Pour évoquer le championnat d'Italie, dont les trois coups seront frappés le week-end prochain, on ne peut évidemment rêver de meilleur interlocuteur que Luis Oliveira (35 ans). Après avoir fourbi ses armes à Anderlecht, de 1988 à 92 (95 matches, 36 buts), le Belgo-Brésilien a effectué un vaste tour du Calcio qui l'a mené, tour à tour, à Cagliari (1992-96, 121m-42b), la Fiorentina (1996 - septembre 99, 95m-27b), à nouveau Cagliari (septembre 1999-00, 24m-4b), Bologne (2000-01, 17m-1b), Côme (en Serie B 2001-02, 33m-23b) et Catane (2002-04, 73 m-28b).

En fin de contrat dans le club sicilien, le bail de Lulugol n'a pas été reconduit et n'avait toujours pas trouvé preneur à la fin du mercato d'été. C'est donc chez lui, en Sardaigne, que l'ancien Diable Rouge a eu l'amabilité de nous recevoir : dans son hacienda de Muravera d'abord, où il s'adonne à l'élevage de chevaux puis, non loin de là, à Costa Rei, une station balnéaire huppée où il exploite depuis cinq ans un bar-restaurant en période estivale : L'Escargot.

" L'appellation se réfère à la forme conique de l'établissement et non à ma propre vitesse ", observe Luis. " Mes chronos n'ont guère faibli au fil des ans. Même si les efforts répétés me font à présent davantage souffrir qu'à l'époque de mes débuts en Belgique ".

Mais qu'est-ce qui fait encore courir Luis Oliveira ?

L'amour du métier. Mon épouse, Anna-Lisa, me répète souvent que le football est la seule activité où j'excelle. Malgré les trois beaux enfants que je lui ai faits, elle n'a peut-être pas complètement tort (il rit). C'est une passion que je veux entretenir le plus longtemps possible. J'ai beau avoir atteint un âge respectable pour un attaquant, je me sens toujours très bien et ne désespère pas jouer jusqu'à 38 ans, voire même davantage. J'ai eu l'une ou l'autre offre, de Pise ( SerieC) notamment, mais elles n'étaient pas intéressantes. En quittant Anderlecht, j'ai eu le bonheur de pouvoir multiplier mon salaire par six. Aujourd'hui, la meilleure proposition que j'ai eue représentait douze fois moins... donc la moitié de ce que j'avais à Anderlecht. Désolé : si je suis disposé à faire des sacrifices financiers, je ne vais pas non plus me brader. J'ai ma fierté.

Lors de ton retour à Cagliari, en 1999, beaucoup ont cru que tu avais bouclé la boucle.

La plupart des gens s'imaginaient que j'allais terminer ma carrière pépère en Sardaigne à ce moment. Mais c'était mal me connaître puisque j'ai rebondi par la suite à mille kilomètres de là, à Côme. Si j'avais réellement choisi la facilité, je n'aurais jamais emmené les miens dans le nord de l'Italie, puis à Catane, en Sicile. En l'espace d'un an, ma fille aînée, Alessia, a fréquenté trois établissements scolaires.

Vit-on le football différemment selon que l'on est Lombard, Sarde ou Sicilien ?

J'ai transité par trois clubs où le public est extrêmement critique. La Fiorentina d'abord, où les tifosi ne pardonnent rien à leurs favoris, qu'ils s'appellent Gabriel Batistuta ou non. Cagliari ensuite, où les gens brûlent très vite ce qu'ils ont adoré, comme j'en ai fait l'expérience lors de ma deuxième période sur place. Et enfin Catane, qui possède à la fois le public le plus chaud et le plus versatile que j'aie connu. Je souhaite beaucoup de plaisir à Johan Walem, nouveau venu là-bas cette saison. Il a intérêt à bien s'accrocher (il rit).

Nivellement vers le bas

Pour la première fois depuis un demi-siècle, la Botte italienne et ses deux îles majeures seront représentées parmi l'élite. Signe des temps ?

