C'est parfois une simple question de trajectoire. Celle de Xavier Mercier prend des courbes opposées de celles des buteurs qu'il a trop rarement eu l'occasion de servir. Ces renards des surfaces qu'on dit inadaptés au jeu moderne, mais qui finissent toujours par recevoir leur chance dans un des meilleurs clubs du championnat, parce qu'ils font trembler les filets plus souvent que les autres. Jérémy Perbet à Gand, Hamdi Harbaoui à Anderlecht ou Renaud Emond au Standard, par exemple.
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C'est parfois une simple question de trajectoire. Celle de Xavier Mercier prend des courbes opposées de celles des buteurs qu'il a trop rarement eu l'occasion de servir. Ces renards des surfaces qu'on dit inadaptés au jeu moderne, mais qui finissent toujours par recevoir leur chance dans un des meilleurs clubs du championnat, parce qu'ils font trembler les filets plus souvent que les autres. Jérémy Perbet à Gand, Hamdi Harbaoui à Anderlecht ou Renaud Emond au Standard, par exemple. Mercier, lui, n'a jamais reçu cette chance. Numéro dix à l'ancienne, privé de la taille d'un Hans Vanaken ou du volume de course des neuf et demi du football moderne, l'enfant du Gard n'a jamais boxé plus haut que le ventre mou de l'élite belge. La faute, peut-être, à des attaquants qui n'ont jamais su récompenser ses services sur mesure à leur juste valeur. Élu meilleur joueur de D1B lors du titre du Cercle en 2018, le Français reprend un an plus tard l'ascenseur vers l'antichambre pour enfiler le maillot louvaniste. Pourtant, sa saison brugeoise en Pro League est un modèle du genre, quand on jette un oeil sur ses statistiques avancées. Dans l'équipe de Laurent Guyot, dépourvue de véritable finisseur - Gianni Bruno boucle la phase classique avec huit roses au compteur, dont trois penalties - les caviars de Mercier sont rarement dégustés par ses attaquants. Résultat : le numéro 10 des Vert et Noir finit la saison avec six petites passes décisives, alors qu'il a distribué 12,01 expected assists. Au sein de l'élite, personne n'a fait mieux. C'est dans le rétroviseur du Frenchy qu'on aperçoit Ruud Vormer, Alejandro Pozuelo ou Hans Vanaken. Jamais entouré d'attaquants capables de transformer systématiquement ses coups de génie en passes décisives, le petit format rebondit à Louvain. La rencontre avec Marc Brys est évidemment un coup de foudre. Capable de tailler un costume sur mesure pour ses joueurs offensifs majeurs, l'Anversois installe Mercier dans le sillage du puissant Thomas Henry, et aux côtés du dynamique Kamal Sowah. Le trio ne tarde pas à faire des étincelles, avec l'ancien Boulonnais à la manoeuvre. Entre les lignes, le trentenaire alterne entre les appels sur les flancs pour déposer un centre parfait dans la surface, ou les mouvements vers l'intérieur pour pivoter et mettre sur orbite ses associés offensifs au moyen d'un ballon délicieux dans le dos de la défense adverse. Cette dernière option est sans doute sa favorite. Depuis le début de la saison, quand les appels chorégraphiés par Marc Brys étirent le bloc adverse, Mercier joue sa partition à la perfection : avec 4,06 passes qui tranchent la défense par match, il est la référence nationale en la matière.