C'était le match de la peur, la rencontre à ne pas perdre, 90 minutes ultra importantes avant que les Montois et les Carolos n'abordent les fêtes de fin d'année dans la joie ou la tristesse.
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C'était le match de la peur, la rencontre à ne pas perdre, 90 minutes ultra importantes avant que les Montois et les Carolos n'abordent les fêtes de fin d'année dans la joie ou la tristesse. Ce choc débuta par un coup d'éclat. Non content d'être le meilleur des siens depuis le début de la saison et un des gardiens " dans le vent " de l'élite, Bertrand Laquait signa un but étonnant, peut-être gag, une espèce de record à la Bob Beamon : porté par le mauvais temps, son long dégagement surprit le gardien adverse, Kris Van de Putte, trop avancé, après une grosse minute de jeu : 0-1. Un cadeau original pour le 800ème match que Robert Waseige coachait en D1 ! De mémoires d'observateurs, on n'avait jamais vu cela en D1, même pas du temps de Michel Preud'homme qui avait pourtant de la dynamite dans les pieds. Bertrand Laquait, lui, avait déjà marqué de la sorte en D2 française, pour le compte des Réserves Nancy lors d'un déplacement à Calais. Charleroi était sur orbite, domina les débats et faillit doubler la marque par un Adekanmi Olufade que la défense adverse craignait comme la grêle. Mons accusait le coup. Le ton changea à l'approche de la demi-heure grâce, en grande partie, à un EricJoly actif, décidé, désireux de ne pas en rester là. Une de ses balles fut écartée de justesse du grenier de la cage carolo par une claquette de l'inévitable Laquait. Le repos fut un moment important. Les deux coaches procédèrent à des changements positifs. Charleroi semblait un peu léger sur le flanc droit et son entraîneur y plaça Laurent Macquet à la place de Thibaut Detal. A Mons, le changement fut plus profond, concerna des hommes et toute la structure du système tactique. Sergio Brio retira Olivier Suray du jeu, avança Alberto Malusci dans la ligne médiane afin de lui donner plus de corps, de présence, de caractère et de personnalité (selon les dires du Mister montois) et passa à une défense à quatre en ligne. Mais la plus grosse modification montois concerna Jean-Pierre La Placa qui doubla Amadou Touré. Avec le petit attaquant suisse, ancien fournisseur de Cédric Roussel, Eric Joly pouvait à nouveau distiller de bonnes balles en profondeur. Mons sans Jean-Pierre La Placa, intelligent, collectif, c'est comme une raclette sans fendant, des vaches du Valais sans cloches. La saison passée, il s'était imposé en équipe Première après avoir signé un match canon contre... Charleroi. Cette fois, il en a également fait tout un fromage en transformant la défense zébrée en emmenthal. Pourtant, Charleroi tint le haut du pavé jusqu'à la 70e minute de jeu quand GrégoryDufer doubla la marque sur un bon service en profondeur d'Adekanmi Olufade. La messe était-elle dite ? Pas du tout. Charleroi ne sut pas protéger son pactole, craqua mentalement en n'assumant pas son rôle de leader de ce match de la vérité. Si les finisseurs furent, cette fois, à la hauteur de leur mission, le bastion défensif passa par la fenêtre. Les nerfs se transformèrent en fils électriques mis à nu : ce fut la chute de tension. La tête ne fut pas à la hauteur de l'événement. Jean-Pierre La Placa profita d'un service de Thaddée Gorniak et de l'hésitation de la défense carolo : 1-2, suivi deux minutes plus tard par l'égalisation. L'attaquant suisse tenait son edelweiss, Mons revenait de loin, laissait la lanterne rouge aux Zèbres, profitait même à moitié du faux-pas de Lokeren et de l'Antwerp. Robert Waseige regretta amèrement le manque de réalisme de son équipe en vue de la ligne d'arrivée. Pour qu'elle s'en sorte, il faudra que cela change. Bertrand Laquait était très entouré après son exploit montois mais il aurait bien échangé son but de légende contre une victoire et trois points. " La tête n'a pas été à la hauteur ", répétait-il. " Quand on a un tel pactole en mains, on le garde. Là, une fois de plus, on a craqué. Cela ne peut plus arriver car le prix à payer sera de plus en plus élevé ". Sergio Brio, lui, remercia les Dragons pour leur réaction. Les deux entraîneurs vont maintenant fréquenter les marchés de Noël pour y dénicher des renforts. La situation n'est pas la même pour les deux clubs. Le président carolo, Abbas Bayat, compte ses sous, ne veut pas faire de folies et ne sortira plus le portefeuille que pour un bon coup, une location ou une trouvaille de derrière les fagots. Robert Waseige le sait mais mesure aussi que ce sera presque une mission impossible sans apport de sang frais. Le plus riche aura le plus de chances de rester en D1. L'argent semble poser moins de problèmes à Mons. Il est vrai que le Maître de l'Albert, Dominique Leone, n'a pas encore engagé autant de fonds qu'Abbas Bayat à la bourse du football. De plus, Dominique Leone ne peut se retrouver en D2 avec ce stade en construction qui, sorti de son cocon, sera une belle arène. Mons traverse une crise de croissance. Cela passera ou cela cassera. Sergio Brio est plus brutal avec son groupe que Robert Waseige et ne cache plus que l'avenir de l'Albert en D1 passera par des transferts durant le mercato. Le technicien italien exige fermement de nouveaux joueurs ayant des tripes, du métier, de la qualité. Pour lui, tout se jouera dès lors sous le sapin de Noël. Comment Mustapha Douai vit-il l'arrivée imminente de plusieurs renforts à Mons ? " Bien, pas de problèmes ", dit-il. " Il n'y a qu'une chose qui compte : Mons doit rester en D1. Nous avons besoin de renforts. La concurrence oblige chacun à se dépasser, à progresser. Je travaillerai encore plus pour mériter ma place. J'ai noté ce qu'Alberto Malusci nous a apporté. Deux heures après avoir signé officiellement à Mons, façon de parler, il jouait sans problème contre Anderlecht. Face à Charleroi il est passé de la défense à la ligne médiane comme si de rien n'était. Quand on a de tels apports, cela fait la différence. Cela dit, même à 0-2 face à Charleroi, je suis resté confiant. Je savais que le Sporting connaîtrait t un passage à vide. C'est le cas de toutes les équipes qui vivent dans les caves de la D1 ". Qui aura les bonnes boules après la Saint Sylvestre ? A Charleroi, Waseige attend du neuf mais sait que sa soupe sera toujours celle du pauvre si Charleroi ne trouvait rien à se mettre sous le dent au Resto du C£ur. Pierre BilicBrio veut de nouveaux joueurs ayant DES TRIPES, DU MÉTIER ET DE LA QUALITÉ