Alors que le Standard n'a pas encore enlevé le crêpe noir qui lui barre le coeur depuis le décès de Jean Nicolay, une autre légende des années 60 vient de tirer sa révérence : Milan Galic, 76 ans, un des meilleurs attaquants de l'histoire des Rouches, un grand format européen formé au Partizan de Belgrade. Je l'ai interviewé longuement à deux reprises dans la capitale serbe en 1998 et en 2010. Galic n'avait pas sa langue en poche et, lui qui avait pris le soin de terminer ses études de droit, savait défendre sa cause. Même ...

Alors que le Standard n'a pas encore enlevé le crêpe noir qui lui barre le coeur depuis le décès de Jean Nicolay, une autre légende des années 60 vient de tirer sa révérence : Milan Galic, 76 ans, un des meilleurs attaquants de l'histoire des Rouches, un grand format européen formé au Partizan de Belgrade. Je l'ai interviewé longuement à deux reprises dans la capitale serbe en 1998 et en 2010. Galic n'avait pas sa langue en poche et, lui qui avait pris le soin de terminer ses études de droit, savait défendre sa cause. Même s'il était diminué lors de notre dernier entretien (" J'accuse le poids des ans. "), un journaliste ne peut qu'apprécier de tels échanges. Galic n'avait rien oublié de son passage à Sclessin (1966-1970). Il encensa ou n'épargna pas ses connaissances d'autrefois : " J'ai vécu de bons moments à Liège, le petit Paris, avec les Henri Depireux, Nicolay, Christian Piot, Nicolas Dewalque, Léon Jeck, Jacky Beurlet, Jean Thissen, Louis Pilot, Jean-Paul Colonval, Léon Semmeling, SylvestreTakac, Ewin Kostedde et surtout le meilleur milieu de terrain que j'ai connu : Wilfried VanMoer. Le Chef, René Hauss, a parfaitement prolongé le travail du Professeur, MichelPavic. Roger Claessen avait tout dans les jambes mais rien dans la tête. Il ne lui restait plus qu'à perfectionner son jeu court pour devenir un numéro 9 de classe mondiale. J'espérais l'aider mais il s'est dissipé : dommage mais c'était probablement son destin. " Ses relations avec Roger Petit furent parfois houleuses : " À un moment, j'en ai eu assez d'attendre une prime de 11.000 dollars que Petit me devait. Je l'ai obtenue mais il était navrant de réclamer son dû. Petit me disait sans cesse : - Plus tard, Milan, plus tard, je dois d'abord régler d'autres choses. C'est pour cela, selon moi, que Petit n'était pas un bon dirigeant pour les joueurs. Il pensait au club, je ne le nie pas, mais quand il fallait payer, pardon... Je ne lui ai plus jamais parlé après notre succès 2-3 au Real Madrid en 1970 : nous n'avions plus rien à nous dire. " En 1966, Galic débarque de Belgrade, via Paris, et est présenté à ses nouveaux équipiers quelques minutes avant de prendre part à son premier match de D1 : Anderlecht-Standard ! Petit entendait frapper les imaginations et prouver que son club pouvait s'offrir une star mondiale, médaille d'or aux JO de Rome en 1960, finaliste de la CE1 en 1966 avec le Partizan de Belgrade (battu 2-1 par le Real Madrid à Bruxelles), etc. Deux titres sous le bras, Galic prit ensuite le chemin du Stade de Reims en 1970. C'est un homme très ému qui évoqua tout cela, son héritage sportif, avec nous en 2010. PAR PIERRE BILIC