Bronzé, élégant, soigné jusqu'au boutdes ongles, le look de Daniel Van Buyten avait fait dire à Zdravko Reic, un journaliste croate venu assister à Belgique-Bulgarie: "Il a de plus en plus un physique d'acteur". Son Hollywood quotidien à lui, c'est Marseille. Après y avoir décroché des petits rôles durant un an, le Hennuyer a pris du galon et ne tardera pas à être en haut de l'affiche.
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Bronzé, élégant, soigné jusqu'au boutdes ongles, le look de Daniel Van Buyten avait fait dire à Zdravko Reic, un journaliste croate venu assister à Belgique-Bulgarie: "Il a de plus en plus un physique d'acteur". Son Hollywood quotidien à lui, c'est Marseille. Après y avoir décroché des petits rôles durant un an, le Hennuyer a pris du galon et ne tardera pas à être en haut de l'affiche. Il a de moins en moins besoin de l'aide d'un souffleur ( Franck Leboeuf) et connaît désormais ses textes par coeur. Il est vrai que même Fernandel y aurait cafouillé la saison passée, à l 'Ohème. "Moi, je n'ai pas eu à me plaindre", affirme Daniel Van Buyten. "Les coaches et Bernard Tapie m'ont toujours fait confiance". Le géant belge se souciait avant tout de son intégration et ne décryptait peut-être pas les scénarios qui compliquaient alors la vie du club. Tomislav Ivic entama la saison puis se retira à bord de son yacht sur l'Adriatique, au large de Split. José Anigo lança l'OM en championnat mais fut ensuite remplacé par Albert Emon qui redressa la barre. Mais si Marseille signa une bonne fin de saison, l'Europe lui fila sous le nez. Lyon, Lens et Auxerre se qualifièrent pour la Ligue des Champions. En ce qui concerne la Coupe de l'UEFA, les billets furent remis au PSG (4e du championnat), à Lorient (vainqueur de la Coupe de France) et à Bordeaux qui avait empoché la Coupe de la Ligue. Lille (5e en D1), Troyes (7e) et Sochaux (8e) se qualifièrent pour l'Intertoto. Le neuvième n'eut que ses yeux pour pleurer: Marseille. Un échec pour un club ayant un budget de 48 millions d'euros.Le noyau a été dégraissé, le budget prévisionnel est passé à 52 millions d'euros mais le principal changement concerne le staff technique. Alain Perrin (48 ans le 7 octobre) a décroché le poste de coach. L'ancien homme fort de Troyes a brûlé la politesse à Vahid Halilhodzic et surtout à l'ancien coach national du Japon, PhilippeTroussier. Daniel Van Buyten sourit un peu. Il sait qu'Alain Perrin est un leader. Dernièrement, il n'a pas hésité à virer sur-le-champ le responsable du matériel car ce dernier tentait de faire passer des messages de Bernard Tapie (qui n'est plus directeur sportif comme c'était le cas la saison passée) dans le groupe. Perrin ne supporte pas qu'il y ait des parasites dans ses liaisons avec le noyau. Sa méthode a du succès car l'OM semble être plus stable que la saison passée. "L'Europe est à notre portée""Je crois sincèrement que Marseille a les capacités suffisantes afin de se classer parmi les cinq premiers ", avance Daniel Van Buyten. "Je ne songe pas au titre mais une qualification européenne est à notre portée.Alain Perrin nous a dit qu'il n'était pas là pour se tourner les pouces. Il veut gagner et le fera, a-t-il asséné, avec nous ou... sans nous, si c'est nécessaire. C'est significatif quant à l'état d'esprit qui règne dans ce club. On joue pour la gagne et rien que la gagne. Avec un zeste de chance, on aurait pu avoir cinq points de plus au classement général. C'est dire si le potentiel est réel". Tactiquement, l'OM a changé des détails dans son occupation du terrain. Devant Vedran Runje, qui souligne souvent la force de caractère du groupe, la défense opte pour une occupation de terrain à géométrie variable. "Alain Perrin tient compte des points forts de l'adversaire", souligne Daniel. "La saison passée, il nous arrivait de rester à quatre dans notre camp pour garder un ou deux adversaires. C'était un signe de manque de confiance. L'OM alterne entre la ligne et un marquage strict. Plus question de rester en masse derrière: tout le monde n'avait pas bien compris la saison passée, maintenant bien. Je peux toujours compter sur l'aide de Franck Leboeuf. Avec lui, tout est très simple". Une bonne Coupe du MondeDaniel Van Buyten n'a pris quedeux semaines de repos après la Coupe du Monde. Un peu court mais sa jeunesse lui a permis d'effacer les fatigues. Il n'a même pas dû chambrer ses amis français: ceux-ci l'ont spontanément félicité à la reprise des entraînements. "On me dit encore: -Vous nous avez épatés, surtout face au Brésil ", confie Daniel Van Buyten. "Ce sont des compliments qui m'ont été droit au coeur. Quand vous avez le nez sur votre travail, vous ne vous rendez pas toujours compte que le monde entier vous regarde". A Marseille, les dirigeants n'hésitent pas à le comparer à Carlos Mozer, l'ancien redoutable arrière central brésilien. Mozer était un bon joueur, certes, mais aussi un tueur des rectangles. Il était capable de fendre un joueur en deux, comme une vulgaire bûche, pour l'empêcher de marquer un but. Daniel Van Buyten a mûri, jure parfois un bon coup, mais ce fils de lutteur est resté gentil et bien élevé. Question d'éducation. Cela ne l'empêche pas d'avancer. A la fin de cette saison, le Chimacien devra cependant se décider. Si l'OM ne se qualifie pas pour l'Europe, le risque de stagnation sera évident. En attendant, le numéro 4 azuréen s'est imposé dans un championnat technique alors que tout le monde l'estimait bon pour le service plutôt dans une compétition musclée, style Bundesliga ou Premier League. En France, il a perfectionné sa technique. "C'est ce que je voulais faire: avoir une étape intermédiaire, travailler mes points faibles", dit-il. "Je suis prêt pour la suite". Pierre Bilic"Alain Perrin veut gagner avec ou sans nous"