1 Tu as déjà regretté combien de fois d'avoir stoppé ta carrière en pleine gloire à seulement 32 ans ?

Aucun regret ! Pour moi, il était temps d'arrêter. Ce n'était pas une question physique. Aujourd'hui, je continue à jouer au futsal tous les jours avec des pros, j'ai toujours une très bonne condition et, avec un mois de préparation, je pourrais rejouer en D1. Sûr. Et tu sais que je ne mens jamais ! J'ai stoppé parce que je n'avais plus la motivation. Mentalement, je ne pouvais plus. J'ai eu une carrière turbulente, j'ai toujours focalisé l'attention, on m'a toujours considéré comme un des meilleurs joueurs de l'équipe, j'étais un des mieux payés, tout ça te met une pression terrible. Je n'étais p...

Aucun regret ! Pour moi, il était temps d'arrêter. Ce n'était pas une question physique. Aujourd'hui, je continue à jouer au futsal tous les jours avec des pros, j'ai toujours une très bonne condition et, avec un mois de préparation, je pourrais rejouer en D1. Sûr. Et tu sais que je ne mens jamais ! J'ai stoppé parce que je n'avais plus la motivation. Mentalement, je ne pouvais plus. J'ai eu une carrière turbulente, j'ai toujours focalisé l'attention, on m'a toujours considéré comme un des meilleurs joueurs de l'équipe, j'étais un des mieux payés, tout ça te met une pression terrible. Je n'étais plus en état de la supporter, et après deux titres avec Anderlecht, j'ai jugé qu'il valait mieux en rester là. You must stay a gentleman ! J'ai connu la même situation que Defour, les supporters du Standard n'ont pas aimé non plus que je sois passé chez l'ennemi. Mais j'ai toujours géré. Avant d'aller à Anderlecht, je n'avais jamais dit un mot de travers sur ce club. Quand j'y étais, je n'ai jamais critiqué le Standard. Chaque fois que je suis retourné à Sclessin avec le maillot mauve, je suis resté calme. Et je n'ai jamais fêté mes buts contre le Standard. Tout ça est une question de psychologie, de self control. Si tu te comportes en toutes circonstances comme un gentleman, tes anciens supporters retiendront même plus ça que les goals marqués pour eux. Je ne pourrais pas dire du mal d'Okaka, il est bon, il sent bien le but. Et c'est normal que les supporters l'adorent. On aime toujours bien les nouveaux visages qui réussissent. Mais il faut aussi rester sérieux... On se trompe complètement si on le met sur le même pied que Mbokani. Lui, il a carrément été un des meilleurs joueurs passés par la Belgique au cours des 20 dernières années. Okaka n'en est pas là. Evidemment, je connais bien ça en Serbie avec l'Etoile Rouge et le Partizan. Ces clubs ont des supporters un peu sud-américains, comme ceux du Standard par moments. J'aimais bien les ambiances chaudes, je trouve que ça fait partie du jeu, mais je ne cautionne pas du tout les débordements, les insultes, les menaces, les violences, les pétards lancés sur des joueurs adverses. Je préfère de loin un public positif, des gens qui vont au stade avec femme et enfants, des supporters qui respectent aussi le club d'en face. Ceux du Standard aident souvent leur équipe, mais il y a aussi des moments où ils la paralysent, tellement ils sont nerveux et négatifs. Il n'a besoin ni d'un médecin, ni d'un psy. Ce qui lui manque, c'est une bonne équipe ! C'est frappant. J'ai vu notamment le match de Bruges contre Gand. Preud'homme n'a plus assez de joueurs capables de faire la différence. Je suis sûr qu'il n'attend pas grand-chose de son équipe cette saison, et certain aussi que ça explique son comportement, sa résignation.PAR PIERRE DANVOYE" Chaque fois que je suis retourné à Sclessin avec le maillot mauve, je suis resté calme. Defour doit le comprendre le week-end prochain et ne plus s'exciter comme la saison passée. " - MILAN JOVANOVIC