Comment obtenir le meilleur rendement de Lionel Messi ? Cette question préoccupe les sélectionneurs argentins depuis longtemps. Ce qui réussit sans pli à Barcelone depuis 2005 ne s'est encore jamais répété en équipe nationale. Jamais le meilleur joueur du monde n'y a atteint un rendement à la hauteur des espoirs. L'été dernier, en Afrique du Sud, Diego Maradona a échoué. Son successeur, Sergio Batista, va à son tour essayer, devant son public, durant un tournoi que l'Argentine n'a plus remporté depuis 1993.
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Comment obtenir le meilleur rendement de Lionel Messi ? Cette question préoccupe les sélectionneurs argentins depuis longtemps. Ce qui réussit sans pli à Barcelone depuis 2005 ne s'est encore jamais répété en équipe nationale. Jamais le meilleur joueur du monde n'y a atteint un rendement à la hauteur des espoirs. L'été dernier, en Afrique du Sud, Diego Maradona a échoué. Son successeur, Sergio Batista, va à son tour essayer, devant son public, durant un tournoi que l'Argentine n'a plus remporté depuis 1993. En 2008, Maradona a hérité d'une équipe vacillante. Elle était sur le point de louper sa qualification pour le Mondial. Maradona a inversé cette spirale négative avant de perdre pied tactiquement en Afrique du Sud. Cédant à la tentation d'utiliser Carlos Tevez, il a composé une équipe trop offensive, réduisant Messi au rôle de passeur, un rôle très différent de celui qu'il occupe à Barcelone, où il évolue en faux numéro neuf. L'Allemagne s'est jouée du onze argentin en perdition et a offert à Messi des vacances prématurées. Un an plus tard, c'est donc au tour de Batista. Il y a trois semaines, quand tout semblait indiquer qu'il allait sacrifier Tevez à sa tactique, puisque celui-ci était le seul international de nom à être boudé pendant la tournée du sélectionneur en Europe, Maradona s'est mêlé de l'affaire, critiquant publiquement Batista, son ancien coéquipier, et défendant Tevez. Maradona et Tevez (un des rares à avoir apporté un soutien indéfectible à Diego pendant le Mondial), sont unis par des liens indéfectibles. Tous deux ont grandi dans une villa miseria, un quartier miséreux de Buenos Aires et tous deux ont acquis une popularité incroyable aux Boca Juniors, une popularité dont n'a jamais joui Messi, issu de Rosario, en province, et exilé en Espagne dès l'adolescence. Aux yeux des Argentins, Messi est un Catalan. Si le légendaire River Plate n'avait été impliqué dans la lutte pour le maintien, le débat serait devenu brûlant en Argentine : Tevez, triple Footballeur sud-américain de l'Année, allait-il ou non participer à la Copa... Batista a cédé. Il a reconnu qu'il avait commis une erreur en n'effectuant pas un détour par Manchester et a repris Tevez dans sa présélection de 26 hommes, dans laquelle figurent aussi Lucas Biglia et Nicolas Pareja (ex-Anderlecht, au Spartak Moscou). Batista est maintenant confronté à un puzzle. Comment exploiter l'incroyable puissance de l'attaque, avec Messi, Tevez, Higuain, Di Maria, Aguero et Lavezzi ? Sur papier, il pourrait poster Messi au numéro neuf en 4-3-3. Di Maria jouerait à gauche, Aguero ou Lavezzi occupant l'autre aile. Dans l'entrejeu, il pourrait alors aligner un double pare-choc ( Mascherano- Cambiasso) et un médian créatif comme Javier Pastore (22 ans, Palerme), une version moderne et plus complète de Juan Ramon Riquelme. Si Batista reprend le schéma du Barça, il a besoin d'un joueur dans le rôle de David Villa et Aguero semble faire l'affaire. Problème : dans ces formules, Tevez, qui a disputé 60 matches mais n'a encore marqué que douze buts, est sur le banc. Est-ce viable, compte tenu de la tendance à protester de ce dernier ? Batista a son lot de soucis. Il espère que le public le soutiendra plutôt que de le placer sous une pression paralysante. Mano Menezes, le sélectionneur du Brésil, se pose également des questions. Le tenant de la Copa América dispute son dernier tournoi à enjeu avant 2014, puisqu'il est automatiquement qualifié pour le Mondial, en tant qu'organisateur. Les qualifications sud-américaines débutent cette année, après la CopaAmérica. Récemment, à Goiana, le Brésil a réalisé un nul blanc contre les Pays-Bas. Au terme de la joute, les Brésiliens, qui ont été mis à mal par la rude défense des Néerlandais, ont été hués par leurs supporters, qui avaient applaudi chaque passe de leurs adversaires. En première mi-temps, le Brésil évoluait en 4-3-3 avec Robinho à droite de l'attaque et Neymar à