A rjen Robben se sent bien. Pendant le stage en Suisse, l'attaquant de Chelsea a pu s'entraîner à sa guise et il a rejoint l'Allemagne animé du sentiment qu'il était bien armé pour disputer un super Mondial. Le programme de musculation qu'il suit afin de se débarrasser de sa fragilité semble porter ses fruits.
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A rjen Robben se sent bien. Pendant le stage en Suisse, l'attaquant de Chelsea a pu s'entraîner à sa guise et il a rejoint l'Allemagne animé du sentiment qu'il était bien armé pour disputer un super Mondial. Le programme de musculation qu'il suit afin de se débarrasser de sa fragilité semble porter ses fruits. Robben était devenu une affaire d'Etat à l'EURO portugais. Qui ne se souvient du changement par lequel Dick Advocaat avait conduit les Pays-Bas à la défaite contre la Tchéquie ? Il avait sorti Robben, intenable depuis une heure sur le flanc gauche, au profit du travailleur Paul Bosvelt. Les Tchèques reprirent courage et muèrent leur retard 2-1 en une victoire 3-2. " Tous mes interlocuteurs me parlent de ce remplacement ", explique Robben. " C'est bizarre car cela ne m'a vraiment pas marqué. J'ai clos le chapitre depuis longtemps et j'ai pardonné. Tout le monde commet des erreurs mais les réactions ont été très violentes et ont marqué tout le pays. Je ne comprends pas car ce n'est pas à cause de ce changement que la Tchéquie nous a éliminés. Je suis resté serein au milieu de la tempête car je supporte très bien la pression. Les compliments aussi : José Mourinho dit que je suis un des meilleurs du monde homme contre homme et Marcovan Basten n'a pas ménagé ses louanges non plus. Cela ne me change pas. Je ne vais pas planer. Surtout que je n'ai pas toujours été bon cette saison. C'est la troisième fois que ma deuxième saison dans un club est moins bonne que la première. Cela m'est arrivé au FC Groningue et au PSV et la saison passée à Chelsea. Lors de ma première campagne à Londres, j'ai marqué 13 buts et délivré beaucoup d'assists. J'ai encore distillé des passes décisives cette saison mais je n'ai marqué que sept buts. Un ailier comme moi doit atteindre les dix buts au moins, dans une équipe qui tourne bien. Heureusement, ma mentalité est mon point fort. C'est elle qui vous permet de remonter la pente. Vous pouvez être aussi bon que vous voulez, si vous n'avez pas la mentalité ad hoc, vous n'arrivez à rien. Pourquoi je l'ai ? C'est peut-être une question d'éducation. Et de caractère " J'ai toujours été un dribbleur. Je passais mon temps à jouer, à réaliser des actions, à Bedum. J'ai ainsi développé naturellement ma technique. J'évolue depuis plusieurs années sur l'aile gauche mais au début, je jouais dans l'axe. J'avais alors les espaces requis pour réaliser des actions. Celles-ci demeurent la base de mon jeu. La technique n'est pas ce que vous pouvez faire avec le ballon mais ce que vous en faites. La première touche est essentielle. Elle doit être tellement bonne que vous pouvez enchaîner sans tergiverser. J'ai beaucoup travaillé cette première touche. Au PSV, après la séance collective, je restais avec l'adjoint Fred Rutten pour travailler mon passing et mes tirs. Fred m'envoyait le ballon de toutes les façons possibles : un tir tendu et dur, un shot enlevé avec effet, etc. Je devais maîtriser le ballon en un temps. On développe sa technique avec son jeu de position. C'est l'art de conférer la bonne vitesse à un ballon afin qu'un partenaire puisse en faire quelque chose. Il faut parfois travailler un tir trop puissant ou trop mou pour que le jeu se poursuive. Je n'ai pas travaillé spécifiquement mon tir, malgré ces heures supplémentaires. Je me suis plutôt exercé à tirer au but. Quand j'entame une action, je ne sais généralement pas comment elle va s'achever. Je joue sur mon intuition. Quand je décèle une brèche, je m'y engouffre. Je ne suis pas un Ronaldinho qui réalise des trucs incroyables. Ce n'est pas en moi. Ma technique de base est bonne mais je ne suis pas capable de jongler ni de réaliser des doubles ciseaux. Je travaille des trucs quand même, afin de devenir plus imprévisible. La vitesse d'exécution est telle qu'il est difficile de réaliser des mouvements spécifiques. C'est plus aisé à partir d'une phase arrêtée mais je suis souvent en pleine course. Je dois alors jouer de mon corps. Quand je fonce sur un adversaire, il se déséquilibre. Je dois reconnaître ce moment pour le passer. Je sais feinter. C'est une question de technique de base. Il faut toujours être maître du ballon. Un ailier ne peut plus jouer son petit match depuis belle lurette. Moi aussi, je dois me plier à l'intérêt collectif. Je dois être discipliné : écarter le jeu, créer la surprise en m'infiltrant dans l'axe pour gicler en pointe. Quand on reste collé à sa ligne, on est trop facile à neutraliser. Ayant joué dans l'axe, jusqu'à 16 seize ans, si mes souvenirs sont exacts, j'aime converger vers le milieu du terrain. J'adore tourner à la quête du ballon. La plupart de mes ballons sont nés de mouvements vers l'axe. Il faut sentir quelle position adopter à quel moment. C'est de la tactique. Il faut savoir quand on peut monter et quand il vaut mieux rester sur sa ligne. Même si je continue à tâtonner, cela va de mieux en mieux. Ma vision du jeu s'améliore. Je dois veiller à rester imprévisible. On me connaît, maintenant, et mes adversaires ne se laissent plus aussi facilement surprendre. Ils s'adaptent à mon jeu. Ce n'est pas un gros problème. Je considère ça comme un nouveau défi. Comment vais-je les surprendre malgré tout ? C'est toujours possible. Je suis sûr de pouvoir rééditer en Allemagne ce que j'ai réussi au Portugal. Il le faut, d'ailleurs, car un ailier doit toujours être bon. Je suis confronté à un adversaire direct, collé à ma ligne, sans guère d'espace. Ce qui est chouette à mon poste, c'est que je peux sortir vainqueur d'un match par une action. Imaginez que ça ne tourne pas bien mais que peu avant le coup de sifflet final, je délivre un assist ou que je marque un but. Tout le monde trouve alors que j'ai fait un mon match, qu'importe ce que j'ai fait ou non auparavant. Un ailier dépend de son approvisionnement. L'arrière gauche doit me passer le ballon et moi, je dois veiller à être démarqué. J'essaie donc de me libérer par un mouvement préliminaire. C'est facile avec mon club car nous travaillons ça semaine après semaine. Même ainsi, cela peut mal tourner. Alors, je recule, je me démarque et je repars en profondeur quand l'arrière m'a servi dans les pieds. C'est une question d'automatismes. JAN HAUSPIE, ENVOYÉ SPÉCIAL EN ALLEMAGNE