Mais qu'est-ce qui peut donc bien séduire une femme dans le foot ? Une infime minorité apprécie le jeu, le spectacle et l'ambiance festive. Une autre minorité, un peu plus étoffée, ne résiste pas au charme des superstars des stades. Le regard ténébreux de ZinédineZidane fait autant de ravages dans certains c£urs féminins que ses dribbles dans le rectangle adverse ! Et comment rester indifférentes à la gueule d'ange de David Beckham ?
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Mais qu'est-ce qui peut donc bien séduire une femme dans le foot ? Une infime minorité apprécie le jeu, le spectacle et l'ambiance festive. Une autre minorité, un peu plus étoffée, ne résiste pas au charme des superstars des stades. Le regard ténébreux de ZinédineZidane fait autant de ravages dans certains c£urs féminins que ses dribbles dans le rectangle adverse ! Et comment rester indifférentes à la gueule d'ange de David Beckham ? En dehors de ces deux groupes minoritaires, la majorité - hélas pas silencieuse - de nos femmes, épouses ou compagnes, cultive un ras-le-bol du foot, de ses pompes et de ses £uvres ! Ce foot qui leur empoisonne l'existence, chaque jour des 52 semaines d'une année. Car le foot ne connaît ni trêve ni répit. Même les vacances familiales ne sont plus respectées. Quand il n'y a pas de Coupe du monde, on nous invente un EURO. Et quand il n'y a ni l'un ni l'autre, on a droit à une Coupe des Confédérations. Et toutes ces coupes d'Europe qui recommencent alors qu'on termine à peine de bronzer ! Nos semaines sont cadencées au rythme des directs sur toutes les chaînes. Le lundi : les championnats étrangers sur Canal+, les mardi et mercredi : la Ligue des Champions sur Club RTL, le jeudi : la Coupe de l'UEFA, le vendredi, le samedi et le dimanche : les directs de foot belge et étranger sur Canal+ sans oublier Match1 et le Week-end sportif sur la Une. Mieux que la semaine infernale ! En l'espace d'une bonne dizaine d'années, l'inflation du foot à la télé n'a évidemment pas contribué à la paix des ménages. Mais ce ne serait rien si le mari et les fils ne jouaient eux-mêmes. Le foot omniprésent rythme la vie de toute la famille. Le paroxysme est atteint quand la mère, croyant trouver chez sa fille une terre d'asile et de consolation, apprend que cette dernière voudrait jouer dans l'équipe féminine du patelin d'à côté. Alors, la pauvre cernée de toutes parts se résigne et capitule ! Elle se tait, lave les maillots et les shorts et accepte même de donner un coup de main à la buvette des jeunes le week-end ! Et voilà que, paradoxalement, toutes ces femmes victimes d'une passion exacerbée deviennent complices de l'expansion d'un sport qu'elles abhorrent. Je n'ose imaginer le marasme dans lequel se retrouveraient nos dirigeants si toutes ces gentes dames décidaient, un jour, de faire la grève du foot ! Plus de mamans taxi pour conduire les petits aux matches ou aux entraînements, plus de Georgette à la buvette, plus de petites mains bénévoles pour beurrer les sandwiches de la réception ou des tournois de jeunes. Terminé ! Plus de femmes dans les coulisses du foot ! A part quelques dirigeantes égarées dans la masse ou quelques kinés pionnières des bancs de touche, les femmes restent à la périphérie du milieu du foot, vouées à des tâches subalternes ou confinées à des activités de bonniches. Dans les médias, ce n'est guère plus exaltant. Il y a d'abord celles qui ont joué les potiches. Débordantes de leur tee-shirt mais, hélas, jamais de compétence, elles se contentaient d'ânonner quelques résultats et classements. Dans le genre, la RAI a toujours fait fort ! TF1 a débauché aussi quelques Miss de France et de Navarre pour bredouiller les exploits des Bleus. Pénible ! La seule journaliste crédible, Marianne Mako, fut taclée par un Thierry Roland qui n'arrivait pourtant pas à sa cheville au propre comme au figuré. Chez nous, la RTBF a tenté quelques Barbies lors des coupes du monde. Elles n'ont réussi qu'à flatter l'ego de Marc Delire. Finalement, elles furent très peu à être acceptées comme journalistes de foot à part entière. Marie-France Muschang, la pionnière, a déserté le foot. Restent Pascale Piérard chez Sport/Foot-Magazine et Christine Schreider à Canal+.8 Derrière chaque joueur, entraîneur et journaliste sportif, se profilent une ou plusieurs femmes. Plus que dans tout autre profession, leur rôle effacé n'en est pas moins déterminant. Et finalement, c'est en grande partie grâce à leurs sacrifices que nous réussissons une plus ou moins belle carrière. Merci Mesdames ! parAndré RemyLes femmes VICTIMES D'UNE PASSION exacerbée deviennent COMPLICES de l'expansion d'un SPORT QU'ELLES ABHORRENT