Cher Magazine,
...

Cher Magazine, " On sent le public, on le touche presque. Je ne suis jamais allé tout en haut, mais ce doit être vraiment impressionnant ". Jocelyn Angloma, champion d'Espagne avec Valence en 2002, résume parfaitement l'impression ressentie au sein de Mestalla (du nom d'un canal voisin) : la verticalité de l'enceinte est vraiment saisissante et au niveau de l'aire de jeu, on y ressent presque un sentiment d'enfermement, voire d'étouffement. A l'opposé, se retrouver sur les sièges les plus hauts est déconseillé aux personnes souffrant de vertige et il y a tellement de marches abruptes à gravir qu'il est presque impossible de ne pas y arriver en nage. Quant aux quelques places situées juste aux coins des deux tribunes derrière les buts, il faut vraiment avoir le c£ur bien accroché pour s'y sentir à l'aise. Un véritable perchoir, avoisinant directement un précipice surplombant la rue. Et lorsqu'on a eu la mauvaise idée de détailler préalablement l'endroit de l'extérieur, on sait en plus qu'on n'a aucune pillasse de soutien sous les fesses ! L'actuel terrain de jeu de Patrick Kluivert offre néanmoins aux visiteurs quelques belles facettes d'une personnalité bien affirmée, comme en témoigne la tribune latérale officielle, couverte d'un toit pointu et flanquée de part et d'autre de deux tours de couleur blanche. Elle renferme aussi une sympathique petite salle de réception et trophées dont le sol et les escaliers menant aux places d'honneur sont garnis de splendides céramiques. L'histoire de Mestalla est jalonnée de quelques événements douloureux, comme son utilisation comme camp de concentration et dépôt de munitions durant la guerre civile espagnole. Il fut fortement endommagé, ne gardant que sa structure sans les gradins. Il servit même plus tard de dépotoir. Antonio, le concierge, attire notre attention sur une ligne tracée à 2,80 m du sol sur un mur du couloir d'accès à la pelouse : il s'agit du niveau atteint par les eaux lors des inondations d'octobre 1957, lorsque le Rio Turia emporta presque l'édifice. Afin d'optimiser la capacité de l'ancien repère des Didier Deschamps, Mario Kempes, Gaizka Mendieta ou du légendaire Edmundo SuarezMundo (188 buts en 208 matches de Liga !), des sièges ont été installés sur un petit quartier de tribune métallique mobile, lequel se soulève pour donner accès à un couloir permettant le passage des grosses tondeuses à gazon. L'arène du club à la chauve-souris est incontestablement l'une des plus belles d'Europe. Et son perchoir pour aficionados en mal de cimes est certainement l'emplacement le plus impressionnant qu'il nous ait été donné de voir à ce jour dans un stade de football !RUDI KATUSIC