Chaque année, à pareille époque, m'effare la confusion régnant à propos des modifications aux Lois du Jeu, celles de 2005 étant entrées en vigueur au 1er juillet. J'ignore si ce sont l'International Board et la FIFA qui communiquent trop peu, ou notre CCA belge qui communique trop, ou nos médias qui interprètent à l'envi. Mais à entendre tout ce qui se répercute autour de moi, je n'ai qu'une conviction : 2005/2006 ne sera pas encore la saison d'adieu au bordel arbitral !
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Chaque année, à pareille époque, m'effare la confusion régnant à propos des modifications aux Lois du Jeu, celles de 2005 étant entrées en vigueur au 1er juillet. J'ignore si ce sont l'International Board et la FIFA qui communiquent trop peu, ou notre CCA belge qui communique trop, ou nos médias qui interprètent à l'envi. Mais à entendre tout ce qui se répercute autour de moi, je n'ai qu'une conviction : 2005/2006 ne sera pas encore la saison d'adieu au bordel arbitral ! D'abord, trois tuyaux pour être le moins bouché possible. Un : si, au lieu de compter les moutons pour vous endormir, vous souhaitez comme moi, et comme paperasserie de chevet, l'édition 2005 des Lois du Jeu, c'est via fifa.com qu'il convient de l'imprimer : car sur footbel. com ne se trouve toujours que l'édition 2004, à laquelle s'ajoutent les trois pages des modifications/2005. Deux : les règles du jeu sont internationales, elles sont fixées par les vieux bonshommes de l'International Board via des lois, auxquelles s'adjoignent des décisions ayant force de loi. Il n'y a donc pas de règle différente selon qu'on est belge, bulgare ou swazi. Trois : les arbitres reçoivent par ailleurs des conseils ou recommandations délivrés par leurs instances nationales. Ces exhortations n'ont pas force de loi (quoique tu aies tout intérêt à t'y plier si tu veux faire carrière comme referee !) et peuvent varier selon qu'elles émanent de la fédé belge, bulgare ou swazi. Pondues dans le but louable de préciser les choses, elles instaurent le boxon plus souvent qu'à leur tour. Exemple, la décision 5 de la loi 12 se contente de stipuler que la simulation visant à tromper l'arbitre doit être punie d'un carton jaune. Mais, dans certaines fédérations, les instructions aux arbitres précisent quand il faut sévir, à savoir quand le joueur simule sans qu'il y ait eu contact ! Bonjour l'équivoque en match international, ou lors d'échanges d'arbitres entre fédérations... Maintenant, voyons voir ces innovations/2005 dont on cause... 1. En 2004, un tacle par derrière qui met en danger l'intégrité physique de l'adversaire engendrait le carton rouge. En 2005, on a supprimé les mots par derrière mais aucune loi ne définit le tacle licite... tout le monde continue donc d'avoir son petit avis sur le moment où l'intégrité physique commence à être mise en danger ! Je redoute donc l'effet pervers, à savoir que certains bandits retaclent à gogo par derrière, arguant du fait que tout tacle sans danger (selon eux) pour l'intégrité physique... est toléré ! 2. L'adversaire doit à présent se trouver à 2m au moins du lieu de rentrée en touche. S'il y a bien un truc dont tout le monde se fout parce que ça n'a jamais suscité de polémique... Pour nous faire rire, chatouillons-nous donc. 3. On sait désormais que, pour être jugé hors-jeu ou pas, toutes les parties du corps sont prises en considération SAUF LES BRAS ! Nouvelle précision d'autant plus bouleversante qu'elle ne servirait vraiment qu'en cas de recours à la vidéo et qu'on refuse d'y recourir... 4. Accessoire mais cette fois réellement judicieux, le carton jaune est maintenant octroyable après le coup de sifflet final : ça incitera les râleurs à la boucler, et ça dispensera les arbitres de pondre des rapports parfois rocambolesques quand les râleurs ne la bouclent pas ! En fait, la seule innovation réellement importante de 2005 concerne le hors-jeu de position. En trois cas cités, une décision 2 adjointe à la loi 11 définit enfin plus clairement ce qu'est la participation active au jeu : l'attaquant déjà en position hors-jeu est actif et punissable soit tout simplement quand il joue le ballon (c-à-d quand c'est lui qui le reçoit), soit quand il en tire avantage en reprenant un ballon touché juste ensuite par le cadre ou un adversaire, soit quand sa position entrave la visibilité adverse. Cela implique qu'il n'est plus sanctionnable dans les autres cas : et ça, c'est un vrai changement à méditer, autant qu'à digérer tactiquement ! Ce qui me chipote toutefois, c'est que Jean-Claude Jourquin, la semaine dernière dans Sport/Foot Magazine, ait déclaré qu'appliquer le premier de ces trois cas n'était pas réaliste et que les arbitres belges n'en tiendraient pas compte ! J'en reste comme deux ronds de flancs, re-bonjour la pagaille... Bernard JeunejeanLa SEULE innovation RéELLEMENT IMPORTANTE DE 2005 concerne le hors-jeu de position.