Le stade du RFC Tournai a de la gueule et sa tribune principale n'a rien à envier à celles de nombreux clubs pros. Omniprésentes, les longues fenêtres entourent un cylindre de briques rouges où trône l'enseigne "Stade Luc Varenne".

" Le nom de l'ancien commentateur était idéal pour avoir quelque chose de neutre ", commente Jean-Michel, le CQ au polo noir floqué de son prénom. En 2002, son Union - détenteur du prestigieux matricule 26 - fusionne avec le rival du Racing, au palmarès plus brillant. Un mariage désormais digéré mais qui offre aujourd'hui encore quelques belles saillies. " On vient de placer un Racingman de 90 ans à l'hospice alors qu'un autre ne voit plus très clair ", précise Jean-Michel. " Avec humour, je leur dis qu'on a enfin réussi à les avoir. "

Artilleurs en rédemption

À une heure du coup d'envoi, l'arrivée de Henri suscite une vive émotion. Supporter acharné victime d'un AVC, il assiste en chaise roulante à son premier match depuis deux ans. Et voit plusieurs délégations se succéder pour lui serrer la pince avec un grand sourire. " Je ne peux malheureusement pas boire de bières. Pourtant, je ne serais pas gêné vu que je ne sens même plus quand je dois pisser ", plaisante-t-il en référence à sa paralysie sous le nombril. Président de la section de supporters "Les Artilleurs" pendant des années, Henri n'est pas du genre à pleurer la belle époque du RFC en D2. " Je suis d'abord très heureux que l'on ait récemment retrouvé le Sang et Or sur nos maillots. C'est un hommage logique à la fusion et aux couleurs de la ville. " Dans la tribune principale, qui peut accueillir près de 2800 spectateurs assis, une dizaine de stewards communiquent avec des talkies-walkies. Les réflexes d'un temps où il fallait canaliser les supporters de l'Antwerp, sans doute. Alors que les gamins du club accompagnent les joueurs sur la pelouse, l'assistance s'active pour souhaiter un bon anniversaire au - très bon - gardien local.

© photos : émilien hofman

Chemise bleue et allure bonhomme, Rudi Lemoine fait les cent pas pour gérer la pénurie de baguettes à laquelle les vendeurs de hot dogs font face. Il est président des Rats depuis juin dernier. " Je veux que l'on redore l'image du club de Tournai qui a été ternie ces derniers mois ", glisse-t-il en évoquant les incidents entre supporters (contre Onhaye en mai puis à Manage en septembre) et "L'affaire Richelle". Lors du premier match du tour final de D3 amateurs, la demi-heure légale d'interruption du match a été dépassée pour évacuer un joueur blessé. Tournai a donc porté réclamation, a rejoué et gagné la rencontre. De quoi récolter de nombreuses critiques. " C'est le règlement ", se défend celui qui facture 18 saisons d'arbitrage dont l'une ou l'autre à la ligne en Division 2. " Mais on veut prouver que notre club n'est pas malveillant. Au contraire. " Au-delà de l'objectif de rallier la D1 amateurs dans les cinq ans, les Hennuyers ont donc une mission séduction à mener.

© photos : émilien hofman

Lundi perdu

Le bar situé dans le parcage en béton de la tribune debout tourne le dos au terrain. " On se fie aux cris pour savoir ce qui se passe ", confie un des trois serveurs, complété par la femme du président. " J'ai déjà dit à mon mari qu'il était temps de faire un trou dans les escaliers pour qu'on en profite aussi. " Alors que Tournai ouvre la marque sur corner, Laurent amuse la galerie. Déguisé en lapin. " Ce costume fait référence au Lundi perdu, le "troisième réveillon" du mois de janvier, lorsque l'on mange du lapin aux pruneaux ", précise ce vieux de la vieille, présent lorsque les Tournaisiens ont débarqué avec 34 cars à Anderlecht pour un match de Coupe de Belgique. Sur la pelouse, le RFC se défait finalement 2-0 de Tertre-Hautrage et poursuit sa remontée au classement de D3A. " On n'était pas beaux, mais on a fait preuve de caractère ", analyse l'entraîneur Carmelo Cannetti une fois installé dans son bureau. " C'est positif : les supporters s'identifient plus vite à une équipe quand ils voient leur attaquant tacler. " Qu'il soit Unioniste ou Racingman.

