Joseba Etxeberria (32 ans) dispute sa 15e saison avec l'Athletic, mais a été formé à la... Real Sociedad ! Né à Elgóibar, un petit patelin situé entre Bilbao et San Sebastián, il n'est donc pas un produit du fameux centre de formation de Lezama. Il n'a rejoint Bilbao " qu'à " 17 ans.
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Joseba Etxeberria (32 ans) dispute sa 15e saison avec l'Athletic, mais a été formé à la... Real Sociedad ! Né à Elgóibar, un petit patelin situé entre Bilbao et San Sebastián, il n'est donc pas un produit du fameux centre de formation de Lezama. Il n'a rejoint Bilbao " qu'à " 17 ans. JosebaEtxeberria : Par les gens de l'Athletic, oui. Par ceux de la Real Sociedad, pas du tout. La rivalité est grande, et aux yeux des supporters de San Sebastián, je n'étais pas loin de passer pour un traître. D'abord le fait qu'au Pays Basque, le foot est ancré dans la tradition populaire. Très jeunes, les enfants rêvent d'intégrer un centre de formation. Lezama est un modèle. L'avantage d'un club basé sur les joueurs du cru, c'est que lorsque cela va un petit peu moins bien, tout le monde se retrousse les manches. On ne fuit pas ses responsabilités, comme cela peut être le cas dans d'autres clubs composés de mercenaires. C'est plus qu'un club, c'est la fierté de toute une région. En tant que joueur, on ne peut que donner le maximum pour répondre à cette ferveur populaire. Tout le monde est très fier de défendre les couleurs. Jouer dans la Cathédrale de San Mamés, c'est très spécial. Pour l'ambiance et la grandeur qui transpire des lieux. On a une histoire vieille de 110 ans et on n'a jamais connu une descente... Tous les clubs espagnols, à l'exception des deux grands, ont traversé une période difficile. Le couperet est déjà tombé sur l'Atlético Madrid, pour ne citer que celui-là. L'Athletic a aussi traversé des périodes difficiles, et le couperet est passé très près il y a quelques années, mais on a toujours eu la chance de redresser la tête à temps. La qualification pour la Ligue des Champions, en 1998. On avait réalisé une saison phénoménale. On avait démarré en trombe, le groupe a pris confiance et on a continué sur notre lancée. Au bout du compte, on a terminé vice-champion..., mais tout de même assez loin du FC Barcelone. C'est le maximum qu'on pouvait atteindre. Un nouveau titre de champion devient une utopie pour l'Athletic, mais je ne suis pas pessimiste. Les clubs, frappés par la crise financière, devront puiser de plus en plus dans leur réservoir de jeunes, et à ce niveau, Bilbao possède plusieurs longueurs d'avance. Effectivement. Le second point commun, c'est le centre de formation. La Masía est aussi un modèle du genre, et Barcelone a été champion d'Europe avec six ou sept joueurs du sérail. Mais les Catalans peuvent, en plus, ajouter de grands joueurs étrangers. Parfois, en les engageant très jeunes, comme Lionel Messi qui a aussi suivi sa formation à La Masía. A Lezama, on ne peut engager que des jeunes Basques. A la Real Sociedad, on avait longtemps tenu la même philosophie, mais on a fini par céder à la tentation. Le premier joueur étranger engagé fut John Aldridge. Depuis lors, la liste s'est allongée. La Real Sociedad est un club très différent de l'Athletic. La passion est beaucoup plus vive à Bilbao. Même lorsqu'on affronte des équipes de bas de classement, San Mamés affiche complet. Ce n'est pas le cas à Anoeta. D'une certaine manière, oui. Mais la Real Sociedad joue les premiers rôles en D2, on retrouvera peut-être le derby régional la saison prochaine. Il fut un temps où l'on avait aussi le Deportivo Alavés, mais lui aussi est descendu. Cela dit, le derby n'est pas le match qui déchaîne le plus les passions au Pays Basque. C'est plutôt la venue du Real Madrid qui déclenche l'hystérie. Oui. Le Real Madrid est le club de la capitale, celui des nantis. Barcelone est aussi un nanti, mais entre le Barça et l'Athletic, il y a davantage de points communs. Oui, c'est exact. Je n'ai encore que 32 ans, mais j'ai commencé très jeune et je pense qu'il est temps de penser à autre chose. 15 années en D1, c'est long et cela use. Ce serait bien de réaliser un bon deuxième tour dans la Liga, qui permettrait au club de se qualifier une nouvelle fois pour l'Europa League. Un rêve serait d'atteindre la finale de Hambourg. L'Athletic a déjà tout gagné en Espagne, mais encore rien sur la scène européenne. Les supporters en rêvent. Dans un premier temps, il faudra éliminer Anderlecht. Ce ne sera pas simple, mais je pense qu'il y avait pire comme tirage. En préparation, on avait déjà affronté le Sporting bruxellois et on avait partagé 2-2. Si l'on passe, on devra affronter le vainqueur de Hambourg-PSV. Le club allemand sait qu'il organisera la finale et sera donc très motivé, à l'image du Real Madrid en Ligue des Champions. Mais je pense qu'on peut franchir ces deux écueils. J'aimerais devenir entraîneur. D'abord chez les jeunes, puis tenter ma chance dans un club de D1. J'ai déjà eu l'occasion d'entraîner des jeunes dans le passé, et je me suis rapidement rendu compte que cela me passionnait. Je crois que le modèle en Espagne, pour tous les gens de ma génération, est Pep Guardiola. Il est encore jeune lui aussi, et j'ai eu l'occasion de le côtoyer en sélection. Il a démontré qu'il était capable de combiner les titres avec le beau jeu. Bref, il a quasiment atteint la perfection. Pour moi, le meilleur fut Ernesto Valverde. Il était parvenu à consolider un bloc-équipe très solide et a obtenu des résultats en prônant un football offensif, très attrayant pour le public. On inscrivait beaucoup de buts à l'époque.