Il dénote en tout cas un nivellement vers le bas du football transalpin. Quand j'ai commencé en Serie A, en 1992, Cagliari faisait figure d'exception car il constituait le seul représentant insulaire. D'une manière générale, le sud du pays était très faiblement représenté, hormis Bari et Lecce. A présent, les clubs siciliens de Palerme et Messine répondent tous deux présents au plus haut niveau. Cet honneur, ils ne le doivent pas à une recrudescence de leurs moyens mais plutôt à l'appauvrissement des autres. Ils ont tout simplement su profiter de l'incroyable folie des grandeurs qui a conduit certains noms emblématiques, comme Naples par exemple, à la faillite. Sans ce concours de circonstances, jamais l'élite ne leur aurait été réservée.

En Belgique, le décalage est important entre la D2 et la D1. Qu'en est-il en Italie, où tu as joué aux deux échelons ?

Contrairement à la Serie A, où bon nombre d'équipes ont évolué ces dernières années vers un football plus positif, la B est restée fidèle à une approche très prudente. Or, pour faire illusion de nos jours, on ne peut plus se contenter de défendre uniquement. Il faut oser mettre le nez à la fenêtre et la plupart des clubs, au sommet du football italien, l'ont parfaitement compris. En réalité, seule la Squadra constitue l'exception à la règle générale. Avec Dino Zoff à l'EURO 2000 et Giovanni Trapattoni au Mondial 2002 ainsi qu'à l'EURO 2004, elle a payé très cher son manque global d'esprit d'initiative. Ce genre de catenaccio ne se vérifie heureusement plus à l'échelon des ténors de la compétition. La preuve : à l'exception du défenseur international Fabio Cannavaro, passé de l'Inter à la Juventus cet été, la plupart des opérations retentissantes concernaient des buteurs. Comme le passage de Zlatan Ibrahimovic chez les Bianconeri de la Juve ou encore celui de Mido à l'AS Rome, pour ne citer que ceux-là. Sans compter que la nomination, au poste de coach, de deux anciens grands attaquants comme Roberto Mancini à l'Inter ou Rudi Völler à l'AS Rome traduit sans conteste une même volonté d'aller de l'avant.

D'après toi, qui est favori du prochain championnat ?

A mes yeux, l'AC Milan, détenteur du titre, sera une nouvelle fois l'équipe à battre. Les Rossoneri dispensent tout simplement le meilleur football en Italie. Par son approche offensive, l'entraîneur Carlo Ancelotti se révèle le digne héritier d'Arrigo Sacchi, sous les ordres duquel il a travaillé à San Siro et donc il était l'adjoint en équipe nationale. Pour avoir offert la Ligue des Champions à son club en 2003 et le scudetto un an plus tard, je ne suis pas surpris de la récente prolongation de son contrat jusqu'en 2007. L'homme sait où il va. A son instigation, l'AC n'a pas témoigné, comme d'autres, d'une activité fébrile sur le marché des transferts. Mais il a judicieusement ciblé ses priorités. Avec Hernan Crespo, il possède un joker de luxe au cas où Pippo Inzaghi, sujet à des blessures, devait déclarer forfait au côté d'Andriy Shevchenko. Dans le secteur défensif, Milan a frappé très fort aussi en s'assurant les services de ce stoppeur implacable qu'est Jaap Stam. De fait, seul le Français Vikash Dhorasoo représente une énigme pour moi. Il va être une solution de rechange intéressante pour Andrea Pirlo mais je ne le connais pas suffisamment pour émettre un jugement valable à son propos.

Derrière l'AC Milan, qui pointes-tu ?

En tout premier lieu, son frère ennemi, l'Inter. Les Nerazzurri ont opéré plusieurs transferts extrêmement pertinents, en particulier au sein de leur ligne médiane. Avec Ze Maria Ferreira, Juan Sebastian Veron et, plus particulièrement, Edgar Davids, ils auront le répondant à la fois physique et technique qui leur a cruellement manqué ces dernières années. Après avoir pour ainsi dire dépensé 500 millions d'euros en pure perte depuis son accession à la tête du club, en 1995, j'ai bel et bien l'impression que le président Massimo Moratti touchera très près du but cette fois. A défaut d'être sacré champion en fin de saison, il posera peut-être les jalons d'un titre coïncidant avec sa dixième année de pouvoir au stade Giuseppe Meazza. En tout cas, je le félicite d'avoir eu le bon goût d'opter pour Roberto Mancini plutôt que pour Alberto Zaccheroni, adepte d'une approche nettement plus frileuse.

