Mercredi dernier fut une soirée phare pour le fan de foot à la télévision accro au zapping. D'ordinaire, les soirées de Ligue des Champions permettent cet exercice télécommandé en passant comme un snowboarder d'une chaîne à l'autre, pris dans un half-pipe piqueté d'écrans. En général, on commence sur Club RTL et puis on passe sur une chaîne française, hollandaise ou allemande avec BeTv comme confortable filet de sécurité. Même sans dish, la Belgique est une miraculée en ce qui concerne l'offre en télé. Mais ce soir-là fut extraordinaire.
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Mercredi dernier fut une soirée phare pour le fan de foot à la télévision accro au zapping. D'ordinaire, les soirées de Ligue des Champions permettent cet exercice télécommandé en passant comme un snowboarder d'une chaîne à l'autre, pris dans un half-pipe piqueté d'écrans. En général, on commence sur Club RTL et puis on passe sur une chaîne française, hollandaise ou allemande avec BeTv comme confortable filet de sécurité. Même sans dish, la Belgique est une miraculée en ce qui concerne l'offre en télé. Mais ce soir-là fut extraordinaire. Très rapidement, le match de Coupe Standard-La Gantoise transmis en direct sur une chaîne flamande vola la vedette à Arsenal-Real. Deux directs aussi différents que possible à tous les niveaux, forcément, mais à mesure que le match de Sclessin progressait, moins souvent les Gunners s'imposaient. Malgré la gadoue, ce fut un grandiose spectacle télévisé. Les Rouches perdaient leurs nouveaux hommes clé l'un après l'autre, d'abord JorgeCosta puis IgorDeCamargo. Et déjà que l'équipe était un peu remaniée du fait de l'absence d' EricDeflandre, comme Gand sans MbarkBoussoufa... Mais les autres se battaient héroïquement et les 10.000 spectateurs se multipliaient. Suspense et coups de théâtre, le Standard était dans le trou et s'en sortit comme un roi de l'évasion. Il survécut au but non validé en se voyant octroyer un penalty logique, la jambe d'appui de SergioConceiçao étant bien touchée deux fois par le défenseur australien Stephen Laybutt. On sentait que le Standard allait se qualifier pour le festival des demi-finales parce qu'il le voulait avec une intensité maniaque... Tout le Standard, même Michel Preud'homme, son directeur technique, qui descendit les marches de la tribune pour se porter au niveau du quatrième arbitre, lui parler et faire de l'index sous son £il droit le signe qu'il valait mieux l'ouvrir. Et ce, juste après le but flagrant non accordé à ses joueurs ! Un choix et un timing désastreux. Dans les jours qui suivirent, Prune fut lapidé par les dirigeants gantois. " Comment, osa-t-il descendre sur le terrain pour influencer l'arbitrage ? C'est inacceptable. Il doit choisir entre son poste de directeur technique fédéral ou du Standard. Et il doit montrer l'exemple comme membre du comité exécutif ". Un bombardement. Apparemment, les arbitres ne l'ont pas entendu de cette oreille. Preud'homme argua d'une discussion technique avec le quatrième arbitre concernant le renvoi dans la tribune de son attaché de presse. Les arbitres firent semblant de le croire, il n'y eut pas de rapport contre Prune et le président de l'Union Belge n'a pas fait de commentaire. Apparemment, Preud'homme ne devra pas choisir entre les Rouches et les Diables. Mais est-ce mieux pour autant ? Restons sérieux : il n'avait rien à faire sur le terrain à ce moment très délicat car sa présence soudaine à cet endroit allait inévitablement porter à discussion. Devra-t-il à l'avenir, comme il le déclara lui-même, se mettre sur la feuille d'arbitre et s'asseoir sur le banc ? Pour qu'on ne lui reproche plus de vouloir influencer les arbitres, ce sera difficile. Vous avez remarqué comme les caméras se braquent d'office sur les coaches dès qu'il y a un temps mort sur le terrain ? On n'a plus droit à des plans serrés des joueurs mais bien du staff technique. Et sans arrêt : c'est la mode. Alors, vous imaginez, un Preud'homme sur le banc des Rouches ! Dès qu'il fera une grimace pour replacer sa chique de tabac sous sa lippe supérieure, on dira qu'il insulte l'arbitre,... chose inexcusable quand on a deux casquettes : une de l'Union Belge et une du Standard. Preud'homme ferait mieux de se cloîtrer dans une loge et de suivre le match avec un petit trou pratiqué dans un Sport-Foot Magazine tenu devant son visage. Car son coach RenéVandereycken a raison : pour ne rien se voir reprocher, il ne faut pas mêler les genres. Il a exigé que ses futurs adjoints soient totalement indépendants : aucune fonction dans un club ou dans un média. Il veut des gens qui travaillent à 100 % pour les Diables. Ne pas mêler les genres est effectivement le seul garant d'une éthique totale. Michel Preud'homme aura toujours des problèmes de compatibilité, même s'il ne pense pas à mal. Car le foot pro n'est pas Disneyworld et Prune a forcément des ennemis. Le fait qu'il le sache ne change rien à l'affaire. Quand il a été élu numéro 1 de notre Top 100, il avait ri en nous disant -Et dans quelques mois, vous allez me descendre, hein ! L'homme n'est pas un naïf, il sait depuis des années qu'en tant qu'homme public il doit accepter pareillement les compliments et les critiques. Etre sur un piédestal, c'est dangereux. Car là-haut, on est entouré de quatre précipices dans lesquels pas mal de gens veulent vous pousser. john baete