COACH JUAN CARLOS OSORIO (COL)

Le Mexique a terminé premier de sa poule avec cinq unités d'avance sur le Costa Rica. Comment expliquez-vous cette aisance ?
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Le Mexique a terminé premier de sa poule avec cinq unités d'avance sur le Costa Rica. Comment expliquez-vous cette aisance ? JUAN CARLOS OSORIO : Notre qualification a sans doute paru simple, de l'extérieur, mais nous ne l'avons pas vécue ainsi. Le tour de qualifications de la CONCACAF est difficile, sportivement comme pour d'autres raisons. Il est difficile de jouer en Amérique centrale mais cette fois, nous avons été performants à domicile comme en déplacement, malgré les défis logistiques que ça représentait. Les équipes européennes ne se rendent pas compte du chaos qui règne parfois dans notre région. Vous rêviez du Mondial mais allez-vous en profiter, avec la pression qui pèse sur vos épaules ? OSORIO : Je n'en aurai pas le temps. Je dois avant tout établir un plan tactique et voir comment l'exécuter mais je suis fier, en tant que Colombien, de pouvoir participer au Mondial avec le Mexique. J'espère que nous serons bons dans notre premier match, contre l'Allemagne, mais de toute façon, notre Coupe du Monde ne s'arrête pas là. Nous voulons prester tout un tournoi. Quelle a été votre première réaction, après le tirage ? OSORIO : Que nous pouvions nous qualifier pour le tour suivant. La poule est relevée, comme les autres, mais je suis curieux de voir où nous en sommes. L'Allemagne nous a battus 4-1 en Coupe des Confédérations mais nous n'étions pas au complet et affronter le champion du monde, numéro un mondial, est un beau défi. Jusqu'où peut aller le Mexique ? OSORIO : Sur papier, les demi-finales semblent peut-être inaccessibles mais tout le monde a le droit de rêver. Il y a une marge entre rêve et réalité mais nous avons concocté un plan tactique en novembre. Si nous parvenons à l'appliquer à la lettre, une demi-finale me semble réaliste. Hirving Lozano est-il vraiment très bon ? OSORIO : Hirving est très rapide et a été très important pour le Mexique parce qu'il a obligé nos adversaires à se replier. Il a eu un impact sur le déroulement des matches comme sur leur résultat. Il a inscrit des buts importants pour le PSV comme pour nous et il a complété son registre. Il est proche du niveau que le Mexique lui a toujours prédit et il pourra bientôt réussir dans un grand club européen. Quels sont vos projets au terme du tournoi ? OSORIO : Je ne sais pas encore. Jusqu'à présent, le poste de sélectionneur du Mexique a été le plus grand défi de ma carrière et je pense avoir fait bonne figure. Ce qui est beau dans ce métier, c'est de pouvoir être sur le terrain avec les joueurs au quotidien mais c'est impossible en équipe nationale. On verra comment le Mondial se déroule. Si nous ne sommes pas performants, je prendrai mes responsabilités. Journaliste sportif d'El País " Le Mondial russe offre au Mexique une chance unique d'atteindre les quarts de finale, ce qu'il n'a plus réussi depuis 1986. Treize internationaux évoluent en Europe : on peut donc parler d'une génération dorée. La force de l'équipe réside dans sa ligne d'attaque. J'attends beaucoup d' Hirving Lozano (PSV). Le droitier peut évoluer sur les deux flancs et est redoutable dans le rectangle. Le sélectionneur Juan Carlos Osorio pourra exploiter sa vitesse à la transition. La défense est le talon d'Achille de l'équipe. Sans Rafael Márquez (Atlas, Mexique), elle manque d'autorité. On s'attendait à ce qu' Hector Moreno (Real Sociedad) reprenne le flambeau mais il n'y parvient pas pour le moment. Les médians Hector Herrera (FC Porto) et Andres Guardado (Betis) doivent ramasser les plumes perdues par la défense. Guardado, le distributeur, doit prendre le commandement. Je ne sais vraiment pas comment le Mexique va jouer en Russie. Osorio ne cesse de changer son équipe. En plus, il déplace souvent ses avants-centres vers les flancs. Malgré son tempérament offensif, Osorio n'est pas très apprécié par la presse ni les supporters, parce qu'il est colombien. D'ailleurs, à l'issue du tournoi, il prendra congé de l'équipe nationale. " Hirving Lozano est une vieille connaissance. Le Mexicain de 22 ans a fait son apparition devant le public belge le 10 novembre dernier et comment ! Il a inscrit deux buts durant le match amical contre les Diables Rouges (3-3). Lozano a grandi dans la ville de Mexico, près du légendaire Estadio Azteca. À onze ans, il a déménagé à cent kilomètres de là, à Pachuca. Il aurait dû s'appeler Irving mais il y a eu une erreur dans sa déclaration de naissance. On l'appelle généralement El Chucky, un surnom que lui ont donné ses coéquipiers en équipes d'âge parce qu'il prenait plaisir à les effrayer la nuit, lors des stages, comme la figure du film d'horreur du même nom. De grands clubs comme Arsenal, le Celta Vigo et Manchester City le convoitaient mais il a rejoint le PSV il y a un an. Il y a paraphé un contrat de six ans. On s'attend à ce que le premier club d'Eindhoven le revende six fois son prix -huit millions d'euros- à l'issue du tournoi. Javier Hernandez, mieux connu sous le nom de Chicharito, est le meilleur buteur mexicain de tous les temps. Il a fait trembler les filets à 49 reprises en 100 rencontres. Depuis 2008, l'équipe nationale a disputé quatre fois plus de matches amicaux aux USA que sur ses terres. Les Tricolores y sont immensément populaires parmi les nombreux Mexicains émigrés aux States. Jamais encore le Mexique n'a été plus loin que les quarts de finale. Les supporters mexicains sont connus pour crier un dénigrant " Ooooh puto ! " quand le gardien adverse dégage. La FIFA a tapé sur les doigts de la fédération lors du Mondial précédent mais ça ne semble pas avoir changé grand-chose. Le pays a disputé tous les Mondiaux depuis '94. Seuls cinq autres pays peuvent en dire autant. Il a passé le premier tour lors des six tournois précédents. Le Brésil et l'Allemagne sont les seuls à avoir fait aussi bien.