L'EURO 2020, avec son concept itinérant dans 13 pays, constitue-t-il la formule de l'avenir ?

Michel Platini : Non, elle sera unique, à l'occasion des 60 ans de l'UEFA. Il est plus simple et moins cher de prendre un billet d'avion low cost pour se rendre d'une capitale à l'autre que de Gdansk à Charkow, comme durant l'édition précédente. Organiser un tournoi de 24 nations est très lourd pour un seul pays. L'Allemagne, la France et l'Italie peuvent construire douze grands stades modernes. C'est moins évident...

Michel Platini : Non, elle sera unique, à l'occasion des 60 ans de l'UEFA. Il est plus simple et moins cher de prendre un billet d'avion low cost pour se rendre d'une capitale à l'autre que de Gdansk à Charkow, comme durant l'édition précédente. Organiser un tournoi de 24 nations est très lourd pour un seul pays. L'Allemagne, la France et l'Italie peuvent construire douze grands stades modernes. C'est moins évident pour les autres. Le choix des villes ne dépendra pas seulement du stade mais aussi de la capacité hôtelière et de l'aéroport. J'ai voté pour la Russie et le Qatar parce que ces parties du monde n'ont encore jamais accueilli de Mondial. En janvier ou en décembre, la chaleur ne pose pas problème. En été, par 50 degrés, il est impossible de jouer mais si cela doit constituer un critère, il faut éliminer une grande partie du monde parce que quelques personnes, au loin, ont décidé qu'un Mondial doit se dérouler en juin. On peut interrompre les championnats domestiques, comme le fait déjà l'Allemagne. Le thème est peut-être plus sensible en Angleterre, où on a l'habitude de jouer pendant les fêtes de fin d'année. Développer cette technologie partout coûtera 50 millions d'euros en cinq ans. Si on l'applique en Europa League, il faut aussi le faire dans les championnats de tous les pays participants et dans tous les stades. C'est trop cher et jusqu'où ira-t-on ? Va-t-on également miser sur une technologie qui détermine s'il y avait penalty ou non, hors-jeu, si le ballon était sorti ou pas ? Nous devons inculquer aux joueurs plus de respect envers les arbitres. Quand le ballon sort, dix joueurs se battent pour le remettre en jeu. Cela veut dire qu'il y a cinq menteurs. L'arbitre est respecté dans beaucoup d'autres sports mais pas en football, à l'exception de l'Angleterre. Sensibiliser les joueurs et leur expliquer qu'y participer une seule fois est synonyme de fin de carrière. Leur dire que s'ils se mettent dans une situation difficile, nous ne les aiderons pas. De ce point de vue, c'est la tolérance zéro. PAR RAINER HOLZSCHUH ET MANFRED MÜNCHRATH (ESM)