Il y a eu du bon et du moins bon dans la production des Diables Rouges face à la Bulgarie. Les rois du réalisme le plus froid ne se sont pas régalés durant les 20 premières minutes de jeu. Pourtant, avec un zeste de chance ou d'adresse, la Belgique aurait pu et dû mener 2-0 au terme de ce round d'observation. Eden Hazard a raté la transformation d'un penalty et un joli ballon enroulé de Romelu Lukaku prenait la direction du grenier bulgare sans une grande intervention du gardien adverse. La suite fut moins bonne, parfois médiocre, mais une fin de match au courage vint à bout des inventeurs du yaourt (1-2).
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Il y a eu du bon et du moins bon dans la production des Diables Rouges face à la Bulgarie. Les rois du réalisme le plus froid ne se sont pas régalés durant les 20 premières minutes de jeu. Pourtant, avec un zeste de chance ou d'adresse, la Belgique aurait pu et dû mener 2-0 au terme de ce round d'observation. Eden Hazard a raté la transformation d'un penalty et un joli ballon enroulé de Romelu Lukaku prenait la direction du grenier bulgare sans une grande intervention du gardien adverse. La suite fut moins bonne, parfois médiocre, mais une fin de match au courage vint à bout des inventeurs du yaourt (1-2). Deux philosophies belges ont donc été expérimentées. Le jeu bien léché du début de rencontre qui a révélé, même si les incrédules n'y croient pas encore, que le potentiel technique est de grande qualité. C'est dû, entre autres, à la patte de ce petit Hazard qui épate de plus en plus. Il faut remonter à Enzo Scifo pour retrouver un artiste de ce type-là. Et on imagine son rendement quand Marouane Fellaini nettoiera la ligne médiane. Hazard pourra écrire le jeu encore plus librement. Ajoutez-y d'autres absents, Daniel Van Buyten, Thomas Vermaelen, Axel Witsel, secouez-les au shaker et Georges-le-barman présentera un de ces cocktails dont il a le secret. Leekens a aussi été impressionné par le power-play de son équipe. Plus que par le jeu plus sinueux du début de match ? Vers quel football penchera-t-il ? Le jeu au ras du sol ou l'engagement total et un football de ruptures ? Mariera-t-il les deux en sachant que nos tours ne sont pas maladroites et peuvent aussi produire du beau football ? Même si ses préférences naturelles le poussent vers un jeu hyper-organisé et bas, cette question ne résume-t-elle pas la différence entre sa première mission à la tête de l'équipe nationale et son nouveau défi ? " Difficile de comparer les époques ", avance-t-il. " Je sais que cette génération dégouline de talent mais les Diables de 1997 possédaient plus de métier. Et quand on a du vécu, cela peut payer sur le terrain. "Les 16 internationaux que Mac-the-knife avait alignés en 1997 à Belfast, en Irlande du Nord, où il étrenna son premier costume de coach fédéral, totalisaient 363 caps. 13 ans plus tard, contre la Bulgarie, 17 Diables Rouges ont accumulé 253 présences sur la scène internationale... La différence (110 caps) est quand même assez marquante. Vincent Kompany (31 caps) et Thomas Buffel (35) étaient les plus expérimentés contre la Bulgarie. A Belfast, on notait la présence d' Enzo Scifo (76 caps), de Philippe Albert (40), de Franky Vander Elst (70) ou de Marc Wilmots (26). Il y a un monde entre les deux générations mais cette Belgique expérimentée fut battue 3-0 à Belfast et les jeunots actuels ont vaincu la Bulgarie... A l'époque, cinq ténors militaient dans des clubs étrangers (De Wilde, Albert, Scifo, Wilmots, Nilis). Cette tendance s'est généralisée mais nos " étrangers " sont plus jeunes. Si Leekens a lancé trois nouveaux contre la Bulgarie ( Laurent Ciman, Christian Benteke, Christophe Lepoint), il en fit de même dans les Iles avec Bart Deroover, Dominique Lemoine et Emile Mpenza. Ces deux triplettes sont-elles comparables ? Ciman réussira-t-il comme Deroover le fit avant sa blessure ? Que peut-on attendre exactement de Benteke et Lepoint qui se sont bien fondus dans le collectif. En Irlande, le grand Georges avait en tout cas dessiné les premiers contours de sa vision : il voulait une formation solide et sachant se reconvertir à la vitesse de l'éclair. En plus de Scifo, le T1 des Diables misa sur Lemoine qui disposait d'une passe en profondeur hyper-tranchante et précise. Le meneur de jeu de Mouscron s'amusait comme un fou avec E1000 et la bénédiction de Saint-Georges. Puis, avec Lulu Oliveira, la Belgique disposa, selon les dires de Leekens, de " deux avions à réaction " qui firent notamment exploser la Turquie. Intelligent, il avait innové et cela marcha jusqu'au Mondial 98 où il donna la priorité aux anciens. Leekens a l'habitude de jouer assez défensivement. Sera-t-il tenté de le faire avec un effectif moins rusé qu'en 1997 mais qui adore visiblement faire le jeu ? Sera-t-il trop prudent ou imaginatif et audacieux comme en 1997 ? Comment utiliser la puissance d'un phénomène comme Lukaku ? Il n'a pas les mêmes atouts qu'Emile Mpenza ou Oliveira. Leekens trouvera-t-il le bon équilibre entre sa prudence légendaire et un bon soutien offensif à son déménageur. E1000 pouvait vivre seul, Lukaku pas : il mérite un plus gros ravitaillement. Est-ce que cela passera par le 4-2-3-1 actuel ou un 4-4-2 avec Hazard comme passeur ? La jeunesse de 2010 ne lui convent-elle pas mieux que l'effectif bien fait de la fin de années 90 ? En 1997, les arrières-ailes étaient plus stables, ce qui n'est plus le cas pour le moment. Depuis 1990, la Belgique a joué avec 26 arrières droits et 25 backs gauches. Tu as une idée, Georges ? Et Dick Advocaat ? Tout le monde s'en fout : Leekens l'a vite fait oublier. Tant mieux... l