Anderlecht va souffrir devant l'Inter

Petite diversion : en Ligue des Champions, que peut espérer Anderlecht face à l'Inter ?

Honnêtement, je ne sais pas du tout ce que vaut exactement le Sporting actuel. Dans le dernier exemplaire de Sport Foot Magazine il y avait un poster du RSCA. Mais sur les onze joueurs présents, seuls trois noms m'étaient familiers : Walter Baseggio, Mbo Mpenza et, dans une moindre mesure, Vincent Kompany. Besnik Hasi ? Jamais entendu parler ! Idem pour Michal Zewlakow ou Olivier Deschacht. Dans ces conditions, il m'est difficile de me prononcer. Je me fais toutefois la réflexion que si mon ex-pote Pär Zetterberg ne figure plus dans l'équipe de base actuelle, Anderlecht doit quand même présenter quelques références. Au Parc Astrid, les Mauves peuvent éventuellement envisager une bonne opération, mais au Meazza, ce sera autrement compliqué. Pour moi, l'Inter et Valence sont les deux principaux candidats à la qualification en huitièmes de finale.

Derrière les deux clubs milanais, qui recueille tes suffrages ?

La Juventus et l'AS Rome, dans cet ordre. Sous l'impulsion de leur nouveau mentor, Fabio Capello, les Bianconeri ont fait fort en acquérant à la fois Cannavaro et Ibrahimovic. D'après moi, dans des registres divers, ce sont les deux transferts de l'année. Les Giallorossi ont imité le même exemple avec les acquisitions de Philippe Mexès derrière et d'Ahmed Mido Hossam aux avant-postes. De quoi consolider chaque fois deux secteurs.

Après ce quatuor, quels seront les outsiders ?

Personnellement, j'en vois deux : la Fiorentina d'abord, puis Palerme. Mon ancien club revient de très loin et a marqué le mercato de son empreinte. Il a recruté pour plus de 27 millions d'euros. Parmi ces acquisitions, on relève plusieurs noms intéressants comme les médians Hidetoshi Nakata et Martin Jorgensen ou encore Fabrizio Miccoli, de la Juve. Pour moi, la Vecchia Signora a probablement fait une erreur en se séparant pour une année de ce jeune attaquant doué au profit d'Alessandro Del Piero. Celui-ci représente le passé, alors que son compère, âgé de 25 ans, est un élément d'avenir. Quant à Palerme, c'est l'équipe qui monte. Elle est essentiellement composée de jeunes joueurs entourés de plusieurs éléments chevronnés. Les Siciliens ont réalisé une toute bonne opération en enrôlant le buteur argentin d'Estudiantes, Ernesto Farias. Avec Zlatan Ibrahimovic, de la Juventus, et Daniele De Rossi, de l'AS Rome, il devrait logiquement faire partie des révélations.

Dans le ventre mou, qui attendez-vous ?

Le sub-top traditionnel : Parme, l'Udinese, la Sampdoria et la Lazio. Dans la deuxième partie du tableau, il faut ranger tous les autres : l'Atalanta, Bologne, Cagliari, Brescia, Lecce, Chievo, Messine, la Reggina, Sienne et Livourne. Ces deux derniers éprouveront probablement le plus de difficultés à se maintenir.

La série A est passée de 18 à 20 clubs cette année. Avec quelles conséquences ?

C'est surtout délicat pour ceux qui sont amenés à se produire sur la scène européenne. Contre les sans grade, ils n'auront pas le droit à l'erreur.

Marcello Lippi a remplacé Giovanni Trapattoni à la tête des Azzurri après l'EURO 2004. Un changement bénéfique ?

