Vendre, encore vendre et toujours vendre : telle est la devise du marché italien. Le mercato vient à peine de commencer mais il est clair que les clubs tailleront de manière drastique dans leurs investissements... A l'heure actuelle, les deux opérations les plus retentissantes sont des transferts qui n'ont rien coûté : Adriano à l'AS Rome et Luca Toni à Genoa. Comme partout, la crise économique limite les ressources mises à la disposition des présidents. L'exemple le plus frappant vient de l'Inter. Pour la première fois, Massimo Moratti a programmé son marché en fonction des départs alors qu'il y a un an, il avait déjà acquis le duo Thiago Motta- Diego Milito avant que Barcelone ne vienne l'inonder de 71 mi...

Vendre, encore vendre et toujours vendre : telle est la devise du marché italien. Le mercato vient à peine de commencer mais il est clair que les clubs tailleront de manière drastique dans leurs investissements... A l'heure actuelle, les deux opérations les plus retentissantes sont des transferts qui n'ont rien coûté : Adriano à l'AS Rome et Luca Toni à Genoa. Comme partout, la crise économique limite les ressources mises à la disposition des présidents. L'exemple le plus frappant vient de l'Inter. Pour la première fois, Massimo Moratti a programmé son marché en fonction des départs alors qu'il y a un an, il avait déjà acquis le duo Thiago Motta- Diego Milito avant que Barcelone ne vienne l'inonder de 71 millions en échange de Zlatan Ibrahimovic. Contrairement à ce qu'il veut bien dire, le président de l'Inter sait qu'il est impuissant quand le Real vient frapper à la porte pour Maicon ou quand Manchester City insiste pour Mario Balotelli. Dans les deux cas, il fait monter le prix. Il est fini le temps où le président offrait de somptueuses prolongations de contrat à des joueurs bidons. Le plus triste exemple est Milan. Bloqué par ses associés, Silvio Berlusconi a été obligé de fermer le robinet surtout que cette année, il ne peut pas espérer rééditer le coup de l'été dernier quand il a cédé Kakáau Real Madrid pour 67,2 millions. En mai dernier, il avait même annoncé que l'enveloppe pour les transferts s'élèverait à 15 millions. Une misère ! C'est moins que le montant dépensé l'année dernière pour Klaas-Jan Huntelaar un joueur qui avait servi à doper la vente des abonnements mais qui aujourd'hui est poussé avec insistance vers la sortie. Milan ne vise que des joueurs comme le Japonais KeisukeHonda, dont la venue serait financée par les sponsors. Il est essentiel pour le club de se débarrasser des joueurs aux contrats plantureux des années d'or comme MarekJankulovski, KakhaKaladze et MassimoOddo (échéance 2011), Rino Gattuso (2012), Huntelaar (2013) et Ronaldinho (2011). Cela permettrait au club d'économiser 50 millions bruts de salaire, une somme à laquelle viendraient s'ajouter les dédommagements pour les transferts des deux derniers. Impensable que Ronaldinho, acheté 22 millions en 2008, parte gratuitement ! A Turin, c'est différent. Il y a douze mois, la Juventus avait allongé 50 millions pour les seuls Diego et Felipe Melo et elle a remis le couvert. Le nouveau président Andrea Agnelli et le directeur général GiuseppeMarotta ont déjà engagé MarcoStorari (4,5 millions), LeonardoBonucci (15,5), SimonePepe (10) et JorgeMartinez (12) et accepté en prêt Marco Motta, le défenseur de l'Udinese, dont l'option s'élève à 5,5 millions. Et ce n'est pas fini : la direction veut contenter le peuple zébré avec un transfert de renommée mondiale. Objectif réalisable car les transferts seront payés en trois annuités et les salaires des nouveaux venus sont low-cost : Martinez (1,3 million) est le mieux payé, suivent Pepe et Storari (1,2) et Bonucci (1,1) ce qui est nettement moins que GigiBuffon (5,5), AlessandroDel Piero et DavidTrezeguet (4,5), Amauri (3,8), ChristianPoulsen (3,3), Diego (3,5) et Camoranesi (3). Et les autres clubs ? La Sampdoria, qui a terminé quatrième, ne songe pas à renforcer l'équipe. Le président RiccardoGarrone tente avant tout de conserver ses joueurs-clés : GiampaoloPazzini, AntonioCassano et AngeloPalombo au moins jusqu'au tour préliminaire de la Ligue des Champions. Alors qu'ils ont effectué des campagnes faramineuses la saison dernière, sortant jusqu'à 50 millions, la Fiorentina et Naples ont décidé de réduire le budget à son minimum. Les Della Valle, les patrons florentins, ont décrété l'autofinancement et le président napolitain AurelioDe Laurentiis, qui cherche un attaquant, a déclaré qu'il a failli tomber dans les pommes quand il a appris le montant réclamé pour Fred et AlbertoGilardino. Enfin, même l'Udinese, réputée pour son sens de la revente de joueurs acquis bon marché a décidé de baisser ses prix et a multiplié les prêts avec option d'achat : Felipe et GaetanoD'Agostino à la Fiorentina et Motta à la Juventus. l par nicolas ribaudo - photos: reuters