Voici quelques mois, RaymondGoethals s'en est allé au paradis des footballeurs et Milorad" Michel "Pavic vient de le rejoindre. Après le décès de l'entraîneur qui m'a lancé en D1, je viens d'apprendre, avec tristesse, la disparition de mon coach préféré. Tous les deux auront marqué l'histoire des Rouches, l'un en étant toujours à l'heure actuelle le dernier mentor à conduire les Liégeois au titre, l'autre en ayant occupé par trois fois le poste de patron sportif du club de Sclessin. Ils s'en sont allés tous les deux dans leur 84e année.
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Voici quelques mois, RaymondGoethals s'en est allé au paradis des footballeurs et Milorad" Michel "Pavic vient de le rejoindre. Après le décès de l'entraîneur qui m'a lancé en D1, je viens d'apprendre, avec tristesse, la disparition de mon coach préféré. Tous les deux auront marqué l'histoire des Rouches, l'un en étant toujours à l'heure actuelle le dernier mentor à conduire les Liégeois au titre, l'autre en ayant occupé par trois fois le poste de patron sportif du club de Sclessin. Ils s'en sont allés tous les deux dans leur 84e année. Michel Pavic a marqué l'histoire du football belge en entraînant également le. Club Bruges, Liège et Tilleur mais aussi le foot international en transitant notamment par le Sporting Portugal, le Celta Vigo et Belgrade. Je garderai de cet homme l'image de quelqu'un de profondément juste. Avec lui, pas de nom, pas de favoritisme. Il mettait tout le noyau sur le même pied et s'intéressait à tout le monde, et certainement à ceux qui jouaient moins. C'était un être humain de grande classe, avec une éducation hors du commun. Il avait un très grand respect de la personne humaine. Grand tacticien, c'était quelqu'un qui maîtrisait au plus haut point les techniques de motivation. Je me souviens, à ce propos, de ses paroles avant le match aller de Coupe d'Europe à Rijeka. Nous jouions le mercredi en ex-Yougoslavie et, le samedi précédent, l'équipe gagna, en mon absence car j'étais suspendu, par 5 buts à 0. Lors du traditionnel décrassage du dimanche matin, il m'appela en aparté. Ma première réaction fut de penser que, vu la large victoire remportée la veille, il allait m'annoncer qu'il ne changerait pas l'équipe et que je devrais me contenter d'une place sur le banc. Que du contraire : il me demanda à quelle place je voulais jouer mercredi. Tellement surpris par sa question, je me contentai de répondre : " C'est pareil puisque je suis polyvalent ". C'était la première fois qu'un entraîneur me proposait cela et je n'en profitais même pas tant sa question était déroutante. Il me dit alors : " Le joueur le plus fort de Rijeka joue extérieur gauche, vous (car il vouvoyait tous ses joueurs) allez jouer arrière droit ". Et le jour du match, dans le hall de l'hôtel, juste avant de prendre le car pour aller au stade, il ponctua sa technique de motivation en m'appelant auprès de JeanWauters et AndréDuchêne en leur disant :" Vous voyez, messieurs, c'est le meilleur joueur de mon équipe ". Peut-être avait-il eu la même attitude avec les 10 autres titulaires de ce soir-là, mais en tout cas, ces paroles valaient tous les meilleurs produits dopants réunis. Mais l'image la plus forte de ce gentleman restera son visage livide le jour où la direction lui annonça son limogeage à une semaine de la finale de la Coupe de Belgique contre Anderlecht en 1988. Il avait conduit son équipe jusqu'à l'apothéose au Heysel et on le privait de son cadeau d'adieu car il avait décidé d'arrêter à la fin de cette saison-là ! Rien ne dit qu'avec l'homme qui avait construit la défense de fer des années 60, nous n'aurions pas remporté le précieux trophée ? Enfin, on ne refait pas l'histoire. Ciao Monsieur Pavic ! Étienne Delangre" Je n'oublierai pas son visage livide lors de son LIMOGEAGE à UNE SEMAINE DE LA FINALE de la Coupe 1988 "