Le nouveau sélectionneur n'a pas hésité à injecter du sang neuf avec des garçons comme Daniele Bonera, Nicola Legrottaglie, Alberto Gilardino, Massimo Oddo, Luciano Zauri, Daniele De Rossi, Stefano Diana et Luca Toni entre autres. Mais osera-t-il se priver de certains qui n'ont plus que leur nom à faire valoir ? Des garçons comme Alessandro Del Piero ou Francesco Totti, doivent leur présence davantage à leur réputation qu'à leurs prestations sur le terrain ces dernières années. Pour bien faire, Marcello Lippi devrait se passer définitivement de leurs services. Mais aura-t-il cette audace ? C'est la question que je me pose. Au même titre que des millions d'autres tifosi, d'ailleurs.

Bruno Govers, envoyé spécial en Sardaigne

" IBRAHIMOVIC, DE ROSSI ET FARIAS seront les révélations de la saison "

Pour évoquer le championnat d'Italie, dont les trois coups seront frappés le week-end prochain, on ne peut évidemment rêver de meilleur interlocuteur que Luis Oliveira (35 ans). Après avoir fourbi ses armes à Anderlecht, de 1988 à 92 (95 matches, 36 buts), le Belgo-Brésilien a effectué un vaste tour du Calcio qui l'a mené, tour à tour, à Cagliari (1992-96, 121m-42b), la Fiorentina (1996 - septembre 99, 95m-27b), à nouveau Cagliari (septembre 1999-00, 24m-4b), Bologne (2000-01, 17m-1b), Côme (en Serie B 2001-02, 33m-23b) et Catane (2002-04, 73 m-28b). En fin de contrat dans le club sicilien, le bail de Lulugol n'a pas été reconduit et n'avait toujours pas trouvé preneur à la fin du mercato d'été. C'est donc chez lui, en Sardaigne, que l'ancien Diable Rouge a eu l'amabilité de nous recevoir : dans son hacienda de Muravera d'abord, où il s'adonne à l'élevage de chevaux puis, non loin de là, à Costa Rei, une station balnéaire huppée où il exploite depuis cinq ans un bar-restaurant en période estivale : L'Escargot. " L'appellation se réfère à la forme conique de l'établissement et non à ma propre vitesse ", observe Luis. " Mes chronos n'ont guère faibli au fil des ans. Même si les efforts répétés me font à présent davantage souffrir qu'à l'époque de mes débuts en Belgique ". L'amour du métier. Mon épouse, Anna-Lisa, me répète souvent que le football est la seule activité où j'excelle. Malgré les trois beaux enfants que je lui ai faits, elle n'a peut-être pas complètement tort (il rit). C'est une passion que je veux entretenir le plus longtemps possible. J'ai beau avoir atteint un âge respectable pour un attaquant, je me sens toujours très bien et ne désespère pas jouer jusqu'à 38 ans, voire même davantage. J'ai eu l'une ou l'autre offre, de Pise ( SerieC) notamment, mais elles n'étaient pas intéressantes. En quittant Anderlecht, j'ai eu le bonheur de pouvoir multiplier mon salaire par six. Aujourd'hui, la meilleure proposition que j'ai eue représentait douze fois moins... donc la moitié de ce que j'avais à Anderlecht. Désolé : si je suis disposé à faire des sacrifices financiers, je ne vais pas non plus me brader. J'ai ma fierté. La plupart des gens s'imaginaient que j'allais terminer ma carrière pépère en Sardaigne à ce moment. Mais c'était mal me connaître puisque j'ai rebondi par la suite à mille kilomètres de là, à Côme. Si j'avais réellement choisi la facilité, je n'aurais jamais emmené les miens dans le nord de l'Italie, puis à Catane, en Sicile. En l'espace d'un an, ma fille aînée, Alessia, a fréquenté trois établissements scolaires. J'ai transité par trois clubs où le public est extrêmement critique. La Fiorentina d'abord, où les tifosi ne pardonnent rien à leurs favoris, qu'ils s'appellent Gabriel Batistuta ou non. Cagliari ensuite, où les gens brûlent très vite ce qu'ils ont adoré, comme j'en ai fait l'expérience lors de ma deuxième période sur place. Et enfin Catane, qui possède à la fois le public le plus chaud et le plus versatile que j'aie connu. Je souhaite beaucoup de plaisir à Johan