encore apporter le poids de son incontestable expérience. Mais de là à en assumer la charge complète, comme il l'a toujours fait par le passé, il y a un défi que Mister Michel ne semble plus vouloir relever.
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Est-ce l'élimination peu glorieuse en Coupe UEFA ou les mauvaises prestations récurrentes du Sporting qui auraient décidé Mister Michel à envisager de passer progressivement la main? Sans doute tout cela a-t-il dû le faire réfléchir. Le club a besoin, et il le sait, d'une sérieuse remise en question à laquelle il peut et il veut encore apporter le poids de son incontestable expérience. Mais de là à en assumer la charge complète, comme il l'a toujours fait par le passé, il y a un défi que Mister Michel ne semble plus vouloir relever. Mais on connaît le personnage "Je pars" ou plutôt "Je crois bien que je vais partir mais retenez-moi encore un peu" Car la culture d'un club comme le Sporting ne s'assimile pas comme cela du jour au lendemain! Et voilà notre homme qui s'improvise déjà "formateur- initiateur" du futur directeur ou manager du club.Finalement cette décision de Mister Michel de céder le relais n'aurait qu'un intérêt anecdotique si elle n'était typique de ce personnage hors du commun dans une de ses gesticulations favorites: l'art de croire et de faire croire ce qu'il a envie qu'on croit! Michel Verschueren ne persuade pas, il répète invariablement les mêmes formules. Michel ne prouve pas, il affirme. Il assène ses idées avec force et détermination en ne laissant que très peu de temps de réaction au contestataire potentiel . Gourou de la secte des Mauves, il distille sa pensée unique sans la moindre envie de la remettre en cause...En public tout au moins et surtout face à la presse. Car dans le privé ou dans l'intimité de son bureau, l'homme est parfois plus nuancé et ouvert au dialogue. On retrouve alors l'universitaire qu'il est, moins radical et prêt parfois à reconsidérer sa position . A une condition cependant -et ce n'est pas une sinécure- qu'il daigne vous prendre au sérieux! Or, Mister Michel ne prend au sérieux que ceux et celles qui adhèrent sans objection à sa hiérarchie des valeurs. Voltairien à l'insu de son plein gré, il considère quele travail est la valeur de référence! Sa valeur de référence! "N'éloigne-t-elle pas de nous trois grands maux: l'ennui, le vice et le besoin?" Ainsi ne lui dites jamais que vous partez en vacances ou que vous en revenez...Vous appartiendrez illico à la catégorie des plaisantins, des touristes donc des dilettantes. La crédibilité auprès de Mister Michel se conquiert à la sueur de votre front... Si, par le plus grand des hasards, vous arrivez à le convaincre du bien fondé de votre projet ou de la pertinence de votre argumentation, sachez que vous pourrez compter sur un partenaire d'une fiabilité totale qui mettra tout en oeuvre, dans les limites de l'intérêt supérieur de son club bien entendu, pour ne pas de renier sa parole et conforter ainsi, du même coup, la qualité de son image.Certes son style sera toujours un peu militaire et carré. Carré comme sa coupe de cheveux, carré comme le torse qu'il bombe, carré dans ses opinions et ses jugements. Il est tellement carré qu'il est capable de vous convier à une table ronde et de s'y montrer "carrément" de mauvaise foi!Finalement j'ai la conviction que Mister Michel a un côté sentimental et sensible beaucoup plus important qu'il ne le laisse paraître. Il aime qu'on l'aime! Il aime qu'on l'écoute! Il aime qu'on l'admire! Il aime parler de lui! Et à la troisième personne encore bien! Comme De Gaulle et Delon. Tout simplement! Alors de toi à moi, Michel, je te rassure: moi, je t'aime bien! Je suis tellement content que tu veuilles encore prendre le temps de former ton successeur. Après tout, à 72 ans, ton ami Goethals remportait la Coupe des Champions et Jean- Paul II rempilait pour dix ans. Tu me diras que lui, c'était le pape! Et toi non peut-être? "A 72 ans, Goethals gagnait la C1 et Jean-Paul II rempilait pour dix ans"