gauche derrière Fred. Ensuite, il a procédé dans un 4-2-3-1 plus varié, LucasPiazon intégrant l'équipe. Le médian offensif de Sao Paulo, âgé de 18 ans et déjà enrôlé par Chelsea, est le nouveau prodige du football brésilien. Ce football est d'ailleurs un peu étrange. Alors que le pays connaît une incroyable embellie économique, qu'il n'a jamais eu autant d'argent, que les jeunes s'attardent un peu plus longtemps qu'avant dans les équipes brésiliennes et que des stars reviennent d'Europe achever leur carrière au pays plus tôt, le niveau international des clubs baisse, même si la victoire de Santos à la Copa Libertadores a quelque peu redoré le blason. On n'a dénombré qu'une équipe brésilienne en quarts de finale de l'équivalent de notre Ligue des Champions, ce qui ne s'était plus vu depuis 1994. Les experts cherchent une explication. Le manque de self contrôle émotionnel de l'équipe est une piste : il a été flagrant au Mondial comme contre les Pays-Bas. Mis sous pression, les Brésiliens flanchent, même Lucas et Neymar, pâles aux derniers tournois de jeunes. Le système des championnats des Etats pose problème : les clubs des trois premières divisions s'affrontent de janvier à mai. Pour les ténors, ce ne sont que les matches amicaux et l'écart avec une vraie compétition devient trop important. On enquête aussi désormais sur les carences tactiques. Les deux arrières latéraux y sont attaquants. Or, les Brésiliens sont particulièrement fragiles face à des équipes qui font opérer leurs attaquants depuis les flancs. Dernier élément : les arbitres brésiliens surprotègent les avants, qui tombent comme des mouches et en sont récompensés par un coup franc. De ce point de vue, les progrès de Neymar à la Copa América sont intéressants à observer. Vainqueur de la Copa Libertadores avec Santos, en route vers l'Europe, il est très protégé au pays, ce qui incite ses détracteurs à le qualifier de roi de la simulation. Une fois sorti de son cocon, est-il capable de hausser le niveau du Brésil ? En outre, Mano Menezes détone un peu dans le milieu. Il ressemble plutôt à un entraîneur de transition. Il n'a jamais été joueur professionnel. Footballeur amateur, il est devenu préparateur physique. Il a récolté des succès au poste d'entraîneur principal dans ses clubs, Grêmio puis les Corinthians. Mais est-il vraiment taillé pour le Mondial 2014 ou un grand nom le remplacera-t-il ? Les autres nations sont plutôt des outsiders. En Afrique du Sud, le Chili a développé un agréable football offensif mais ensuite, il a vécu une révolution de palais, qui a amené de nouveaux dirigeants et un autre sélectionneur. L'Argentin Marcelo Bielsa a été remplacé par son compatriote Claudio Borghi. La vedette du Chili est Alexis Sanchez, pour lequel les grands clubs (Barcelone en tête) font la file aux portes d'Udinese. Borghi attend beaucoup du meneur Mati Fernandez (Sporting Lisbonne), autour duquel il a élaboré son 3-5-2. Il est né à Buenos Aires d'un père chilien et d'une mère argentine. Ce tournoi sera donc très spécial pour lui. Le Paraguay a placé deux équipes, Cerro Porteño et Libertad, en quarts de finale de la Copa Libertadores. Comme le Chili, le Paraguay, l'équipe d' Antolin Alcaraz, est dirigée par un Argentin, Gerardo Martino. Ce pays n'a raté aucune des quatre dernières Coupes du Monde, dont il a atteint les quarts de finale en Afrique du Sud. Le niveau de ses clubs est bon et il peut bâtir quelque chose à partir de ses récents succès. Ce sera cependant sans Juan Manuel Iturbe (17 ans), surnommé le Messi Guarani. Iturbe, né à Buenos Aires, vit à Asuncion depuis l'âge de sept ans et a été la vedette de Cerro Porteño jusqu'à son transfert à Porto mais il a préféré l'Argentine. Enfin, l'Uruguay, demi-finaliste du dernier Mondial, durant lequel Diego Forlan, EdinsonCavani et Luis Suarez ont étalé leur art. Et le club phare, Peñarol fut brillant, puisqu'il a atteint la finale de la Copa Libertadores. L'Uruguay recèle des talents, y compris en défense car on prédit un bel avenir à Diego Polenta (Genoa). En plus, il vit dans la continuité puisque Oscar Tabarez dirige l'équipe nationale depuis 2006 et a élaboré un projet qui permet aux jeunes de rejoindre massivement l'équipe-fanion.. Le succès de Peñarol est aussi celui de Tabarez, car Diego Aguirre, l'entraîneur du club, a longtemps été son bras droit. PAR PETER T'KINTTevez sur le banc, est-ce tenable vu sa tendance à protester ? Une fois sorti de son cocon, Neymar est-il capable de hausser le niveau du Brésil ?