Walem, nouveau venu là-bas cette saison. Il a intérêt à bien s'accrocher (il rit). Il dénote en tout cas un nivellement vers le bas du football transalpin. Quand j'ai commencé en Serie A, en 1992, Cagliari faisait figure d'exception car il constituait le seul représentant insulaire. D'une manière générale, le sud du pays était très faiblement représenté, hormis Bari et Lecce. A présent, les clubs siciliens de Palerme et Messine répondent tous deux présents au plus haut niveau. Cet honneur, ils ne le doivent pas à une recrudescence de leurs moyens mais plutôt à l'appauvrissement des autres. Ils ont tout simplement su profiter de l'incroyable folie des grandeurs qui a conduit certains noms emblématiques, comme Naples par exemple, à la faillite. Sans ce concours de circonstances, jamais l'élite ne leur aurait été réservée. Contrairement à la Serie A, où bon nombre d'équipes ont évolué ces dernières années vers un football plus positif, la B est restée fidèle à une approche très prudente. Or, pour faire illusion de nos jours, on ne peut plus se contenter de défendre uniquement. Il faut oser mettre le nez à la fenêtre et la plupart des clubs, au sommet du football italien, l'ont parfaitement compris. En réalité, seule la Squadra constitue l'exception à la règle générale. Avec Dino Zoff à l'EURO 2000 et Giovanni Trapattoni au Mondial 2002 ainsi qu'à l'EURO 2004, elle a payé très cher son manque global d'esprit d'initiative. Ce genre de catenaccio ne se vérifie heureusement plus à l'échelon des ténors de la compétition. La preuve : à l'exception du défenseur international Fabio Cannavaro, passé de l'Inter à la Juventus cet été, la plupart des opérations retentissantes concernaient des buteurs. Comme le passage de Zlatan Ibrahimovic chez les Bianconeri de la Juve ou encore celui de Mido à l'AS Rome, pour ne citer que ceux-là. Sans compter que la nomination, au poste de coach, de deux anciens grands attaquants comme Roberto Mancini à l'Inter ou Rudi Völler à l'AS Rome traduit sans conteste une même volonté d'aller de l'avant. A mes yeux, l'AC Milan, détenteur du titre, sera une nouvelle fois l'équipe à battre. Les Rossoneri dispensent tout simplement le meilleur football en Italie. Par son approche offensive, l'entraîneur Carlo Ancelotti se révèle le digne héritier d'Arrigo Sacchi, sous les ordres duquel il a travaillé à San Siro et donc il était l'adjoint en équipe nationale. Pour avoir offert la Ligue des Champions à son club en 2003 et le scudetto un an plus tard, je ne suis pas surpris de la récente prolongation de son contrat jusqu'en 2007. L'homme sait où il va. A son instigation, l'AC n'a pas témoigné, comme d'autres, d'une activité fébrile sur le marché des transferts. Mais il a judicieusement ciblé ses priorités. Avec Hernan Crespo, il possède un joker de luxe au cas où Pippo Inzaghi, sujet à des blessures, devait déclarer forfait au côté d'Andriy Shevchenko. Dans le secteur défensif, Milan a frappé très fort aussi en s'assurant les services de ce stoppeur implacable qu'est Jaap Stam. De fait, seul le Français Vikash Dhorasoo représente une énigme pour moi. Il va être une solution de rechange intéressante pour Andrea Pirlo mais je ne le connais pas suffisamment pour émettre un jugement valable à son propos. En tout premier lieu, son frère ennemi, l'Inter. Les Nerazzurri ont opéré plusieurs transferts extrêmement pertinents, en particulier au sein de leur ligne médiane. Avec Ze Maria Ferreira, Juan Sebastian Veron et, plus particulièrement, Edgar Davids, ils auront le répondant à la fois physique et technique qui leur a cruellement manqué ces dernières années. Après avoir pour ainsi dire dépensé 500 millions d'euros en pure perte depuis son accession à la tête du club, en 1995, j'ai bel et bien l'impression que le président Massimo Moratti touchera très près du but cette fois. A défaut