Il suffit de parcourir la presse : les hommes politiques raffolent depuis toujours de quelques allusions sportives ânonnées à foison. Il y a des sprints, des coude à coude, des dernières lignes droites, des marathons sociaux au finish... Les écolos refilent un carton rouge aux libéraux ou se font dribbler par les socialos... L'opposition affirme que la balle est dans le camp de la majorité, le gouvernement fait le forcing pour boucler le budget, les législatives sont le match revanche des présidentielles... Etc. etc.
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Il suffit de parcourir la presse : les hommes politiques raffolent depuis toujours de quelques allusions sportives ânonnées à foison. Il y a des sprints, des coude à coude, des dernières lignes droites, des marathons sociaux au finish... Les écolos refilent un carton rouge aux libéraux ou se font dribbler par les socialos... L'opposition affirme que la balle est dans le camp de la majorité, le gouvernement fait le forcing pour boucler le budget, les législatives sont le match revanche des présidentielles... Etc. etc. Rien que de l'archi-banal, rappelant seulement que la politique est une compète parmi d'autres : et que les kings des voix de préférence ne sont pas forcément des rois de la métaphore. Parfois cependant, l'un ou l'autre de nos politiciens se révèle plus pointu dans son recours aux images footballistiques. Ainsi, récemment, le CDH René Thissen (rien à voir avec Jean) râlait dans les gazettes sur les nombreux heureux élus n'assumant pas le mandat que le peuple votant leur avait confié. Ces navrants élus-là se promènent du communautaire ou du régional au fédéral comme d'autres changent de chemise, se faisant alors remplacer dans leur mandat initial par des suppléants qui n'ont guère été plébiscités par l'électeur. Thissen voudrait que ça change et il a raison, les politicards sont aussi carriéristes que les footballeurs changeant de club à tout bout de champ ! Mais là où il a bien causé, c'est quand on lui a objecté qu'il ferait bien de regarder sa poutre au lieu de la paille des autres : vu qu'en la matière, le 18 mai dernier, Milquet, Langendries, et d'autres de ses potes ou copines CDH, ont précisément fait ce qu'il voudrait qu'on ne fasse plus ! C'est alors que Thissen a tutoyé les cimes d'allégorie footeuse : " Ce n'est pas parce que le botté des penalties n'est pas une bonne manière de départager deux équipes, qu'on refuse de les tirer en laissant gagner l'adversaire ! ", a-t-il joliment rétorqué de volée ! Autre métaphore footeuse méritant mention, celle de Pierre Hazette, ministre communautaire MR de l'Enseignement secondaire qui, parce qu'il ose parler d' évaluation externe en fin d'humanités, fait hurler la gauche : laquelle voit partout des écoles à deux vitesses, dès qu'il s'agit de réformes non-issues de son bord ! Hazette dit que, si l'examinateur donnant les points n'est plus le prof, si les questions d'examen sont les mêmes quelle que soit l'école, l'élève évaluera mieux son niveau qualitatif dans un contexte général. Il ose ajouter que les enseignants pourront aussi évaluer le leur, sous-entendant forcément qu'ils ne sont peut-être pas tous parfaits,... ce qui n'est pas loin du crime de lèse-professeur ! Et Hazette conclut en disant que le professeur cesserait ainsi d'être juge et partie, avec toute l'ambiguïté que ce double rôle revêtait : " Le professeur devient le coach de sa classe, il est tendu avec elle vers un seul but commun à atteindre (prendre des points lors d'un match qu'il n'arbitrera pas), il est comme l'entraîneur d'une équipe de football. " Mazette ! Pas mauviette, Hazette ! Tiens, " être juge et partie ", c'est un peu ce que d'aucuns reprochent à Genk vis-à-vis de Heusden-Zolder : si je te prête mon stade, si je te refile à tarif intéressant mes joueurs excédentaires, ne serai-je pas aussi tenté d'exiger de toi quelques points si besoin en était ? ! Bien sûr que si, mais bon : ce danger-là est présent ailleurs dans notre foot-business maquerellé de partout, non ? ! Ce que je trouve drôle à Genk, c'est le cours de l'Histoire : en 1988, Waterschei et Winterslag fusionnent parce qu'il n'y a pas place pour deux clubs de D1 dans le coin, et le Genk fusionné réussit son coup ! Aujourd'hui s'amène en D1 un autre club du coin qui, sauf si la situation économique est meilleure qu'en 1988 (?), ne peut à long terme que... miner la santé de Genk ! Alors, ce copinage, c'est de la grandeur d'âme ou du suicide à petit feu. par Bernard JeunejeanEtre juge et partie, c'est ce qu'on reproche à Genk vis-à-vis de Heusden-Zolder