Décapité par l'absence conjointe de plusieurs joueurs chevronnés, le Cercle a failli signer le même début calamiteux que la saison passée. Il ne comptait qu'un point en quatre matches. Malgré les propos rassurants de HarmVan Veldhoven, les jeunes, bombardés leaders par nécessité, n'en menaient pas large. Puis Darko Pivaljevic a effectué sa rentrée contre Zulte Waregem. Vaincre le tenant de la Coupe de Belgique ? Le Cercle n'aurait osé en caresser le rêve. Mais en faisant sauter le marquoir à la 19e minute, son Serbe lui a rendu des ailes.
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Décapité par l'absence conjointe de plusieurs joueurs chevronnés, le Cercle a failli signer le même début calamiteux que la saison passée. Il ne comptait qu'un point en quatre matches. Malgré les propos rassurants de HarmVan Veldhoven, les jeunes, bombardés leaders par nécessité, n'en menaient pas large. Puis Darko Pivaljevic a effectué sa rentrée contre Zulte Waregem. Vaincre le tenant de la Coupe de Belgique ? Le Cercle n'aurait osé en caresser le rêve. Mais en faisant sauter le marquoir à la 19e minute, son Serbe lui a rendu des ailes. Darko Pivaljevic s'exprime mieux lorsqu'il évolue juste derrière les attaquants. Les circonstances l'ont obligé à se poster dans l'entrejeu pour réduire les espaces entre les lignes et coordonner l'ensemble. Elles ne l'ont pas empêché de se présenter devant le but. Rien ne trahit sa blessure récente, qu'il est le premier à banaliser : " Ce n'était qu'une inflammation du tendon d'Achille. On m'a placé au repos trois semaines. J'ai raté deux matches. Cette atteinte n'était pas dangereuse mais elle m'empêchait de me livrer à fond. Mon absence n'a pas tellement pesé sur l'équipe. Un homme seul ne revêt pas une telle importance. C'est l'accumulation des forfaits qui nous a joué des tours. Francky Vandendriessche, Sergyi Serebrennikov, Milenko Milosevic et... qui encore ? Il y en a tellement que je ne m'en souviens plus ! Ces absences ont placé de lourdes responsabilités sur une équipe très jeune. Le Cercle ne peut pas doubler tous les postes. Son banc est composé de jeunes qui ont encore besoin d'être encadrés ". Aujourd'hui, le retour progressif des blessés incite le Serbe à l'optimisme. " Au complet, notre équipe aura meilleure allure. Nous visons le maintien... et même une place dans le milieu du classement. Nous allons essayer de faire mieux que la saison passée. Notre piètre début de championnat a fait vaciller la confiance. Vaincre une phalange du gabarit de Zulte Waregem l'a dopée. Ce succès nous a préservés de ce qui aurait pu devenir une spirale négative. Il doit être suivi d'autres victoires très vite, pour gonfler notre capital assurance ". Agé de 31 ans, Pivaljevic ne s'est jamais senti aussi bien. " Je vis toujours mes meilleures années. Si je ne suis pas victime d'une grave blessure, je peux encore jouer longtemps. Ma condition physique reste idéale. La maturité me donne de l'assurance, je ne manque pas d'expérience et, surtout, je me connais, je sais comment donner le meilleur de moi-même à mon équipe ". Il sourit et poursuit : " En fait, j'essaie de jouer en fonction de l'équipe, ce qui me permet d'être meilleur, alors qu'avant, je voulais que les autres jouent pour moi ! J'aime me battre, je conserve mon sang-froid devant le but car je sais que je peux marquer à tout moment. J'ai envie de pousser l'équipe vers le haut. Cela dit, il faut être à plusieurs pour cela et c'est précisément ce qui nous a manqué ". Après plusieurs saisons à l'Antwerp puis des passages brefs au FC Cologne, à Charleroi et un retour à Belgrade, l'ancien attaquant de l'Etoile Rouge s'est installé à Bruges, où il entame sa troisième saison de rang. Dans quelques mois, il sera en fin de contrat. " La fin de la saison est trop lointaine pour y songer déjà. Je me concentre sur le présent, sur chaque match. Le Cercle occupe toutes mes pensées. Je veux atteindre ma meilleure forme. Dans un an, je serai belge, après trois ans de résidence continue ici. J'aurais déjà obtenu mon passeport si je n'avais pas rejoint Cologne. Lorsque j'évoque la Belgique, c'est en pensant mon pays. J'y compte beaucoup d'amis. Je suis des cours de néerlandais. Ma petite fille a trois ans et demi. Elle est née en Serbie mais elle grandit ici. Je resterai en Belgique au terme de ma carrière ". Darko Pivaljevic connaît le football européen. " En 1997-1998, ce cham-pionnat était plus costaud. Il comptait encore des joueurs comme Staelens, Van der Elst, Degryse, Koller. Nous n'avons plus d'éléments de ce niveau mais le championnat reste valable, sans égaler celui de grands pays comme l'Angleterre ou l'Allemagne. Anderlecht et le Club sont abonnés aux Coupes d'Europe. Ce qu'il faut, c'est surtout des résultats en équipe nationale " ! PASCALE PIÉRARD