Il y a 15 jours, on pariait sur une Espagne sans attaquant pour débuter l'EURO. Vicente Del Bosque l'a fait. Merci Vicente, t'as dû te justifier puisque t'as pas gagné contre l'Italie, mais pas avec nous. On est trop fier d'avoir pensé comme toi. Ça fait longtemps qu'on t'apprécie, n'en fallait pas plus pour qu'on s'intéresse un peu plus à toi.
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Il y a 15 jours, on pariait sur une Espagne sans attaquant pour débuter l'EURO. Vicente Del Bosque l'a fait. Merci Vicente, t'as dû te justifier puisque t'as pas gagné contre l'Italie, mais pas avec nous. On est trop fier d'avoir pensé comme toi. Ça fait longtemps qu'on t'apprécie, n'en fallait pas plus pour qu'on s'intéresse un peu plus à toi. Le bon papa idéal. Le Droopy humain. Droopy les bons tuyaux. On te devine avec ton pyjama en flanelle devant ta télé avec ton chat andalou sur les genoux en train de regarder Plaza Réal (le Place Royale espagnol). En train de faire nonchalamment des n£uds avec tes doigts de pied dans des pantoufles en grizzli doublées de peau de koala. Paraît même que l'UEFA et la FIFA réfléchissent à ta demande d'autoriser les fauteuils à bascule sur le bord du terrain. Démodés, les bancs relookés sièges individuels. Même si pour toi cela semble être un petit coin ensablé sur une île paradisiaque, alors que pour les autres, c'est aussi inconfortable qu'un siège éjectable. Rien ne t'énerve. Même pas les mèches de Torres, ni les fautes d' Arbeloa. T'es le zen master de la galaxie foot. Désolé, voilà que je me rends compte que je te tutoie. Ça n'arrivera plus. Mais tu m'inspires le tutoiement. En plus, tu es Marquis. Depuis que ton idole le Roi Juan Carlos t'a fait Marqués de Del Bosque en 2011. Première réaction après l'honneur : " A travers moi, le Roi a voulu rendre hommage à mon équipe. J'espère que l'on va continuer à m'appeler Vicente ou Mister. Si on m'appelle Monsieur le Marquis, je prendrais ça comme une forme de politesse, pas de respect. " T'as (oh, pardon), vous avez tout compris, Mister le Marquis. Un vrai monument. D'ailleurs vous avez aussi le titre de l'Ordre du mérite touristique. Être champion du monde mène, parfois, à des titres un peu ridicules. Le Marquis est constamment dans le maquis. Rien à foutre de la mode, de la société, des poses, des attitudes. Toi l'homme de Salamanque, tu n'as rien de la Salamandre. Pas besoin de régénérer une quelconque partie de toi. Puisque que tu ne t'amputes de rien. Tu ne te départis jamais de ce que tu es. No stress in the bizness. Un bizness commencé, il y a bien longtemps. A 18 ans, direction Madrid. Tu y joueras 16 saisons. Sans jamais prendre la pose malgré les succès. Avec toi, on ne brusque rien. Les choses arrivent. Calmement, sereinement. Une sélection avec les -18. Normal, tu joues au Real Madrid. Puis trois avec l'équipe nationale Amateurs. De ton temps, ça existait. Merde, Vicente, je te re-tutoie. Re-désolé. Et puis la grande Roja. L'honneur repasse 18 fois. Le bonheur d'un but, une fois. Comme par hasard, le match se jouait chez toi à Salamanque. La famille était là. Et puis, y a eu l'autre famille, celle que vous avez su créer avec vos joueurs. Le temps d'entrer dans l'Histoire. Vous avez été choisis pour mettre un soupçon de conscience dans l'incohérence du bling-bling des Galactiques. Pour que votre dégaine de comptable rappelle que la dette à payer quand on est surpayé, c'est de rentabiliser sur le terrain. Faire de fils uniques des frères pendant 90 minutes. Idem en sélection. Faire d'ennemis de onze mois, des amis pendant un mois. Papy Del Bosque à la recette. Lui, le Madrilène, qui doit faire jouer le pays à la barcelonaise. Les royalistes qui se mettent au service des indépendantistes. Le Kofi Annan du foot démine avant d'en planter. Faut dire, la gagne est en lui. Tellement, qu'il ressemble au trophée de la Ligue des Champions. Une belle rondeur classieuse avec des grandes oreilles. Véritable mimétisme. Pas étonnant qu'il l'ait gagnée deux fois. Balaise. De quoi entrer dans l'Histoire. D'ailleurs, il y est. Avec un autre sage, Marcello Lippi. Ils sont les seuls à avoir remporté la CL et la Coupe du Monde. Y a parfois une justice. Deux modestes qui n'ajoutent pas forcément la parole aux actes. Le silence est d'or. Celui de Del Bosque est un vacarme éblouissant. Qui n'a d'égal que son aura. Mes respects Monsieur le Marquis. Frédéric WaseigeDel Bosque : no stress in the bizness