Comment Milan a-t-il mené 3-0 ?

1. Milan a exploité toutes les faiblesses de Liverpool. Ou plutôt toutes les caractéristiques du jeu des Reds. Notamment, le marquage de zone sur les phases arrêtées. Sur le premier but, Milan a profité de ce système de la zone où on ne sait pas toujours qui doit s'occuper de qui. Milan a parfaitement bien déjoué en envoyant le ballon où il n'y avait pas de joueurs de Liverpool mais Paolo Maldini qui s'est engouffré dans l'espace.
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1. Milan a exploité toutes les faiblesses de Liverpool. Ou plutôt toutes les caractéristiques du jeu des Reds. Notamment, le marquage de zone sur les phases arrêtées. Sur le premier but, Milan a profité de ce système de la zone où on ne sait pas toujours qui doit s'occuper de qui. Milan a parfaitement bien déjoué en envoyant le ballon où il n'y avait pas de joueurs de Liverpool mais Paolo Maldini qui s'est engouffré dans l'espace. 2. Milan a utilisé beaucoup de ballons dans le dos de la défense adverse. Et Liverpool a connu de gros problèmes pour contrer ce type de jeu. Le troisième but milanais tombe sur une telle phase. Kakà trouve l'espace dans le dos de la ligne arrière et Hernan Crespo arrive seul devant le gardien. Kakà a compris comment il fallait servir Andriy Shevchenko. Mais il n'est pas le seul. Andrea Pirlo et Clarence Seedorf approvisionnent très bien les appels de balle de l'Ukrainien. 3. Pourquoi Liverpool n'a pas su contrer la progression milanaise ? L'entrejeu était beaucoup trop léger en nombre. Xavi Alonso et Steven Gerrard étaient seuls pour stopper le losange Kakà-Pirlo-Seedorf-Gennaro Gattuso. Les flancs n'ont pas pu les aider car John Arne Riise devait surveiller les montées de Cafù alors que Luis Garcia avait affaire à Maldini. Rafael Benítez a pris un gros pari en titularisant Harry Kewell. On ne l'attendait pas et heureusement pour Liverpool qu'il s'est blessé rapidement. Cela a permis de rééquilibrer le système. 1. Il y a eu un rééquilibrage manifeste dans l'entrejeu suite à la montée au jeu de Dietmar Hamann. La défense a évolué à trois afin de muscler en nombre la partie médiane. Cela a permis de placer Gerrard comme soutien offensif. Mais on doit également souligner la bonne rentrée de Vladimir Smicer û en remplacement de Kewell. Il a pris la place de Garcia à droite, celui-ci glissant à la position de l'Australien. 2. Les remplaçants ont fait la différence. Tant Smicer qu'Hamann se sont avérés des pièces importantes dans cette remontée. 3. Les Milanais ont été incapables de réagir. Ils sont restés figés dans leur système (4-4-2). On a pu voir qu'ils ne maîtrisaient que celui-là et qu'ils ne savaient pas changer de tactique quand les événements le dictaient. Liverpool ne maîtrise également qu'un seul système mais il sait en tirer plusieurs variantes. Il suffit de citer l'exemple du capitaine Gerrard qui a débuté comme demi défensif avant de se muer en soutien offensif et de finir la rencontre sur le flanc droit, dans une position de défenseur. Cette équipe sait donc moduler ses batteries quand c'est nécessaire. Du côté milanais, on peut souligner la montée au jeu de Serginho mais ce n'est pas vraiment un changement. Tout le monde s'y attendait puisqu'il rentre en jeu à chaque rencontre. Le système est immuable. Ce ne sont que les caractéristiques des éléments qui changent. Si Milan avait choisi d'évoluer avec trois attaquants lorsque Liverpool est remonté au jeu qu'avec trois arrières, cela aurait probablement mis les Anglais en grande difficulté. 1. Malgré la victoire de Liverpool, on a une nette impression de différence de classe entre les deux équipes au niveau individuel. Milan était beaucoup plus fort mais c'est la beauté du foot d'assister à de tels renversements de situation. Ce genre de match n'arrive qu'une fois par décennie. Mais Milan devient quelque peu coutumier du fait puisque la saison passée, La Corogne avait également réussi une telle remontée face aux Milanais. J'espère pour eux qu'ils ne sont pas en train de se créer un syndrome. 2. Ce sont des joueurs contestés pour différentes raisons qui ont fait pencher la balance en faveur de Liverpool. Que ce soit le Polonais Jerzy Dudek, à qui on aurait déjà retrouvé un remplaçant en la personne du gardien de Villarreal José Manuel Reina, ou le Tchèque Smicer que l'on annonce partout en France, ou encore Hamann, arrivé en fin de contrat et qui n'a toujours pas reçu de prolongation. Je voulais donner une mention spéciale à ces joueurs sans avenir à Liverpool. A part les joueurs précités, on peut évidemment souligner le travail de Steven Gerrard. Mais on le connaît et cela ne nous surprend pas. C'est une icône à Liverpool et ce n'est pas pour rien que des clubs comme le Real ou Chelsea s'intéressent à lui. C'est quelqu'un de complet, efficace qui peut jouer dans plusieurs registres. On peut aussi parler de Xavi Alonso, qui a apporté aux Anglais cette touche technique avec sa qualité de passe et son travail de récupération. Il est également très bon pour le jeu long et possède un bon tir à distance. Il s'agit vraiment d'un milieu de terrain moderne, intelligent qui aime bien le ballon. Les Espagnols sont éduqués dans la possession de balle. Ils savent passer proprement, recevoir et démarquer à l'instar de ce que faisait Josep Guardiola ou de ce que réalise Xavi à Barcelone. par Emilio Ferrera