© photos : émilien hofman
© photos : émilien hofman
© photos : émilien hofman
© photos : émilien hofman
Le stade du RFC Tournai a de la gueule et sa tribune principale n'a rien à envier à celles de nombreux clubs pros. Omniprésentes, les longues fenêtres entourent un cylindre de briques rouges où trône l'enseigne "Stade Luc Varenne". " Le nom de l'ancien commentateur était idéal pour avoir quelque chose de neutre ", commente Jean-Michel, le CQ au polo noir floqué de son prénom. En 2002, son Union - détenteur du prestigieux matricule 26 - fusionne avec le rival du Racing, au palmarès plus brillant. Un mariage désormais digéré mais qui offre aujourd'hui encore quelques belles saillies. " On vient de placer un Racingman de 90 ans à l'hospice alors qu'un autre ne voit plus très clair ", précise Jean-Michel. " Avec humour, je leur dis qu'on a enfin réussi à les avoir. " À une heure du coup d'envoi, l'arrivée de Henri suscite une vive émotion. Supporter acharné victime d'un AVC, il assiste en chaise roulante à son premier match depuis deux ans. Et voit plusieurs délégations se succéder pour lui serrer la pince avec un grand sourire. " Je ne peux malheureusement pas boire de bières. Pourtant, je ne serais pas gêné vu que je ne sens même plus quand je dois pisser ", plaisante-t-il en référence à sa paralysie sous le nombril. Président de la section de supporters "Les Artilleurs" pendant des années, Henri n'est pas du genre à pleurer la belle époque du RFC en D2. " Je suis d'abord très heureux que l'on ait récemment retrouvé le Sang et Or sur nos maillots. C'est un hommage logique à la fusion et aux couleurs de la ville. " Dans la tribune principale, qui peut accueillir près de 2800 spectateurs assis, une dizaine de stewards communiquent avec des talkies-walkies. Les réflexes d'un temps où il fallait canaliser les supporters de l'Antwerp, sans doute. Alors que les gamins du club accompagnent les joueurs sur la pelouse, l'assistance s'active pour souhaiter un bon anniversaire au - très bon - gardien local. Chemise bleue et allure bonhomme, Rudi Lemoine fait les cent pas pour gérer la pénurie de baguettes à laquelle les vendeurs de hot dogs font face. Il est président des Rats depuis juin dernier. " Je veux que l'on redore l'image du club de Tournai qui a été ternie ces derniers mois ", glisse-t-il en évoquant les incidents entre supporters (contre Onhaye en mai puis à Manage en septembre) et "L'affaire Richelle". Lors du premier match du tour final de D3 amateurs, la demi-heure légale d'interruption du match a été dépassée pour évacuer un joueur blessé. Tournai a donc porté réclamation, a rejoué et gagné la rencontre. De quoi récolter de nombreuses critiques. " C'est le règlement ", se défend celui qui facture 18 saisons d'arbitrage dont l'une ou l'autre à la ligne en Division 2. " Mais on veut prouver que notre club n'est pas malveillant. Au contraire. " Au-delà de l'objectif de rallier la D1 amateurs dans les cinq ans, les Hennuyers ont donc une mission séduction à mener. Le bar situé dans le parcage en béton de la tribune debout tourne le dos au terrain. " On se fie aux cris pour savoir ce qui se passe ", confie un des trois serveurs, complété par la femme du président. " J'ai déjà dit à mon mari qu'il était temps de faire un trou dans les escaliers pour qu'on en profite aussi. " Alors que Tournai ouvre la marque sur corner, Laurent amuse la galerie. Déguisé en lapin. " Ce costume fait référence au Lundi perdu, le "troisième réveillon" du mois de janvier, lorsque l'on mange du lapin aux pruneaux ", précise ce vieux de la vieille, présent lorsque les Tournaisiens ont débarqué avec 34 cars à Anderlecht pour un match de Coupe de Belgique. Sur la pelouse, le RFC se défait finalement 2-0 de Tertre-Hautrage et poursuit sa remontée au classement de D3A. " On n'était pas beaux, mais on a fait preuve de caractère ", analyse l'entraîneur Carmelo Cannetti une fois installé dans son bureau. " C'est positif : les supporters s'identifient plus vite à une équipe quand ils voient leur attaquant tacler. " Qu'il soit Unioniste ou Racingman.