Positif

Le jeune prodige allemand est promis au plus grand avenir. Pour cela, il peut s'appuyer sur un pied gauche tout simplement phénoménal. Il réalise tous les gestes avec une facilité déconcertante. En conduite de balle, il attend le contact avec l'adversaire et profite de son intervention pour l'éliminer. Plus il est mis sous pression par un ou plusieurs opposants, plus il se faufile facilement dans des trous de souris. L'adversaire qui essaie d'intervenir jambes écartées est quasi certain de se prendre un petit pont.
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Le jeune prodige allemand est promis au plus grand avenir. Pour cela, il peut s'appuyer sur un pied gauche tout simplement phénoménal. Il réalise tous les gestes avec une facilité déconcertante. En conduite de balle, il attend le contact avec l'adversaire et profite de son intervention pour l'éliminer. Plus il est mis sous pression par un ou plusieurs opposants, plus il se faufile facilement dans des trous de souris. L'adversaire qui essaie d'intervenir jambes écartées est quasi certain de se prendre un petit pont. L'élégance fait partie de ses grandes qualités. C'est un vrai régal pour les yeux. Ses dribbles sont chaloupés et son passing s'appuie sur une technique et une vision du jeu de très haut niveau. Il conduit le cuir tête levée et donne l'impulsion à tout le jeu du Werder Brême et de l'Allemagne. A son âge, son emprise sur le jeu de son équipe est déjà exceptionnelle. Sa frappe de balle du gauche est excellente et Joachim Löw lui donne l'entière responsabilité de toutes les phases arrêtées. Il enroule ses ballons avec beaucoup de force et les coups francs délivrés du flanc droit, avec trajectoire rentrante, sont des caviars pour ses partenaires. Dans l'axe, il contourne le mur avec une grande aisance. Il utilise aussi sa technique de frappe dans les tirs à distance ainsi que dans les changements d'aile qui sont d'une précision diabolique. Malgré son jeune âge, il possède déjà une grande expérience grâce à ses 160 matches de Bundesliga. Il se comporte déjà comme un vieux briscard, quand ses partenaires sont en difficulté, il est toujours disponible. Il trouve des solutions dans les situations les plus difficiles grâce à sa maîtrise technique et à son calme en toute circonstance. C'est un joueur qui bonifie ses coéquipiers et le jeu de son équipe. Le 4-3-3 de l'Allemagne lui convient très bien avec des offensifs (Thomas Müller à droite, Lukas Podolski à gauche et Miroslav Klose au centre), qui travaillent énormément. Derrière lui, le duo Sami Khedira et Bastian Schweinsteiger ne rechignent pas à la tâche non plus. Ces 5 équipiers donnent au joueur d'origine turque une liberté d'action, qui lui permet d'être le vrai meneur de jeu de l'équipe. Il peut ainsi prester sur toute la largeur du terrain même si c'est dans la zone centrale gauche qu'il est le plus performant. Il fait preuve d'une très grande variété dans son jeu. Il peut évoluer très haut derrière l'attaquant central et aussi se montrer très fort en décrochage à hauteur des demis récupérateurs pour redistribuer le jeu. Sur les flancs, il peut aussi se transformer en ailier de débordement afin de délivrer des centres précis. Les vitesses de démarrage et surtout de course sont de bon niveau. La manière avec laquelle il brûle le défenseur Gareth Barry sur le quatrième but marqué contre l'Angleterre confirme sa très grande vélocité. Sans parler de la vista pour offrir le goal à Müller. Même si son pied droit est correct, on peut le placer dans la catégorie des points faibles. Il est loin d'atteindre le rendement du gauche : ses gestes sont moins naturels et la qualité de la frappe, notamment du cou de pied, est loin d'obtenir la même efficacité du droit par rapport au gauche. Le jeu de tête ne fait pas partie de ses qualités spécifiques. Avec son 1m80, il pourrait se montrer plus adroit dans ce domaine. Sa manière d'évoluer, il est vrai, le place rarement en situation de duel aérien. Il préfère privilégier le jeu au sol où il excelle plutôt que de s'engager dans des confrontations où il risque de tomber sur plus fort. Le fait d'être responsable des phases arrêtées le prive aussi de disputer les ballons en l'air. Avec ses qualités créatrices, il est loin d'être un phénomène dans la récupération du ballon. Même si sa bonne volonté ne peut être mise en cause, il ne se livre pas spontanément dans les duels en perte de balle. A sa décharge, il peut s'appuyer, en équipe nationale comme en club, sur des partenaires qui font le sale boulot pour lui. Avec 16 buts inscrits en 160 matches avec ses différents clubs (1 but tous les 10 matches), on ne peut pas dire qu'il soit un buteur patenté. Il manque de présence dans les 16 mètres. Mais c'est un joueur qui prend autant de plaisir à délivrer des assists qu'à marquer lui-même. Dans le futur, il devrait, après avoir joué dans la profondeur, aller jusqu'au bout de son action pour se présenter à la réception du centre qui va arriver. Il devra aussi faire preuve de plus de sang-froid dans le face à face avec le gardien. Le manque de constance et de régularité sur 90 minutes (même si pour l'instant cela ne se ressent pas trop dans cette Coupe du Monde) est une caractéristique assez logique pour un joueur de son âge. Il fait preuve d'une très bonne mentalité et il va de soi qu'il va grandir encore dans ce domaine dans les années à venir. Si chacun s'accorde à dire qu'à 21 ans un joueur a tout l'avenir devant lui, il est grand temps qu'il décroche un contrat dans un club du top européen pour que sa progression s'accentue encore. Il est en train de prouver avec l'Allemagne qu'il est capable de devenir le régisseur d'une équipe de très haut niveau. Letackling fait aussi partie de ses points faibles. Il rechigne d'ailleurs à s'engager dans ce type de duels. Il préfère essayer de récupérer le ballon proprement plutôt que de se livrer dans cette intervention qui est plus l'apanage des défenseurs. Il compte davantage sur ses partenaires pour réaliser ces actions glissées. Il est déjà un leader par le jeu mais doit aussi le devenir par la voix. Le respect que ses coéquipiers ont pour lui va lui permettre de franchir ce cap. Pour y arriver, il doit prendre ses responsabilités mais ce n'est pas encore le cas. Né en 1963, Etienne Delangre joua comme défenseur au Standard de 1981 à 1992 (267m en D1 et 6b, champion en 82 et 83). Ex-chargé de cours à l'Ecole du Heysel, il coacha de la P1 à la D1 (Charleroi).