Il est un peu fatigué, c'est sa... onzième interview de la journée. Mais plein de bonne volonté. David Goffin, nouveau sociétaire du Top 50 mondial, s'installe à notre table au Royal Tennis Club de Liège. Son père va chercher les boissons tandis que son coach, Réginald Willems, l'attend à la cafétéria en compagnie du reste de la famille. David peut manifestement compter sur un entourage qui lui prodigue conseils et amour. Et c'est exactement ce dont il a besoin. " Cela fait du bien de voir un visage connu dans le public ", dit-il. " Quand je joue un peu moins bien, je jette un coup d'£il vers ma copine ou mon coach et je repars de l'avant. Et entre les matches, j'aime être entouré de ma famille et de mes amis. En fait, c'est la seule chose dont j'ai vraiment besoin. "
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Il est un peu fatigué, c'est sa... onzième interview de la journée. Mais plein de bonne volonté. David Goffin, nouveau sociétaire du Top 50 mondial, s'installe à notre table au Royal Tennis Club de Liège. Son père va chercher les boissons tandis que son coach, Réginald Willems, l'attend à la cafétéria en compagnie du reste de la famille. David peut manifestement compter sur un entourage qui lui prodigue conseils et amour. Et c'est exactement ce dont il a besoin. " Cela fait du bien de voir un visage connu dans le public ", dit-il. " Quand je joue un peu moins bien, je jette un coup d'£il vers ma copine ou mon coach et je repars de l'avant. Et entre les matches, j'aime être entouré de ma famille et de mes amis. En fait, c'est la seule chose dont j'ai vraiment besoin. "David Goffin : Autant je suis calme aujourd'hui, autant j'avais besoin de bouger lorsque j'étais petit. Je ne me souviens pas qu'on ait fait autre chose que jouer au tennis à la maison. Ma mère et mon frère jouaient, mon père donnait des cours et il était donc logique que je joue également. J'ai commencé à l'âge de cinq ans, et à huit ans, on s'est aperçu que j'avais un certain talent. J'ai toujours voulu être pro et je n'ai jamais songé à pratiquer un autre sport. Même si, comme beaucoup de tennismen, j'ai découvert les joies du golf voici peu. C'est le meilleur moyen de pouvoir jouer mon match. Tant que je reste serein, je prends les bonnes décisions aux bons moments. Mais je ne sais pas si c'est vraiment un atout car cela ne marche pas pour tout le monde. Voyez John McEnroe. Il ne commençait à bien jouer que lorsqu'il avait insulté l'arbitre ou cassé sa raquette. Le mental joue un rôle important mais le tennis est avant tout un sport technique et tactique. Et celui qui ne possède pas une bonne condition physique ne peut rien faire non plus. Une blessure aux abdominaux m'a empêché de jouer pendant quatre mois et je peux vous dire qu'il n'a pas été simple de revenir. Quand on ne joue pas, on se pose beaucoup de questions. Et quand on recommence, on est tellement mauvais qu'on se met à douter. J'espère ne plus jamais connaître cela et c'est pourquoi je fais plus de traitements préventifs que par le passé. Je ne savais pas si j'étais capable de tenir la distance sur cinq sets au plus haut niveau. Heureusement, pendant le match, je me suis senti bien dans ma peau. Maintenant, le plus important est de pouvoir jouer une saison complète sans blessure afin de pouvoir disputer un maximum de matches et de prendre de l'expérience. Et comme je suis un peu frêle, je passe plus de temps chaque année à la salle de musculation. Certainement. Il ne faut pas nécessairement être bâti comme un body-builder mais il est quand même bon d'avoir un corps comme celui de Novak Djokovic. Je fais toutefois attention à ne pas perdre mes qualités naturelles comme la vitesse ou l'explosivité en faisant trop de musculation. Ma préférée, c'est le hard court de l'US Open ou de l'Open d'Australie, mais mon jeu convient aussi très bien au gazon. Et comme j'ai grandi en Belgique, où on joue beaucoup sur terre battue, je m'en sors bien également sur cette surface-là. Je me sens donc bien partout et il n'est pas du tout nécessaire d'avoir une surface de prédilection. Les gens pensent parfois que Rafael Nadal n'est bon que sur terre battue mais ce n'est pas du tout le cas. Il est le meilleur joueur du monde sur cette surface mais il se défend plus que bien sur d'autres également. Je prépare toujours mes raquettes moi-même et, entre les points, je ne marche jamais sur une ligne blanche. Mais ça se limite à ça. Il n'y a d'ailleurs pas de raison bien particulière à ces manies. C'est juste une question de concentration, c'est comme un point de repère. Je n'ai pas encore affronté beaucoup de joueurs du Top 100 jusqu'ici mais je préfère jouer contre des adversaires qui ne cassent pas le jeu. Plus ça va vite, mieux je me sens. J'imagine qu'il est très difficile d'affronter Nadal. Pourtant, je me réjouis d'essayer. Oui ! Si cela ne tenait qu'à moi, je jouerais chaque fois contre Nadal ou Roger Federer. C'est pour cela que je fais ce métier. Pas seulement parce qu'il est chouette d'affronter de grands joueurs mais aussi parce que l'ambiance dans le stade est phénoménale. On joue sur le meilleur terrain et il y a toujours du monde. Quand on pénètre sur le court, on ressent plus l'euphorie que le stress. J'aime jouer quand il y a du bruit, des applaudissements, des chants. Quand j'entre dans un stade qui bouge, je sais que je vais m'amuser. C'était un match contre mon idole et je n'avais pas la moindre idée de ce que cela allait donner. Je n'ai pas non plus réalisé tout de suite que je venais de prendre un set au meilleur joueur de tous les temps. Pour moi, ce match aurait pu durer des heures et je ne pense pas qu'il y ait beaucoup mieux comme circonstances : beaucoup de Belges dans les tribunes, le meilleur adversaire possible en face de moi, un set gagné et même presque un deuxième : c'était fantastique. Oui. Maintenant, il sait qui je suis et il me serre toujours la main. A Wimbledon, il m'a félicité pour ma qualification pour le troisième tour. Je dois cependant dire qu'il n'est pas souvent au vestiaire : il arrive juste avant son match et repart aussitôt. Mais quand il est là, tout le monde s'arrête pour l'observer. Il dégage une sorte de magie et tout est si calme qu'on entendrait une mouche voler. Certainement. C'est un gentleman, sur le terrain comme en dehors. Et je ne parle pas de sa technique, qui est parfaite. Il est peu vraisemblable qu'un joueur aussi fantastique soit aussi sympathique et pourtant, c'est le cas. Oui, je ne m'attendais pas à me retrouver aussi rapidement en huitièmes de finale d'un Grand Chelem, mais maintenant que j'ai vécu cela, je veux recommencer le plus vite possible. C'est pourquoi je travaille beaucoup mes points faibles. Mon service peut encore être un peu meilleur et je dois me montrer encore un peu plus agressif. Je dois également être meilleur au filet, comme Pete Sampras par le passé. J'aimerais atteindre le Top 20 mais je ne connais pas mes limites. PAR KRISTOF VANDERHOEVEN" Quand Federer est dans le vestiaire, on entendrait une mouche voler. "