d'être sacré champion en fin de saison, il posera peut-être les jalons d'un titre coïncidant avec sa dixième année de pouvoir au stade Giuseppe Meazza. En tout cas, je le félicite d'avoir eu le bon goût d'opter pour Roberto Mancini plutôt que pour Alberto Zaccheroni, adepte d'une approche nettement plus frileuse. Honnêtement, je ne sais pas du tout ce que vaut exactement le Sporting actuel. Dans le dernier exemplaire de Sport Foot Magazine il y avait un poster du RSCA. Mais sur les onze joueurs présents, seuls trois noms m'étaient familiers : Walter Baseggio, Mbo Mpenza et, dans une moindre mesure, Vincent Kompany. Besnik Hasi ? Jamais entendu parler ! Idem pour Michal Zewlakow ou Olivier Deschacht. Dans ces conditions, il m'est difficile de me prononcer. Je me fais toutefois la réflexion que si mon ex-pote Pär Zetterberg ne figure plus dans l'équipe de base actuelle, Anderlecht doit quand même présenter quelques références. Au Parc Astrid, les Mauves peuvent éventuellement envisager une bonne opération, mais au Meazza, ce sera autrement compliqué. Pour moi, l'Inter et Valence sont les deux principaux candidats à la qualification en huitièmes de finale. La Juventus et l'AS Rome, dans cet ordre. Sous l'impulsion de leur nouveau mentor, Fabio Capello, les Bianconeri ont fait fort en acquérant à la fois Cannavaro et Ibrahimovic. D'après moi, dans des registres divers, ce sont les deux transferts de l'année. Les Giallorossi ont imité le même exemple avec les acquisitions de Philippe Mexès derrière et d'Ahmed Mido Hossam aux avant-postes. De quoi consolider chaque fois deux secteurs. Personnellement, j'en vois deux : la Fiorentina d'abord, puis Palerme. Mon ancien club revient de très loin et a marqué le mercato de son empreinte. Il a recruté pour plus de 27 millions d'euros. Parmi ces acquisitions, on relève plusieurs noms intéressants comme les médians Hidetoshi Nakata et Martin Jorgensen ou encore Fabrizio Miccoli, de la Juve. Pour moi, la Vecchia Signora a probablement fait une erreur en se séparant pour une année de ce jeune attaquant doué au profit d'Alessandro Del Piero. Celui-ci représente le passé, alors que son compère, âgé de 25 ans, est un élément d'avenir. Quant à Palerme, c'est l'équipe qui monte. Elle est essentiellement composée de jeunes joueurs entourés de plusieurs éléments chevronnés. Les Siciliens ont réalisé une toute bonne opération en enrôlant le buteur argentin d'Estudiantes, Ernesto Farias. Avec Zlatan Ibrahimovic, de la Juventus, et Daniele De Rossi, de l'AS Rome, il devrait logiquement faire partie des révélations. Le sub-top traditionnel : Parme, l'Udinese, la Sampdoria et la Lazio. Dans la deuxième partie du tableau, il faut ranger tous les autres : l'Atalanta, Bologne, Cagliari, Brescia, Lecce, Chievo, Messine, la Reggina, Sienne et Livourne. Ces deux derniers éprouveront probablement le plus de difficultés à se maintenir. C'est surtout délicat pour ceux qui sont amenés à se produire sur la scène européenne. Contre les sans grade, ils n'auront pas le droit à l'erreur. Le nouveau sélectionneur n'a pas hésité à injecter du sang neuf avec des garçons comme Daniele Bonera, Nicola Legrottaglie, Alberto Gilardino, Massimo Oddo, Luciano Zauri, Daniele De Rossi, Stefano Diana et Luca Toni entre autres. Mais osera-t-il se priver de certains qui n'ont plus que leur nom à faire valoir ? Des garçons comme Alessandro Del Piero ou Francesco Totti, doivent leur présence davantage à leur réputation qu'à leurs prestations sur le terrain ces dernières années. Pour bien faire, Marcello Lippi devrait se passer définitivement de leurs services. Mais aura-t-il cette audace ? C'est la question que je me pose. Au même titre que des millions d'autres tifosi, d'ailleurs. Bruno Govers, envoyé spécial en Sardaigne" IBRAHIMOVIC, DE ROSSI ET FARIAS seront les révélations de la saison "