"Cette année, nous allons sans doute interroger plus de mille sportifs, enfants et adultes, pour connaître la vérité." Choi Young-ae, la première femme présidente de la commission nationale pour les droits de l'homme en Corée du Sud, est déterminée, face aux nombreuses accusations de viol portées par des femmes contre leur coach.
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"Cette année, nous allons sans doute interroger plus de mille sportifs, enfants et adultes, pour connaître la vérité." Choi Young-ae, la première femme présidente de la commission nationale pour les droits de l'homme en Corée du Sud, est déterminée, face aux nombreuses accusations de viol portées par des femmes contre leur coach. Le hashtag #MeToo est très tendance dans le milieu du sport coréen, depuis que la double championne olympique de patinage de vitesse sur piste courte Shim Suk-hee (21 ans) a déclaré avoir été régulièrement violée par l'ancien sélectionneur de l'équipe nationale depuis ses 17 ans. En janvier 2018, à quelques semaines du début des Jeux d'Hiver à PyeongChang, la fédération de patinage a suspendu à vie l'entraîneur Cho Jae-beom. Suite à sa condamnation à dix mois de prison pour attouchements, le nombre de plaintes a augmenté de manière exponentielle dans différents sports. " Une culture du sport qui place médailles et titres au-dessus de tout incite à la violence et aux comportements déplacés ", poursuit Choi Young-ae, qui s'en est pris au comité olympique de son pays. Une enquête menée en 2010 avait déjà mis en avant les dangers du sport de haut niveau en Corée du Sud, une branche dirigée par des hommes. Les enfants sont souvent retirés très jeunes de leur école et grandissent dans des internats sportifs sous la houlette d'entraîneurs très dominateurs. " Ce qui rend nos athlètes, souvent peu instruits, particulièrement fragiles. " Le comité olympique a mis de côté les recommandations, parmi lesquelles des campagnes de prévention et un centre auquel s'adresser en cas de maltraitance. " C'est une décision criminelle. Un pays doit pouvoir être fier de ses prestations sportives mais le bien-être des enfants doit rester prioritaire. "